Les OGM aident à l’émancipation des femmes en Colombie

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Les OGM perçus comme bénéfiques par les cultivatrices de coton en Colombie

Balles de coton, Thonakaha, région de Korhogo, Côte-d’Ivoire (9°28’ N – 5°36’ O). Originaire des Antilles britanniques, Gossypium hirsutum, l’espèce de cotonnier la plus cultivée dans le monde, fut introduite en Afrique de l’Ouest au XIXe siècle. Au début du XXe siècle, les puissances coloniales européennes encouragèrent la production de coton afin de contrer le monopole d’exportation des États-Unis et de l’Égypte, à une époque où cette matière première représentait 80 % du marché mondial du textile (contre 47 % aujourd’hui, à la suite du développement des matières synthétiques). La production et la confection du coton emploient toujours près d’un milliard de personnes sur la planète. La dépression des cours, qui ont chuté de moitié depuis 1995, plonge certains pays dans la détresse, notamment en Afrique de l’Ouest et du Centre. Face au coût des intrants – la culture de coton emploie à elle seule le quart des pesticides vendus dans le monde – et à la précarisation des producteurs, certains gouvernements incitent à la réduction des quantités de pesticides employées, et des filières de coton équitable, assurant une meilleure rémunération des producteurs et des conditions de travail conformes aux normes internationales, se mettent en place. © Yann Arthus-Bertrand

Les OGM peuvent-ils jouer un rôle dans l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes ? Pour les femmes qui cultivent le coton en Colombie, passer à des semences génétiquement modifiés facilite leur travail et améliore leurs conditions de vie. « Les agricultrices disent qu’adopter du coton OGM leur fait gagner du temps et de l’argent — respectivement sur le désherbage et sur l’embauche d’une main d’œuvre masculine pour répandre les insecticides. Elles affirment aussi que les variétés OGM sont plus faciles à gérer, ce qui leur libère du temps pour d’autres activités, selon une étude publiée ce mois-ci par l’International Food Policy Research Institute (Institut international d’études sur les politiques alimentaires) », rapporte le site Sci-Dev le 28 septembre. Cette étude souligne tout de même que les femmes et les hommes sont demandeurs de plus d’informations sur la manière d’employer les semences OGM. « La meilleure manière d’émanciper les femmes dans les pays en développement est de les sortir de la logique du mariage et de les faire rentrer dans la vie active grâce notamment à l’école et au commerce. La valeur ajoutée des OGM est qu’ils rendent les agricultrices moins dépendantes des autres », commente Jonathan Gressel, professeur Weizmann Institute of Science en Israël, qui estime que le coton OGM devrait aussi être rendu disponible en Afrique, en Chine et en Israël où les femmes peuvent passer jusqu’à 60% de leur temps à éliminer les mauvaises herbes dans les champs.

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