2011, année des forêts : le temps des arbres

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Zone protégées de baobabs orès de Morondava à Madagascar © AFP PHOTO / GREGOIRE POURTIER

Le titre d’arbre le plus vieux du monde est très contesté. On a longtemps pensé qu’il s’agissait d’un pin californien de presque 5000 ans et baptisé pour cette raison Mathusalem. Il avait déjà trois siècles quand fut édifiée la pyramide de Khéops ! Mais on a trouvé récemment en Suède un épicéa commun qui aurait 9550 ans : il est né à la fin de la préhistoire, à une époque où l’humanité commençait seulement à se sédentariser avec la révolution néolithique.

Ce n’est là qu’une partie du palmarès, car les arbres peuvent se multiplier par bourgeonnement : on parle de multiplication clonale – tout un ensemble de troncs possèdent le même code génétique et donc correspondent au même individu. Ces clones peuvent atteindre des âges inouïs : un houx royal de Tasmanie serait âgé de 43 000 ans. Il proviendrait d’une graine ayant germé alors que coexistaient encore Neandertal et l’homme moderne ! En Utah, on a même identifié une colonie de peupliers faux-tremble, appelée Pando, qui couvre 43 hectares et contient 45 000 arbres, qui daterait de plus de 80 000 ans. Ce serait non seulement l’être encore vivant le plus ancien, mais aussi l’organisme le plus lourd, puisqu’il dépasse 6000 tonnes –presque autant que la tour Eiffel.

Même les arbres ordinaires ont souvent une longévité très supérieure à la notre : un platane peut vivre 500 ans et un châtaignier 1000. Soit respectivement 20 et 40 générations humaines. Contempler une forêt invite donc à une autre perception du temps. Car pour les êtres majestueux qui l’habitent, les générations humaines se succèdent comme le font pour nous ces insectes qui disparaissent après quelques semaines.

Ce rapport au temps explique pourquoi planter un arbre est toujours un acte symbolique. C’est également l’une des raisons qui font de l’arbre l’icône du développement durable, ce « développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».

Extrait du livre « Des forêts et des hommes » rédigé par la rédaction de GoodPlanet à l’occasion de l’année internationale des forêts et disponible aux éditions de la Martinière.

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