2011, année des forêts : La revanche des mangroves

Publié le : Last updated:

Quoique malaimées, les mangroves sont de véritables nurseries aquatiques

Les mangroves ont longtemps été perçues par les hommes comme des marécages malodorants, inutiles et sans valeur. Souvent infestées de moustiques, avec la particularité d’être inondées et inondables par la mer et les eaux continentales, ces forêts que l’on trouve le long des côtes des régions tropicales n’ont pas bonne réputation. Pourtant, elles sont un des écosystèmes les plus riches et les plus productifs de la planète.

Les racines enchevêtrées des palétuviers, l’arbre emblématique des mangroves, offrent un précieux refuge pour les espèces vulnérables et constituent une nurserie pour les poissons juvéniles, à l’abri des prédateurs. À l’interface entre la terre et la mer, ces forêts amphibies abritent également de nombreuses espèces terrestres. On y rencontre des oiseaux, des singes, des reptiles, des biches et au Bengladesh, les Sundarbans, la plus grande mangrove du monde, sont même l’un des derniers refuges pour le tigre du Bengale, loin de l’homme.

Un pied dans la mer, l’autre sur terre, les mangroves servent également de bouclier et protègent les littoraux de l’érosion et des catastrophes naturelles. Le réseau dense de racines des palétuviers empêche les sédiments charriés par les fleuves de se déverser dans la mer et stabilisent la berge, tandis que les troncs et les branches servent de brise-lames et réduisent la puissance des vagues. Une étude réalisée en Thaïlande a ainsi montré que les régions où les mangroves avaient été sacrifiées ou endommagées par les activités humaines figuraient parmi les plus touchées par le tsunami de décembre 2004.

Essentielles pour des milliers de communautés côtières, les mangroves ont pourtant perdu un quart de leur superficie en moins de 20 ans, soit 3,6 millions d’hectares, principalement en Asie. Aujourd’hui, il semble cependant que l’homme ait pris conscience de leur valeur écologique, économique et sociale. Au Bangladesh, leur superficie est même en augmentation, mais ce n’est encore qu’une exception.

Extrait du livre « Des forêts et des hommes » rédigé par la rédaction de GoodPlanet à l’occasion de l’année internationale des forêts et disponible aux éditions de la Martinière.

Media Query: