2011, année des forêts : le sens des chiffres de la déforestation

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Selon les modes de calcul, on passe de 5,2 millions d'hectares par an à 13 millions d’hectares déforestés

Toutes les quatre secondes, l’équivalent d’un terrain de football de forêt disparaît à cause de la déforestation. Soit 15 000 hectares par jour environ ou 5,2 millions d’hectares par an. Mais pour autant que ce rythme soit inquiétant, il pourrait être sous-estimé.

Tout d’abord pour une question de définition. La déforestation dans la taïga, largement illégale et mal connue, atteint 2 millions d’hectares par an selon WWF. Soit autant qu’en Amazonie. Mais ces coupes ne sont pas comptabilisées par la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) car selon sa définition, il ne s’agit pas là de forêt.

Ensuite, parce que la dégradation de la forêt n’est pas incluse dans ces chiffres. Celle-ci correspond à la coupe de certains arbres, de leurs branches, à la détérioration des écosystèmes. Mais tant qu’un certain couvert est maintenu, que certains arbres restent en place, ce n’est pas comptabilisé non plus comme de la déforestation.

Enfin, parce qu’il est difficile d’évaluer précisément les surfaces détruite. Depuis quelques années, le recours aux images stellites offre une aide précieuse, mais il n’est pas toujours aisé de confronter les images à l’observation sur le terrain : aussi, les chiffres sur la déforestation au Brésil, par exemple, varient-ils considérablement selon les techniques utilisées pour l’estimer.

Même le résultat global reste un trompe-l’œil car il ne s’agit là que d’un bilan, qui prend en compte la reconversion des forêts en plantations, moins riches en biodiversité. Ainsi, la perte nette de forêt s’élève à 5,2 millions d’hectares par an de 2000 à 2010, mais si on ôte les plantations du calcul, la déforestation atteint 13 millions d’hectares entre 2000 et 2010.

Il s’agit là, malgré tout, presque d’une bonne nouvelle. Car selon ce mode de calcul, qui a le mérite d’offrir à tous une référence commune, le rythme de la déforestation s’est réduit : il était de 16 millions d’hectares par an sur la précédente décennie.

Extrait du livre « Des forêts et des hommes » rédigé par la rédaction de GoodPlanet à l’occasion de l’année internationale des forêts et disponible aux éditions de la Martinière.

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