2011, année des forêts : Les derniers habitants de la forêt

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Une centaine de peuples autochtones ont choisi de vivre dans les forêts, à l’écart du monde « extérieur », comme ils l’appellent. Des chasseurs-cueilleurs aux traditions ancestrales, nomades ou sédentarisés depuis peu, vivant en communion avec leur milieu d’origine. A l’opposé de toutes les autres cultures humaines qui, pour se développer, détruisent la forêt pour faire place à des champs et à des villes.

Pygmées du Congo, Ashaninka du Pérou, Aborigènes d’Australie, ces groupes ont en commun un attachement profond à la forêt dont ils ont une parfaite connaissance. Elle représente la base de leur existence. Respectueux de celle dont ils dépendent, ces peuples savent gérer durablement ses ressources naturelles. Ayant élaboré un autre rapport à la nature, ils ne se considèrent pas comme les gestionnaires d’un écosystème leur appartenant mais comme les simples composantes d’un ensemble plus vaste. Pour eux, la forêt est un bien commun dont on ne peut faire commerce.

Aujourd’hui, la plupart de ces communautés sont menacées. Elles sont dépossédées de leurs terres au nom du profit, pour prendre le bois, creuser des mines, transformer les terres en champs… C’est le cas, par exemple, des Penan à Bornéo, qui luttent pour sauver leurs dernières ressources. Leurs forêts sont abattues pour le bois précieux puis remplacées par des palmiers à huile et des barrages hydroélectriques qui les privent tout moyen de subsistance. Obligées d’abandonner leur mode de vie traditionnel, ces communautés -comme les Pygmées en Afrique-, méprisées au sein même de leur pays, échouent en marge des villes et sombrent dans la misère, l’alcoolisme ou la prostitution…

Paradoxalement, la protection de l’environnement peut aussi –parfois- mettre ces peuples en péril. Pour préserver la biodiversité, des parcs naturels sont parfois crées au détriment de ces communautés qu’on déplace alors, les obligeant à abandonner leur mode de vie traditionnel. Comme cette biodiversité dont ils considèrent faire partie, ces peuples sont donc menacés. Ils en sont pourtant les meilleurs gardiens.

Extrait du livre « Des forêts et des hommes » rédigé par la rédaction de GoodPlanet à l’occasion de l’année internationale des forêts et disponible aux éditions de la Martinière.

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