2011, année des forets : De drôles d’amis

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Les champignons forment un groupes d’êtres vivants totalement à part dans la forêt. Totalement indispensables aussi.

Espèces forestières par excellence, les champignons, moisissures et autres levures forment un règne à part. Pour les biologistes, ce ne sont ni des végétaux, ni des animaux. S’ils vivent souvent fixés dans le sol comme les plantes, ils se nourrissent en revanche d’une manière proche de celle des animaux. Car les champignons ne pratiquent pas la photosynthèse et trouvent leur nourriture dans la matière morte d’autres êtres vivants. Les champignons y parviennent grâce à des filaments qu’on appelle mycélium.

Trop souvent négligés, les champignons sont parmi les plus grands êtres vivants. En forêt, un seul mycélium peut ainsi s’étendre dans le sol sur des dizaines voire des centaines d’hectares. Ce qu’on aperçoit à la surface du sol, ces petits chapeaux rattachés à un pied ne sont en fait que l’organe reproducteur, une infime partie de cet étrange être vivant.

Les mycéliums sont omniprésents dans les sols où ils participent aux côtés des bactéries, des termites et des larves de coléoptères à la décomposition et au recyclage des feuilles et des branches mortes. Ils secrètent des enzymes qui digèrent ou dégradent les plus solides des matières organiques –le bois par exemple. Ils absorbent et filtrent l’eau, agglomèrent les particules solides. Ils contribuent ainsi activement à la formation et à la structuration des sols. Ils sont donc indispensables à la bonne santé des forêts.

Certains champignons, les mycorhizes, jouent un rôle souvent ignoré. Fixés sur les racines, ils forment avec les arbres une symbiose, c’est-à-dire un échange de bons procédés. Les arbres les nourrissent en échange de quoi ils protègent les racines et facilitent l’absorption par la plante des nutriments présents dans le sol. Les conifères qui poussent en général sur des sols pauvres ne pourraient se développer s’ils n’étaient aidés par ces champignons.

La diversité de ces organismes est étonnante et les scientifiques ont identifié à ce jour plus de 75 000 espèces mais sans doute reste-t-il plus d’un million d’espèces encore à découvrir.

Extrait du livre « Des forêts et des hommes » rédigé par la rédaction de GoodPlanet à l’occasion de l’année internationale des forêts et disponible aux éditions de la Martinière.

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