2011, année des forets : les pluies acides

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2011, année des forets : les pluies acides

Dans les années 1970 et 1980, plusieurs dizaines de millions d’hectares de forêt du Canada et d’Europe ont été endommagées par un phénomène jusqu’alors méconnu : les pluies acides. Même en France, notamment dans les Vosges, de nombreux arbres furent touchés par ces précipitations aussi acides que du vinaigre.

À l’état naturel, la pluie est légèrement acide, mais certains polluants atmosphériques comme le dioxyde de soufre (SO2) et les oxydes d’azote (NOx) peuvent considérablement augmenter cette acidité. Lorsqu’ils entrent en contact avec l’eau des nuages, ils se transforment en acide, sulfurique ou nitrique selon les cas, et retombent ensuite sur terre sous forme de pluie, de neige, ou de grêle.

Les pluies acides privent les arbres des sels minéraux comme le calcium et le magnésium dont ils ont besoin pour vivre en lessivant les sols. Les carences nutritives entraînent ensuite la chute des feuilles puis la mort progressive des arbres. C’est ce qu’on appelle le dépérissement forestier. Par ailleurs, les pluies acides entraînent une augmentation de l’acidité des lacs et des cours d’eau, ce qui menace la biodiversité qu’ils abritent. En revanche, elles n’ont que peu d’effets sur l’homme, même si elles sont responsables de maladies ou de problèmes respiratoires, notamment chez les personnes âgées ou les enfants.

Très souvent, les zones affectées se trouvent à des centaines, voire à des milliers de kilomètres de celles d’où proviennent les gaz à l’origine des pluies acides, car ceux-ci sont portés par les vents. Aujourd’hui, les émissions de souffre ont considérablement diminué en Occident, en grande partie grâce à la désindustrialisation, mais aussi grâce à une Convention internationale signée en 1979 et à un ensemble de mesures prises en application. Malgré tout, la menace des pluies acides persiste. D’une part car les émissions d’azote dues aux transports et à l’agriculture restent importantes, et d’autre part car le phénomène s’est déplacé en Chine, où de nombreuses centrales à charbon, grandes émettrices de souffre, sont en activité.

Extrait du livre « Des forêts et des hommes » rédigé par la rédaction de GoodPlanet à l’occasion de l’année internationale des forêts et disponible aux éditions de la Martinière.

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