2011, année des forêts : manger la forêt par petits bouts

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Champ de lavande près de Sarraud - Vaucluse (84) © ALTITUDE/Arthus-Bertrand Yann

La déforestation commence dans nos assiettes. Pour une raison souvent insoupçonnée : la consommation mondiale de viande. A l’extension des cultures céréalières et à celle des cultures d’exportation comme le café ou le cacao, s’ajoute ainsi désormais celle de l’élevage, encouragée par l’augmentation de la demande pour les produits carnés. Celle-ci a doublé en 20 ans et pourrait doubler encore d’ici à 2050.

Si le fait que des populations sous ou mal nourries accèdent à une alimentation plus riche est une bonne nouvelle, il a son pendant d’effets néfastes. L’élevage requiert en effet des surfaces importantes : c’est, de toutes les activités humaines, celle qui utilise le plus de terres. Les pâturages occupent 26 % de la surface émergée de la terre tandis que la production fourragère requiert environ un tiers des terres arables. En effet, nourrir les animaux dans les élevages intensifs – c’est-à-dire dans des conditions souvent effroyables- requiert de grandes quantités de céréales : pour produire un kilo de viande de bœuf, il en faut sept de soja ou de maïs – deux kilos seulement pour du poulet. Or, les terres où est cultivé le soja sont aujourd’hui, pour l’essentiel, prises à la forêt amazonienne.

L’élevage est ainsi responsable d’environ 80% de la destruction de la forêt amazonienne, contre 14% de la déforestation mondiale ; rien qu’au Brésil, dix millions d’hectares ont été déboisés pour l’élevage bovin entre 1996 et 2006.

Diminuer sa consommation de viande, pour les personnes qui en mangent déjà plusieurs fois par semaine, est donc un moyen facile et efficace de protéger la planète. Et à défaut de diminuer sa consommation de viande en général, chacun peut au moins choisir de la viande labellisée pour tenir compte de l’environnement et du bien-être animal voire passer du bœuf à des viandes moins polluantes, comme la volaille.

Aider l’environnement c’est aussi s’aider soi-même, car une consommation excessive de viande favorise de nombreux troubles sanitaires : obésité, cancers ou maladies cardio-vasculaires.

Extrait du livre « Des forêts et des hommes » rédigé par la rédaction de GoodPlanet à l’occasion de l’année internationale des forêts et disponible aux éditions de la Martinière.

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