L’effet positif sur le climat de la conquête de Gengis Khan

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Une statue de Gengis Khan à Oulan-Bator en Mongolie © AFP PHOTO/TEH Eng Koon

Les invasions mongoles, conduites notamment par Gengis Khan, entre du XIII et XIV siècle ont permis à la végétation et aux forêts de stocker 700 millions de tonnes de carbone, soit l’équivalent de ce que la consommation mondiale de carburant rejette dans l’air chaque année. En effet, ces invasions se sont traduites par une diminution de la population (on estime leur bilan à 40 millions de morts) qui a conduit à l’abandon de terres agricoles qui ont pu être regagnées par les forêts et la végétation qui a alors absorbé tout ce carbone. C’est ce qui ressort d’une étude rendue publique le 20 janvier par l’institut Carnegie qui a évalué l’impact sur le cycle du carbone de plusieurs grands événements historiques. À partir d’une modélisation de l’usage des surfaces terrestres et du cycle du carbone, les chercheurs ont évalué l’effet sur le cycle du carbone des invasions mongoles, de la Peste noire en Europe au XIV siècle, de la conquête des Amériques et de la chute de la dynastie Ming en Chine entre 1600 et 1650. Tous ces événements se sont traduits par une modification de l’usage des sols, dans la plupart des cas, la baisse de la population qu’ils ont entraînée a permis aux forêts de regagner du terrain. Toutefois, à l’exception des invasions de Khan, ce gain forestier a eu peu d’impact en raison de la poursuite de la déforestation dans d’autres régions du monde. Julia Pongratz qui a dirigé cette étude pour le département d’écologie du Carnegie Institue revient sur sa portée : « en fait, l’homme a commencé à influencer son environnement depuis des milliers d’années en modifiant le couvert végétal de la terre et les paysages en défrichant les forêts pour l’agriculture. De nos jours, un quart des terres servent à l’agriculture. Dans le passé, nous avons eu de façon involontaire un impact substantiel sur le cycle du carbone. Désormais, à partir des connaissances dont nous disposons, nous pouvons choisir d’utiliser aux mieux nos terres pour diminuer notre impact sur le climat et le cycle du carbone. »

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