Comprendre Copenhague : un nouvel ordre mondial

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Dès 2003, le Pentagone, le ministère étasunien de la défense, s’intéresse officiellement à la question du changement climatique. Alors même que le gouvernement américain nie le réchauffement climatique, ses généraux publient un rapport sur le sujet et donnent à la question une dimension stratégique. Ils ne sont pas les seuls : les militaires de tous les pays planchent en fait sur la question. Malgré les incertitudes, ils se préparent.

Certaines frontières vont être modifiées par la fonte des glaciers. La Suisse et l’Italie vont ainsi redessiner leur limite commune qui suit une ligne de crête. Les négociations ont porté sur des zones essentiellement inhabitées et se sont déroulées pacifiquement. Mais les questions de territoire sont parfois sensibles. La fonte des glaciers pourrait ainsi attiser les tensions au Cachemire, une région disputée par l’Inde et le Pakistan, qui y ont déjà mené trois guerres. Dans l’Arctique, c’est toute la géographie qui est modifiée avec la fonte des glaces. La délimitation des zones d’influence dans cette région riche en ressources crée des tensions entre les huit Etats qui le bordent, dont deux puissances nucléaires rivales : les USA et la Russie.

Dans le monde entier, la perspective de réfugiés climatiques par millions inquiète : les déplacements de population peuvent déstabiliser une région et attiser les conflits, comme l’ont montré les événements récents au Darfour ou en République démocratique du Congo. L’Inde a ainsi renforcé à titre préventif sa frontière avec le Bangladesh, menacé par la montée des eaux. Face aux catastrophes climatiques à venir, les armées vont également devoir prendre part à de nouvelles missions, de type policier ou humanitaire – comme elles l’ont fait après le passage du cyclone Katrina, par exemple.

Les questions climatiques posent donc un problème de sécurité globale. Lutter contre le réchauffement, c’est donc lutter pour la paix. C’est sans doute l’une des raisons qui explique que le prix Nobel de la paix a été attribué en 2007 au Giec et à Al Gore pour leur travail sur ce sujet.

Martinière.

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