Le commerce équitable

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Consommer est aussi un acte politique ou social. Il suffit parfois juste d’en prendre conscience. Avec le boycott des tissus anglais organisé par Gandhi dans les années 1920, celui en 1955 des bus pratiquant la ségrégation raciale aux Etats-Unis ou plus récemment en 1995 par la campagne de Greenpeace contre Shell pour empêcher le sabordage d’une plate-forme pétrolière en mer du Nord, les citoyens ont pu mesurer la force qu’ils pouvaient exercer en tant que consommateurs. Ces dernières décennies, cette démarche connaît un nouveau développement avec le commerce équitable.

Celui-ci correspond à un ensemble d’engagements, marqué par différents labels dont les plus connus sont FLO et Max Havelaar. Ils se traduisent pour le producteur par un prix garanti en général supérieur à celui du marché. Ce prix lui permet de vivre dignement et sans dépendre des caprices des bourses. Par ailleurs, cette forme de commerce garantit des conditions de travail respectables : le travail forcé et l’exploitation des enfants sont bannis. Les différentes filières du commerce équitable doivent respecter les règles de l’Organisation internationale du travail. Enfin, les entreprises qui le pratiquent doivent communiquer de manière transparente sur les producteurs qu’elles font travailler, mais aussi sur chaque étape de fabrication, les prix et les marges.

Malgré tout, une part importante de la valeur ajoutée échappe toujours aux producteurs ; et les prix, plus élevés, condamnent ce type de produits à un marché de niche. On peut même aller jusqu’à penser que le commerce équitable est inéquitable car les conditions de protection sociale et de rémunération des producteurs sont loin d’être identiques à celles des consommateurs. Autre point important, il ne tient pas toujours compte des coûts écologiques.

Le commerce équitable reste donc un outil bien imparfait pour changer le monde. Aujourd’hui, il n’occupe qu’une part infime du commerce mondial (moins de 1%). Mais au-delà ses limites, il participe d’un mouvement de sensibilisation des consommateurs à l’injustice du système actuel et il incite les entreprises à améliorer leurs standards éthiques. Si on peut agir avec son bulletin de vote, on peut le faire aussi avec sa carte bancaire !

Tristan LECOMTE Le commerce équitable (extraits)

Editions d’Organisation (2004)

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