Nourrir le monde

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Nourrir le monde

Dans la période de fortes tensions alimentaires qui s’ouvre, les produits de la mer vont prendre une importance vitale. Selon la FAO, près d’un milliard de femmes et d’hommes sont sous-alimentés et il va nous falloir nourrir de l’ordre de 50% d’humains supplémentaires dans le demi-siècle à venir. Or, le poisson est riche en protéines de haute qualité, en acides gras et en nutriments de toutes sortes. Aujourd’hui déjà, 2,6 milliards d’êtres humains reçoivent au moins 20% de leur ration protéique via le poisson. Dans bien des pays pauvres densément peuplés, ce chiffre dépasse 50% : c’est le cas du Bangladesh, de l’Indonésie, du Sénégal, de la Thaïlande, de la Guinée, etc.

La pêche nourrit aussi, indirectement, de très nombreuses familles qui tirent leurs revenus de cette activité. La FAO estime à 30 millions le nombre de pêcheurs sur la planète, dont plus de 95% vivent et travaillent dans des pays en développement. Même s’il n’existe aucune statistique pour les emplois indirects, il faudrait aussi compter les retombées pour l’industrie alimentaire, portuaire, les chantiers navals, le commerce, le transport, etc., soit probablement plusieurs centaines de millions d’emplois. Les exportations de poisson des pays en développement sont de l’ordre de 20 milliards de dollars – un chiffre qui dépasse nettement celui de grandes cultures comme le café, le riz ou le thé.

Que ce soit au plan économique ou alimentaire, la continuation de la pêche est donc vitale pour l’humanité. C’est pour cela qu’il est essentiel de la rendre soutenable en empêchant les pratiques les plus destructrices, en freinant la course à la puissance et à la technologie que se mènent les bateaux et en favorisant la pêche à plus petite échelle. Cette dernière, plus souvent en cours dans les pays du Sud, ne doit pas être idéalisée. Mais elle est plus riche en emplois et plus économe en énergie fossile. Surtout, les bateaux plus petits et moins puissants se prêtent mieux à une reconversion vers une version écologique de la pêche que les mastodontes suréquipés des nations industrialisées.

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