Pourquoi protéger la nature ?

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Pourquoi protéger la nature ? Parce qu’elle est belle, apaisante, inspirante, que c’est notre devoir ou que cela nous rend meilleurs… Il y a de nombreuses réponses à cette question. Les chercheurs en ont ajouté une : parce que c’est dans notre intérêt. Pour le prouver, ils ont recensé tous les services rendus gratuitement par les écosystèmes à l’humanité…

La tâche est ardue. Ainsi, la liste inclut, pour une forêt, le bois qu’elle produit, le carbone qu’elle stocke, l’oxygène qu’elle fournit, l’eau qu’elle épure en la filtrant, l’érosion qu’elle empêche en retenant le sol, les inondations qu’elle évite en gorgeant son sol comme une éponge, les animaux et plantes rares qu’elle abrite, l’effet récréatif et rassérénant qu’elle procure aux promeneurs… Les récifs coralliens protègent les côtes (effet brise-lames), fonctionnent comme des zones de reproduction et de nurseries (déterminantes pour les stocks de poissons), renferment des molécules variées qui pourrait devenir des médicaments …

Combien tout cela vaut-il ? La commission européenne a lancé une grande étude sur l’économie des écosystèmes et de la biodiversité (TEEB), pour estimer financièrement l’importance de ces services rendus. Les calculs préliminaires sur la seule forêt du parc national de Masoala, à Madagascar, portent sa valeur à 11 000 milliards de dollars. A l’inverse, en considérant seulement la dégradation des écosystèmes forestiers planétaires, la facture atteint déjà l’équivalent de 5 % du PIB mondial chaque année.

Cantonnés dans notre vision à court terme, nous oublions parfois combien la nature est précieuse ; c’est l’une des raisons pour laquelle nous acceptons sa dégradation. Mais prendre en compte la valeur des services rendus par les écosystèmes se révèle très rentable : ainsi, quand la ville de New York a décidé d’améliorer son approvisionnement en eau, elle a préféré restaurer le couvert forestier des collines environnantes, au lieu de construire une station d’épuration. Elle a ainsi obtenu une eau naturellement purifiée pour un coût dix fois inférieur à celui qu’aurait représenté la station (8 milliards de dollars). Le langage des coûts et des bénéfices saura-t-il faire réagir l’humanité ?

En savoir plus : L’économie des écosystèmes et de la biodiversité, TEEB,

Éléments d’Ecologie: Écologie Appliquée (Dunod, 6e édition, chapitre 9.2, p. 680-695, 2005)

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