Course internationale aux terres agricoles

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Un paysan extrait des mauvaises herbes de son champ de NERICA (New rice for Afrika-nouveau riz pour l’Afrique) le 06 septembre 2002 à Faranah en Guinée. Hybridation réussie entre un riz africain et asiatique, le nerica résiste aux maladies et aux insectes, s’acclimate au sols pauvres et s’accommode de la sécheresse, permettant ainsi d’atteindre la sécurité alimentaire et surtout de réduire les importations de riz en Guinée et en Côte d’Ivoire. La Guinée est à ce jour le seul pays de l’Afrique de l’Ouest qui produit près de 60 % de sa consommation locale en riz. © AFP PHOTO ISSOUF SANOGO.

Entre 15 et 20 millions d’hectares de terres ont été achetés en Asie et en Amérique latine par des pays étrangers pour sécuriser leur production agricole, selon l’International Food Policy Research Institute (IFPRI). Son directeur, Joachim von Braun, justifie la publication d’un rapport sur ce sujet par « un manque de transparence sur ces transactions », rapporte Tierramérica du 6 mai. L’IFPRI estime leur montant entre 20 et 30 milliards de dollars. Les principaux acquéreurs de terre sont la Chine, la Corée du Sud, l’Inde et des états pétroliers du Golfe persique. Le groupe coréen Daewoo a ainsi acquis 1,3 million d’hectares à Madagascar. Ces terres achetées à l’étranger doivent permettre aux pays d’être moins dépendants des firmes multinationales agroalimentaires. Mais de plus en plus de fonds de pensions investissent dans l’achat de terres agricoles. Pourtant, Joachim von Braun estime que ces investissements peuvent être bénéfiques, il cite la Chine qui « a créé plusieurs stations de recherche en Afrique pour augmenter les rendements des céréales et du riz. » Pour d’autres, il s’agit d’une forme de néocolonialisme qui exploite l’eau, les sols et la main d’œuvre d’un pays pauvre. D’autant plus qu’un quart des terres achetées sert à produire des agrocarburants.

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