Évacuation de populations menacées par les feux de mine

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Un habitant passe à côté d’un feu souterrain de mine à Satgram en Inde 3 janvier 2008 © AFP PHOTO / Deshakalyan CHOWDHURY

En Inde, dans la province de Jharkhand, les feux souterrains de mines conduisent à l’évacuation d’un demi-million de personnes. Ces incendies s’expliquent par la présence de charbon près de la surface du sol et les fortes chaleurs, rapporte Down To Earth. Dans la région, les premiers grands feux de ce type datent du début du XXe siècle. L’extraction minière, qui endommage la surface, et l’oxygène les attisent. On en compte plus d’une cinquantaine et ils sont très difficiles à éteindre.

Ce n’est qu’en 1999 que les autorités ont mis en place un plan de lutte contre le feu. Celui-ci prévoit, depuis 2003, le déplacement d’environ 100.000 familles vers des villes nouvelles. Pour le moment, seul le projet pilote est terminé, il doit permettre l’évacuation de 33.000 familles des secteurs les plus dangereux. Mais les habitants ne font confiance ni au gouvernement ni aux compagnies minières, car ils craignent que ces dernières ne profitent du plan de relogement pour exploiter leurs anciennes terres. Bharat Coking Coal Limited (BCCL), une compagnie minière publique, est accusée d’éteindre les feux selon ses intérêts, d’autant plus que jusqu’en 2008, elle déclarait certains secteurs sans dangers. L’entreprise reconnaît échouer à convaincre les habitants de partir, parce qu’elle n’avait pas prévu des moyens de subsistance pour les villageois.

Malgré le danger que ces feux représentent, de nombreux habitants refusent de s’en aller car ils vivent de l’extraction du charbon. De plus, les relogements en appartement proposés ne correspondent pas à leurs besoins de ruraux possédant des animaux d’élevage. Ainsi, dans le village de Kujama, les habitants qui sont restés ont vu le feu progresser au rythme de 6 mètres par mois pendant 20 ans jusqu’au moment où il a atteint, puis détruit leur village. Kishori Lal, un des habitants, refuse de partir : « Nous vivons du charbon. Je ne sais pas lire et je n’ai pas d’emploi. Mourir par le feu est préférable à crever de faim. »

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