La liste du patrimoine mondial de l’Unesco critiquée

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La liste du patrimoine mondial de l’Unesco critiquée

Villa del Puerto del Principe (Camaguey), site classé au Patrimoine mondial de l’Unesco à Cuba © AFP PHOTO/STR

Être classé au patrimoine mondial de l’Unesco n’est pas un gage de protection. Dans un article du 29 avril, The Independent revient sur les critiques à l’encontre de cette classification qui existe depuis 1978 et regroupe 878 sites dans le monde.

Un label de qualité inégale

Un site inscrit au patrimoine mondial attire les touristes. Certains états ou promoteurs touristiques utilisent donc ce label pour mettre en avant des sites dont l’intérêt est discutable, d’autant plus que ce sont les États qui proposent les sites à inscrire. Ainsi, la mine d’argent d’Iwami au Japon avait été refusée une première fois, car elle ne répondait pas aux critères de l’Unesco. Peu connue des Japonais, elle a malgré tout été intégrée suite à un intense lobbying. Cette entrée au Patrimoine mondial a permis de faire passer sa fréquentation touristique de 15.000 visiteurs à plus d’un million par an, bien que ce site ne soit pas exceptionnel.

Une protection non garantie

Paradoxalement, de nombreux sites de pays en développement, comme Angkor au Cambodge, souffrent de l’afflux de visiteurs. Près d’Angkor, aucune mesure n’a été prise pour contrôler l’urbanisation galopante due au succès du site. Le directeur du patrimoine mondial de l’Unesco, Francesco Bandarin, admet « nous n’avons qu’un pouvoir moral, c’est au Cambodge de décider de nous écouter ».

Une bureaucratie peu transparente

Enfin, l’Unesco est critiquée pour être une bureaucratie gérée par des experts non élus, dépassée par l’ampleur de la tâche qu’elle s’est fixée, car les demandes d’inscription sur la liste sont en constante augmentation. L’organisation ne parvient pas à assurer le maintien en l’état de certains sites. La classification « site en danger » qu’elle attribue n’est pas toujours pertinente, car elle s’applique parfois à des sites peu menacés, alors qu’elle n’incorpore pas, par exemple, Monte Alba au Mexique qui a été pillé en 2006. « Je ne me fais pas de soucis pour Stonehenge ou Dresde, quand vous voyez l’état de détérioration de sites majeurs dans les pays pauvres », déclare Jeff Morgan, de l’ONG Global Heritage, qui s’inquiète du manque de moyens accordés à la protection du patrimoine culturel dans le monde.

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