Érosion côtière: 5.000 à 50.000 habitations à « relocaliser », selon Borne

montée des eaux

Deux hommes se déplacent en kayak sur une route inondée à Palavas-les-Flots le 23 novembre 2019 © AFP Pascal GUYOT

Le gouvernement veut « relocaliser » les logements menacés par l’érosion maritime, soit entre 5.000 et 50.000 habitations estimées d’ici 2100, a indiqué mercredi la ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne, annonçant également des mesures de prévention des inondations.

« Nous voulons donner des outils aux élus pour identifier les zones qui sont menacées à moyen terme, c’est-à-dire dans moins de trente ans, » a déclaré la ministre dans une interview au Parisien avant un Conseil de défense écologique organisé mercredi à l’Elysée.

« Là, nous n’avons pas le choix, il faudra éviter de nouvelles constructions et relocaliser un certain nombre d’habitations et d’équipements », a poursuivi Mme Borne.

Lors d’une conférence de presse à l’issue du Conseil, elle a précisé un certain nombre de mesures liées à cette érosion. Un phénomène qui concerne « 20% de nos côtes », lesquelles peuvent reculer par endroit de 50 cm à 1,5 m chaque année. Comme la création d’un nouveau permis de construire, qui n’autoriserait dans les zones menacées que les structures « non pérennes et démontables ».

« Nous devons améliorer l’information de nos concitoyens lorsqu’ils décident de s’installer dans ces zones, nous crérons donc une obligation d’information transparente et objective pour que les acheteurs ou des locataires soient informés du risque d’érosion, comme ils le sont aujourd’hui pour les inondations », a-t-elle ajouté.

D’autre part, pour mieux protéger les 17 millions de Français exposés au risque d’inondations, le ministère veut améliorer la préparation des territoires concernés.

Elle a notamment évoqué la mise en place de solutions fondées sur la nature comme la recréation de dunes, prairies, forêts…

Dans ce cadre, neuf sites, dont Marseille, Dax, Saint-Etienne et Saint-Nazaire, vont être accompagnés par des équipes d’architectes, d’urbanistes, d’ingénieurs pour concevoir des réaménagements permettant plus de résilience.

La durée d’élaboration par les collectivités des programmes d’action pour la prévention des inondations, qui « peuvent prendre aujourd’hui jusqu’à huit ans », devra être divisée par deux.

Mme Borne s’est enfin engagée à « garantir » la capacité du « fond Barnier » pour la prévention des risques naturels majeurs.

Le fonds, financé par un prélèvement sur les assurances habitation et automobile, a engagé quelque 200 millions d’euros par an ces trois dernières années et sera de plus en plus sollicité en raison de l’accroissement des besoins face au changement climatique, a noté le ministère.

© AFP

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