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Climat : vers un zéro pointé à l’épreuve de l’urgence climatique

COP25 ehec

Des participants à la COP25 sur le changement climatique jeudi 12 décembre à Madrid © AFP CRISTINA QUICLER

Madrid (AFP) – La science réclame des actions urgentes et radicales pour éviter la catastrophe climatique, mais la conférence climat de l’ONU qui doit finir vendredi ne sera pas à la hauteur, même si le texte le plus ambitieux sur la table est adopté par les Etats.

Etats-Unis, Chine, Inde, Japon… Pendant ces deux semaines de réunion, les plus grands pays émetteurs de gaz à effet de serre n’ont pas fait d’annonces indiquant une volonté de faire plus et plus vite contre le réchauffement de la planète qui amplifie un peu partout tempêtes, canicules ou inondations.

Seule la Commission européenne, depuis Bruxelles, a présenté un « pacte vert » qui vise la neutralité climatique de l’UE d’ici 2050. Et, « signal fort », selon le président du Conseil européen, Charles Michel, les Pays de l’Union européenne, moins la Pologne, ont endossé cet objectif ambitieux, lors d’un sommet à Bruxelles jeudi soir. La Pologne, très dépendante du charbon, a refusé de s’engager dans l’immédiat, sans toutefois bloquer les conclusions, ont expliqué plusieurs sources européennes.

Pour que l’espoir de limiter le réchauffement à +1,5°C, objectif idéal de l’accord de Paris, ne s’envole pas, il faudrait réduire les émissions de CO2 de 7,6% par an, chaque année dès l’an prochain et jusqu’à 2030, ce qui nécessiterait une transformation inédite de l’économie mondiale.

A l’inverse, les émissions continuent à croître.

Au rythme actuel, le mercure pourrait gagner jusqu’à 4 ou 5°C d’ici la fin du siècle par rapport à l’ère pré-industrielle. Et même si les quelque 200 signataires de l’Accord de Paris respectent leurs engagements de réduction des émissions, le monde pourrait gagner plus de 3°C.

Les millions de jeunes descendus dans les rues dans les pas de l’adolescente suédoise Greta Thunberg et le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, qui a exhorté les hommes à arrêter de faire la « guerre » à la planète, risquent d’être plus que déçus.

« Nous sommes consternés par l’état d’avancement des négociations », a dénoncé jeudi Omar Figueroa Figueroa, ministre de l’Environnement de Belize, qui préside un groupe de 44 Etats insulaires, particulièrement vulnérables. Le groupe a notamment accusé Etats-Unis, Canada, UE, Japon et Australie de ne pas respecter leurs promesses en matière d’aide financière aux pays du Sud.

Mais alors que le slogan de cette COP était « Time for action » (il est temps d’agir), c’est sur la question centrale de l’ambition que la ligne de fracture a été la plus évidente.

« Les deux visions sont très claires, entre ceux qui veulent aller plus vite et ceux qui veulent se retrancher derrière ce qui ne fonctionne pas, afin de ne pas avancer », a déclaré la ministre espagnole de l’Environnement Teresa Ribera, dont le pays a accueilli la réunion au pied levé après le désistement du Chili.

Dans le viseur des défenseurs du climat, évidemment les Etats-Unis, qui ont officialisé leur retrait de l’accord de Paris l’an prochain. Mais aussi des pays émergents, comme la Chine, l’Inde et le Brésil, qui ont clairement dit cette semaine qu’ils ne prévoyaient pas de réhausser leurs ambitions prochainement.

« Si mes engagements sont déjà en ligne avec l’accord de Paris, pourquoi devrais-je les réviser encore? », a lancé le négociateur indien Ravi Shankar Prasad.

Pour beaucoup d’Etats, ce n’est de toute façon que la COP26 à Glasgow en novembre 2020 qui doit répondre à cette demande d’ambition.

Alors d’ici là « tout le monde joue l’attente », a commenté Laurence Tubiana, architecte de l’Accord de Paris. Le relèvement des contributions pour Glasgow sera « une négociation politique au plus haut niveau, c’est Xi Xinping qui va décider pour la Chine, c’est Modi qui va décider pour l’Inde », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Alors le texte final qui doit être adopté vendredi –ou plus tard, les COP ayant l’habitude de déborder– pourrait juste appeler les Etats à bien présenter l’an prochain de « nouveaux » engagements. Ou au mieux, des engagements « à la hausse », selon les observateurs.

« Au fond, c’est comme si ce qui se passait dans le monde réel et dans les rues, les manifestants, n’existaient pas », a commenté Alden Mayer, observateur de longue date de ce processus. « On est dans un monde imaginaire ici ».

La présence inédite à cette COP de dizaines de jeunes du monde entier, avec en guest star la personnalité de l’année du magazine Time Greta Thunberg, a plus que jamais exposé ce fossé.

« Les solutions sont juste sous nos yeux. Mais où sont les champions? Où sont les leaders? Où sont les adultes dans la salle? », a ainsi lancé la patronne de Greenpeace Jennifer Morgan, laissant éclater sa colère sous les applaudissements. « Le coeur de l’Accord de Paris bat toujours, mais à peine ».

© AFP

6 commentaires

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  • diminuer chaque année de 7 % les émissions de gaz carbonique jusqu’en 2030 c’est diviser par 2 la quantité de gaz carbonique émise à annuellement à cette échéance

    continuer à ce rythme jusqu’en 2050 c’est diviser par 9 les émissions par rapport à ce qu’elles sont actuellement début 2020 et c’est probablement vu la capacité naturelle d’absorption du carbone de la terre la neutralité à cette échéance

    l’Europe y arrivera-t-elle ?
    vu le retard que nous prenons jour après jour que ça va être extrêmement difficile voire impossible

    • JACQUES BELLUOT

    Alors pourquoi ne pas boycotter tous les produits en provenance des pays qui se moquent de nos enfants et de la planète ? ça relancerait le commerce dans les pays qui font un effort pour l’environnement .
    Merci de faire suivre cette proposition à tous les élus concernés par le changement climatique . Pologne comprise.

    • Jean-Pierre Bardinet

    « La science réclame des actions urgentes et radicales pour éviter la catastrophe climatique, » Il s’agit de la pseudo-science du GIEC, organisme politique, car intergouvernemental. Mais que disent les observations ? Y a-t-il une urgence climatique ?
    1 ) La TMAG (température moyenne annuelle globale) a augmenté de +0,7°C environ en 130 ans et a fortement ralenti depuis près de 20 ans, la tendance n’étant plus que de +0,1°C/décennie (mesures UAH et Hadcrut), malgré une inflation des émissions mondiales de CO2.
    2) Depuis le début des années 1800, les marégraphes mesurent une montée océanique de 1-1,5 mm/an, sans accélération, sans corrélation avec les petites fluctuations de température. Climate4you, onglet « oceans », sea level from tide gauges.
    3) Taux de CO2 dans l’air : 0,04%, soit 410 ppm, faible au regard de son taux moyen lors des derniers 600 millions d’années (0,2%, soit 2000 ppm).
    4) Rapport scientifique AR5, page 471, figure 6.1 : les émissions anthropiques ne sont que de 4% du total des émissions. Et il n’y a aucune raison physique pour que son temps de séjour dans l’atmosphère soit de plus de 100 ans, d’autant que la moyenne pondérée d’environ 40 publications scientifiques n’est que de 8 ans.

    Ces observations montrent qu’il n’y a aucune urgence climatique.

    • Jean-Pierre Bardinet

    Le niveau de crédibilité des projections des modèles numériques, qui prophétisent un terrible réchauffement et d’épouvantables cataclysmes, est nul, pour plusieurs raisons.
    a) Le GIEC avait dit, avec raison, dans son premier rapport, que le climat n’est pas modélisable.
    b) Comme le climat est chaotique, son évolution dépend fortement des conditions initiales. Or il est impossible de les connaître avec une précision absolue.
    c) Malgré nos moyens informatiques puissants, on ne sait pas résoudre un énorme système d’équations différentielles à coefficients inconnus, non linéaires et couplées entre elles.
    d) On ne sait pas modéliser le cycle de l’eau, notamment l’ennuagement qui ont une action forte sur la température.
    e) On constate que les prévisions des modèles numériques divergent de plus en plus des observations, ce qui confirme qu’elles prévoient un monde imaginaire déconnecté du Réel. En clair, leurs projections multidécennales ont une crédibilité nulle et il est absurde de mettre en place des politiques climat-énergie qui ne serviront à rien, si ce n’est à gaspiller des sommes pharaoniques, à diminuer le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité de nos entreprises, ce qui, mécaniquement, va supprimer de l’emploi salarié. Cela vaut-il le coup de gaspiller des sommes folles pour des prunes ?

    • Jean-Pierre Bardinet

    La Chine a besoin d’une électricité pilotable et compétitive, et elle a construit et continuera à construire des centrales à charbon et à gaz jusqu’en 2030, comme elle l’avait annoncé à la COP21. En fait, les PED ont bien compris que leur développement économique et social est basé sur une électricité pilotable, compétitive, donc produite par des centrales à charbon ou à gaz. C’est pour cela que ces COP ne servent à rien, si ce n’est à faire délirer des idéologues radicaux, des politiques, et des fonctionnaires. Quant à la tendance au réchauffement, elle n’est que d’environ +0,1°C/décennie depuis près de 20 ans, malgré une inflation de nos émissions de CO2, ce qui confirme qu’il n’y a aucune corrélation, donc aucune relation de causalité, entre nos émissions et les variations de température

    • Jean-Pierre Bardinet

    Le Pacte Vert est complètement irréaliste. Et le pire, c’est que ce n’est pas un plan contre le changement/dérèglement/réchauffement climatique, car, même en suivant les thèses du GIEC, l’impact sur la TMAG (température moyenne annuelle globale) ne serait que de quelques centièmes de degrés, c’est un plan pour la destruction programmée de l’Europe. Je n’accepte plus l’incompétence idéologique de la Commission et j’approuve le Brexit qui permet aux Britanniques de ne plus subir la dictature verte à la sauce orwellienne de Bruxelles.