Élus et promoteurs font bloc derrière Europacity, en promettant des mesures « écologiques »

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Une vue artistique du projet Europacity, diffusée le 27 septembre 2017. Le projet est porté par la société Alliages et Territoires © Alliages et Territoires/AFP Handout

Élus et promoteurs d’Europacity ont fait bloc vendredi pour défendre ce projet controversé de mégacomplexe qui doit s’implanter au nord de Paris, en annonçant des mesures « écologiques », alors que le gouvernement a entamé une vaste consultation sur le sujet.

« Nous serons un projet zéro carbone dès 2027 », « nous devançons là les ambitions prônées par les accords de Paris pour 2050 », a assuré Benoît Chang, directeur général de la société Alliages et territoires, lors d’une conférence de presse à Paris réunissant élus et acteurs économiques locaux.

Europacity vise aussi un objectif de « zéro artificialisation nette des terres » en compensant les 80 hectares de son périmètre par la « renaturation » d’autant d’espaces en Ile-de-France, a-t-il ajouté.

Le projet, qui doit s’implanter sur des terres agricoles, aura également un volet « biodiversité »: 4.000 arbres seront plantés sur le site « à la naturalité faible » du fait de « décennies d’agriculture intensive », a souligné M. Chang.

Cette série d’annonces intervient alors que la ministre de l’Environnement, Elisabeth Borne, a entamé une série de consultations avec les différents acteurs du projet: élus, promoteurs ou opposants.

« Alors qu’on pensait que tout était sur les rails (…) il semble qu’à l’Elysée le dossier soit à nouveau regardé, pour des raisons plus politiques que rationnelles », a déploré Jean-Pierre Blazy, le maire (PS) de Gonesse (Val-d’Oise), très favorable au projet.

Porté par Ceetrus, foncière du groupe Auchan, et le conglomérat chinois Wanda, réunis dans la société Alliages et Territoires, Europacity entend s’implanter, d’ici à 2027, dans le « triangle de Gonesse », secteur agricole coincé entre les aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle et du Bourget.

Ce projet de commerces et de loisirs à plus de 3 milliards d’euros est accusé par ses détracteurs de fragiliser le commerce de proximité et de détruire des champs à rebours des préoccupations environnementales.

Vendredi, Europacity a aussi annoncé qu’il réduirait les surfaces commerciales « qui représenteront 10 à 15% du projet », au profit d’espaces « dédiés aux loisirs et à la culture ».

Au moment des annonces d’Europacity, une marche d’une centaine d’opposants a pris la direction de Matignon pour réclamer « l’abandon du projet ».

© AFP

3 commentaires

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    • Michel CERF

    On marche sur la tête ! Europacity va bientôt sauver la biodiversité ! tout cela permettra d’attirer le plus de monde possible avec les conséquences qu’on imagine .

  • Au moment ou tout le monde ressent un besoin d’agriculture locale de telle sorte que l’énergie nécessaire au transport de l’aliment ne soit pas supérieure à l’énergie qu’il contient, ce projet Europacity orienté vers le toujours plussonne mal

    Si ce projet devait malgré tout prendre place la moindre des choses vu qu’il est en region parisienne serait qu’il tienne compte de ce qui a été ecrit aujourd’hui dans Goodplanet. Voir

    https://www.goodplanet.info/video/2019/10/04/sauver-la-planete-oui-mais-comment/

    • sorlekua

    Et ils continuent ces « Docteur Folamour », comme si de rien n’était, ils veulent une autre ZAD ?

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