Où en sont les engagements des grands pays dans l’accord de Paris?

marche climat

Une banderole proclamant "Nous ne voulons pas mourir", tenue par de jeunes manifestants pour le climat, en face de la Maison Blanche à Washington le 24 mai 2019 © AFP Eric BARADAT

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, convie lundi un sommet sur le climat pour obtenir des dirigeants mondiaux qu’ils révisent à la hausse leurs plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Voici les engagements actuels des principaux pays émetteurs, soumis officiellement à l’ONU après la signature de l’accord de Paris sur le climat en 2015. Ils sont censés les actualiser en 2020.

Chaque Etat reste libre de fixer ses objectifs, et son année de référence, ce qui rend les comparaisons plus difficiles. A noter que même si tous ces objectifs déclarés étaient atteints, cela ne suffirait pas à contenir le réchauffement de la planète « nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels », comme le stipule l’accord de 2015 – ces engagements conduiraient à un réchauffement d’environ 3°C, selon l’ONU.

Chine

La Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre depuis le milieu des années 2000 (le double des Etats-Unis), s’est engagée à ce que ses émissions se mettent à baisser d’ici 2030. Elle devrait y parvenir, estiment les experts du climat, qui soulignent que de nombreux autres objectifs liés aux énergies renouvelables seront atteints.

Pékin a aussi fixé comme objectif que 20% de sa consommation d’énergie provienne d’énergies non-fossiles, un but plus difficile.

Etats-Unis

Les engagements américains datent de la présidence de Barack Obama: réduction des émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28% en 2025, par rapport à 2005.

Mais Donald Trump a annoncé en 2017 son intention de sortir de l’accord de Paris (effectif en 2020), et engagé immédiatement l’abattage des piliers du plan climat de son prédécesseur, sur les centrales au charbon et les normes d’émissions des véhicules, notamment.

Union européenne

L’UE s’est engagée à une réduction de 40% d’ici 2030, par rapport à 1990. L’objectif sera dépassé, selon la Commission européenne, dont la présidente, Ursula von der Leyen, veut aller jusqu’à 50%, voire 55%.

Elle voudrait aussi faire adopter l’an prochain par les Etats membres le but de la neutralité climatique en 2050. Il ne reste que quatre pays à convaincre: Pologne, Hongrie, République tchèque et Estonie.

Inde

L’Inde, passée quatrième émetteur mondial au début de la décennie, devant la Russie, s’est engagée à réduire l’intensité en émissions de son économie de 33 à 35% d’ici 2030, par rapport à 2005: cela signifie que chaque dollar de produit intérieur brut génèrera un tiers de gaz à effet de serre de moins.

Le pays, qui investit massivement dans le solaire tout en dépendant encore beaucoup du charbon, est sur la bonne trajectoire pour y parvenir, ainsi que pour un autre engagement: 40% d’énergie d’origine non-fossile d’ici 2030. Selon le Climate Action Tracker, elle pourrait y arriver dans les années 2020.

Quels pays ont adopté le but de neutralité carbone?

Deux petits pays, le Bhoutan et le Suriname, sont déjà neutres en carbone – et en fait négatifs.

Quatre pays ont inscrit dans leur loi nationale l’objectif de neutralité carbone: Norvège (2030), Suède (2045), Royaume-Uni et France pour 2050 (vote final au Sénat français fin septembre).

14 nations, ainsi que l’Union européenne, en sont à divers stades législatifs: Chili, Nouvelle-Zélande, sept pays européens, Fidji, les Îles Marshall, Uruguay, Costa Rica et Islande, selon l’Energy & Climate Intelligence Unit.

L’adoption de cet objectif est loin de signifier que ces pays sont sur la trajectoire pour y parvenir, comme l’illustre l’exemple français, où le Haut conseil pour le climat a jugé en juin que les actions engagées restaient « insuffisantes ».

© AFP

3 commentaires

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  • Le secrétaire général de l’ONU a déjà lancé un cri d’alarme à ce sujet à New York il y a 1 ans
    voir

    http://infoenergie.eu/riv+ener/ONU.htm

  • Les climatologues savent qu’en raison de la présence de gaz à effet de serre tels que le gaz carbonique et le méthane inclus dans la vapeur d’eau présente dans l’atmosphère la température sur terre pourrait rapidement devenir insupportable et interdire la vie sur terre. Notre avenir sur terre pourrait bien dépendre de la façon dont les quatre principales parties du monde vont réagir à ce sujet

    CHINE
    Le jugement consistant à dire que la Chine est le premier pollueur en termes d’émission de CO2 dans le monde semble sévère. Le jugement de GoodPlanet est probablement dû au fait que la Chine avec ses 1,3 milliards d’habitants est sensiblement 4 fois plus peuplée que les USA avec ses 300 millions d’habitants. Dans la pratique un chinois consommant presque 8 fois moins d’énergie qu’un Américain ( voisine de 9000 kWh alors qu’elle est sensiblement de 70 000 kWh pour un américain) il est probable que la quantité de CO2 émise par chinois est nettement plus faible que de celle d’un américain vu que les chaînes énergétiques utilisé sur ces deux continents sont comparables. Si la Chine émettait globalement 2 fois plus de gaz à effet de serre que les États-Unis dans les années 2000 en étant 4 fois plus peuplé cela signifie que les émissions de CO2 d’un chinois sont 2 fois plus faibles que celle d’un américain. On peut dire par contre que l’objectif de Pékin consistant à limiter à 20% la consommation en énergie non-fossiles alors ils ont 2050 n’est pas très ambitieu.

    ETATS- UNIS
    les USA ne font assurément pas figure de leader en ce qui concerne la transition énergétique.
    Pas plus d’ailleurs en ce qui concerne Trump ( illustré à ce sujet par le fichier trump.txt qui prouvent heureusement que l’ensemble des Américains sont loin d’être tous derrière leur président à ce sujet) qu’en ce qui concerne Barack Obama avec le gaz de schiste sur son territoire

    UNION EUROPÉENNE
    l’Europe c’est sensiblement 500 millionsd’habitants. La seule petite chance d’atteindre la neutralité climatique en 2050 UN OBJECTIF EXTRÊMEMENT AMBITIEUX est d’abord de convaincre dans un premier temps les nations qui ne sont pas encore tout à fait en accord avec l’objectif commun à savoir Pologne, Hongrie, République tchèque et Estonie.
    Elle est ensuite selon la vision qu’à le porte-parole des Lutins thermiques de la transition énergétique de mettre en œuvre à minima et sans attendre la « Solar Water Economy » décrite dans le site sur l’énergie européenne
    http://www.infoenergie.eu
    Ceci de telle sorte que l’objectif intermédiaire de 40% voire 50% en 2030 soit atteinds grâce à la chaufferie et à la voiture electrique hybride

    INDES
    Le gros problème va venir des Indes un pays presque aussi peuplé que la Chine (1,2 milliard d’habitants)
    Ceci par le fait que le solaire voltaïque arrive bien tardivement et que nombre de ses centrales à charbon sont neuves et qu’il va bien falloir les amortir. Ceci aussi par le fait qu’introduire le PIB comme une notion à prendre en compte en ce qui concerne la politique à tenir en ce qui concerne la transition énergétique ne semble pas être une très bonne orientation. voir

    https://www.goodplanet.info/photo/2019/09/18/80-684-milliards-de-dollars-de-pib-en-2017/

    CO2 mon amour
    Invisible mais présent
    Ou l’impossible retour
    A nos années d’antan

    Du tréfonds de la terre
    Où tu étais prisonnier
    Tu as choisi l’atmosphère
    Pour établir tes quartiers

    Tu peux être content
    Quoi que nous fassions
    Tu auras tout ton temps
    Pour ta grande évasion

    Mais, pour nous les hommes
    Les rois de l’incurie
    Il serait temps en somme
    D’arrêter nos conneries

    • Claude Renaud

    Mr Grossmann !

    Ce petit poème que vous avez reproduit, je ne sais pas où vous l’avez trouvé, mais c’est moi
    qui en suis l’auteur. Je l’ai écrit en janvier 2010 à l’attention de Denis Cheissoux, pour son émission
    « CO2 mon amour » diffusée sur France-Inter.
    Je voulais seulement que vous en connaissiez l’origine.
    J’ai été très étonné de le retrouver au bas de vos commentaires.
    Mais pour moi, c’est plutôt flatteur !

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