Nucléaire: EDF ne prévoit pas d’arrêter de réacteurs malgré des problèmes de fabrication


Photo du 9 février 2017 du réacteur numéro 1 de la centrale nucléaire de Flamanville © AFP/Archives CHARLY TRIBALLEAU

EDF estime qu’il n’aura pas à arrêter de réacteur nucléaire malgré la découverte récente de problèmes de fabrication sur certains composants, qui concernent six réacteurs en exploitation. Mais l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) doit encore se prononcer d’ici quelques semaines.

L’électricien avait annoncé la semaine dernière que les procédures prévues n’avaient pas été respectées par sa filiale Framatome lors d’opérations réalisées « sur certaines soudures de générateurs de vapeur », de gros composants des centrales, lors de leur fabrication.

« Le travail de recensement poursuivi depuis par EDF et Framatome a permis d’identifier 16 générateurs de vapeur installés sur six réacteurs en exploitation: les réacteurs n°3 et 4 de Blayais, le réacteur n°3 de Bugey, le réacteur n°2 de Fessenheim, le réacteur n°4 de Dampierre-en-Burly, ainsi que le réacteur n°2 de Paluel », a détaillé EDF mercredi dans un communiqué.

C’est donc environ 8% des équipements de ce type en exploitation qui sont concernés.

« A ce stade de l’instruction technique portant sur ces composants, EDF estime que les écarts constatés ne remettent pas en cause l’aptitude au service des matériels et ne nécessitent pas de traitement immédiat », juge toutefois le groupe.

« Aucun de ces équipements aujourd’hui ne présente un risque en matière d’intégrité ou de sûreté des réacteurs », a expliqué Régis Clément, directeur adjoint du parc en exploitation d’EDF. « On n’est pas dans une situation où il y a une nécessité quelconque d’un arrêt immédiat et conservatif de l’un de ces réacteurs », a-t-il insisté lors d’une conférence téléphonique.

A la Bourse de Paris, où l’action EDF avait chuté mardi 10 septembre lors de l’annonce des problèmes, par crainte de l’arrêt de certains réacteurs, le titre progressait de 3,38% mercredi en fin de matinée. Les analystes de Barclays saluaient « des problèmes de fabrication nucléaire potentiellement moins graves que ce qui était craint initialement ».

L’ASN doit se prononcer

Concernant les équipements non encore en service, « sont concernés les 4 générateurs de vapeur et le pressuriseur du réacteur EPR de Flamanville 3, ainsi que 3 générateurs de vapeur neufs non encore installés destinés à la réalisation des chantiers de remplacement des générateurs de vapeur des réacteurs n° 5 et 6 de Gravelines », indique EDF.

Le groupe ne se prononcera que dans les prochaines semaines sur sa décision pour les équipements destinés à l’EPR de Flamanville. Mais il a déjà repris les activités du chantier de remplacement des générateurs de vapeur à Gravelines 5.

Si EDF a échappé à un arrêt immédiat de certains réacteurs, potentiellement catastrophique, surtout à l’approche de l’automne, reste que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) doit encore se prononcer après avoir achevé l’instruction du dossier.

« A ce stade on considère qu’il n’y a pas matière à arrêter les réacteurs concernés. Pour autant le sujet doit être investigué jusqu’au bout et c’est le travail qui va être fait dans les prochaines semaines », a ainsi déclaré à l’AFP Julien Collet, directeur général adjoint de l’ASN.

« On continue aujourd’hui de recevoir des éléments d’EDF, donc on pourra se prononcer quand EDF et Framatome auront fait le tour du sujet et que nous mêmes nous aurons pu examiner l’ensemble de ces éléments », a-t-il poursuivi. « EDF considère que l’aptitude au service n’est pas remise en cause, c’est bien évidemment des choses que l’on va vérifier dans le cadre de notre instruction. »

L’ASN menait par ailleurs mercredi une inspection sur le site Framatome de Saint-Marcel (Saône-et-Loire) où étaient fabriqués les composants en question. Cela à la fois pour bien comprendre l’anomalie mais aussi examiner les moyens mis en oeuvre pour identifier les pièces concernées, « pour s’assurer qu’il n’y a pas eu de manque ou d’oubli » dans leur inventaire.

© AFP

Un commentaire

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    • Aymard

    Bonjour,
    Le plus grand scandale chez EDF, c’est la construction à l’aveugle, de la centrale EPR. Etant donné qu’il s’agissait d’une technique encore non encore éprouvée, il eût été plus judicieux de lancer un chantier au 1/10eme afin de peaufiner l’ensemble. Là, les clients doivent essuyer les plâtres et cette période n’est pas propice à de tels dévoiements.
    Alors qu’à la mi XXeme siècle des précurseurs avaient trouvé un moyen très économique et sans danger de fabriquer de l’électricité grâce notamment aux fours solaires de Mont-Louis et d’Odeilho, n’aurait-il pas été plus sage de se concentrer sur une telle technologie ? Celà aurait permis de construire des micro-centrales moins coûteuses en tous points (ou presque) de notre territoire. Mais la facilité d’imposer aux clients l’obligation de « cracher au bassinet » est toujours là.

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