À Marseille, le fléau des trottinettes jetées à la mer

Un plongeur volontaire remonte une trottinette jetée à l'eau à Marseille le 20 juillet 2019 © AFP GERARD JULIEN

Un plongeur volontaire remonte une trottinette jetée à l'eau à Marseille le 20 juillet 2019 © AFP GERARD JULIEN

Marseille (AFP) – Des centaines de trottinettes électriques jetées à la mer de l’esplanade du Mucem, de la Corniche ou de la plage du Prado : à Marseille, opérateurs et bénévoles tentent de mettre fin à un jeu destructeur et polluant.

La « mode » de la trottinette à la mer, selon le responsable des opérations de Lime, le leader du marché, a explosé avec les vacances scolaires. « On a remarqué que beaucoup de nos trottinettes perdaient le signal sur le littoral », explique à l’AFP Jérôme Poulet, dont la société déploie 1 000 appareils par jour à Marseille.

Les coupables selon lui ? « Des enfants, de 8 à 10 ans, qui sont seuls dans la ville du matin au soir et nous expliquent que pour eux c’est un jeu », répond M. Poulet. Pour Lime, les trottinettes jetées à l’eau sont perdues : « À part quelques pièces détachées, on ne peut plus rien en tirer ».

Le manque à gagner pour les opérateurs, ce n’est pas ce qui inquiète Adrien Painchaud. Cet éducateur spécialisé marseillais a découvert le phénomène des trottinettes immergés début juillet en nageant. « Ça me faisait mal au cœur de voir ça dans ces eaux si belles, j’ai lancé un appel sur les réseaux sociaux et avec quatre amis on est allé les chercher », explique-t-il à l’AFP.

Avec une corde et un masque de plongée, M. Painchaud et ses amis ont remonté 35 trottinettes en une soirée. Des charges lourdes, une trottinette pèse 15 kilos environ, qu’ils amassent ensuite sur la corniche. La vidéo de sa pêche miraculeuse, partagée sur Facebook le 5 juillet, fait aussitôt le buzz.

Outre la pollution visuelle, Adrien s’inquiète de l’impact de ces trottinettes sur la qualité de l’eau, dans laquelle des milliers de Marseillais et de touristes se baignent. « Après une de mes plongées pour en récupérer, j’ai eu de grosses démangeaisons sur le corps », raconte-t-il. Les trottinettes sont équipées d’une pile au lithium qui, avec la corrosion engendrée par l’eau de mer, peut fuir.

Médiateurs en bord de mer

Le jeune homme interpelle les opérateurs, qui lui répondent « qu’ils ne peuvent rien faire, que ça coûterait trop cher de les retirer ». Aucun ne vient même récupérer les trottinettes renflouées, selon lui.

Côté mairie, on assure avoir tout fait pour éviter ces désagréments : « On a été la première ville de France à faire signer une charte sur l’utilisation des trottinettes et une convention avec chacun des opérateurs (…). Dans la charte, il est bien inscrit que les opérateurs, propriétaires des trottinettes, s’engagent à organiser spontanément l’évacuation des trottinettes, quel que soit le lieu dans lequel elles se trouvent. Sur ce point, certains opérateurs sont plus efficaces que d’autres et on a dû les relancer il y a 15 jours pour qu’ils le fassent », souligne Jean-Luc Ricca, adjoint au maire en charge de la circulation et du stationnement.

« On en a déjà sorti pas mal », affirme de son côté Jérôme Poulet, de Lime. La société, qui a 55 employés à Marseille, a aussi envoyé plusieurs médiateurs sillonner le bord de mer pour aller à la rencontre des jeunes et les « sensibiliser ». L’opérateur américain a aussi interdit depuis peu aux utilisateurs de terminer leur course près de la mer, afin de ne pas « encourager à les jeter à l’eau ».

« Lime nous a donné une petite aide pour le club », indique aussi à l’AFP Patrick Carreno, plongeur ramasseur bénévole et membre de la Société nautique de la Corniche (SNC). Les plongeurs de la SNC ont remonté à l’aide de leurs propres bateaux et d’un navire prêté par la capitainerie du port « 150 à 200 trottinettes » entre l’anse de Malmousque et le Vieux-Port, et estiment qu’il en reste « au moins 300 » rien que dans le Vieux-Port.

Mais depuis le buzz créé par Adrien Painchaud et la réaction de Lime, « on dirait qu’il y en a moins qui sont jetées à l’eau », juge M. Carreno. Adrien Painchaud confirme : « Ça fait quelques jours que je n’en vois plus à l’eau, je pense que les jeunes ont compris qu’il fallait arrêter », se félicite-t-il.

© AFP

2 commentaires

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    • gabrielle

    est-ce-que vraiment çà durer ? nous vivons un temps où il faudrait faire des camps pour occuper ces jeunes ; il faudrait un système de paiement nominatif ; arrêter ces jeunes et leur faire copier des lignes, leur apprendre à balayer les trottoirs , il n’est pas possible de continuer ainsi. on ne leur dit rien; et les familles devraient payer pour leur forfait.

    • sophie

    Finalement les scouts et les guidouilles, le service militaire, les paires de claque, les cours de morale, les familles structurées…ça avait du bon: on avait un minimum de respect et de décence dans nos comportements.
    Oui je sais je suis une vielle co e

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