Bio : les serres chauffées ne seront pas autorisées en hiver

Le comité national de l'agriculture biologique a décidé d'autoriser l'utilisation de serres chauffées en agriculture bio, tout en encadrant leur utilisation © AFP/Archives MYCHELE DANIAU

Le comité national de l'agriculture biologique a décidé d'autoriser l'utilisation de serres chauffées en agriculture bio, tout en encadrant leur utilisation © AFP/Archives MYCHELE DANIAU

Paris (AFP) – Pas de tomates bio à Noël : les producteurs français de fruits et légumes bio sous serres pourront continuer de chauffer, mais ne pourront pas commercialiser leur production en hiver, limitant de fait l’utilisation de cette pratique au reste de l’année, une décision qui met fin à une bataille rangée depuis un an entre acteurs historiques du bio et producteurs souhaitant accélérer son développement.

« Le chauffage des serres est autorisé, mais il n’y aura pas de commercialisation entre le 21 décembre et le 30 avril » de fruits et légumes bio produits en France, a indiqué le ministère. Cette solution, votée à 22 voix contre 15 (et 4 abstentions), selon Olivier Nasles, président du Comité national de l’agriculture biologique (Cnab), vient mettre un terme à un intense lobbying pratiqué au cours des dernières semaines par deux camps défendant deux philosophies de l’agriculture bio.

Les acteurs historiques, Fnab (Fédération nationale de l’agriculture biologique) et Synabio (syndicat de l’agroalimentaire bio) réclamaient depuis un an l’interdiction du chauffage des serres et de la production de fruits et légumes bio hors saison, dénonçant la volonté de certains producteurs de fruits et légumes « d’industrialiser » la filière et de trahir l’esprit du bio.

En face, les partisans du chauffage des serres n’ont eu de cesse de mettre en avant la demande toujours plus forte du consommateur et leur crainte, en cas d’interdiction, de « distorsions de concurrence » avec les pays voisins de la France.

Ils ont également pointé du doigt un marché déficitaire. Selon l’agence bio, 78% des tomates, 70% des concombres et 69% des courgettes sur les étals français venaient ainsi de l’étranger en 2017.

« La filière a pris une décision sur une position de compromis que je leur ai proposée », a déclaré le ministre Didier Guillaume, qui s’est déplacé lui-même dans les locaux de l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) pour gérer ce dossier sensible.

« Il ne peut pas y avoir de contre-saisonnalité en bio ; on ne mange pas des produits bio l’hiver à contre-saison », a déclaré le ministre, avant d’ajouter : « Il n’y a pas de surtransposition de règles européennes : le chauffage des serres est autorisé en Europe, il reste autorisé en France ».

La Fnab dénonçait également la pollution générée par le chauffage des serres. S’appuyant sur une étude de l’Ademe, elle soulignait qu’une tomate produite sous serre chauffée émettrait, avec 2,2 kilos de CO2 pour un kilo de tomates, sept fois plus de gaz à effet de serre qu’une tomate produite en France en saison et près de quatre fois plus qu’une tomate importée d’Espagne.

La distribution scrutée

Le chauffage des serres se fera à partir de 2025 « uniquement avec des serres chauffées avec des énergies renouvelables », a fait valoir le ministre, déjà une obligation pour « toute serre construite aujourd’hui ».

« L’objectif, c’est que ce soit une décision européenne », a indiqué Didier Guillaume, alors que les partisans du chauffage des serres craignaient des « distorsions de concurrence » avec certains voisins, comme l’Espagne.

« On espère que l’ensemble de la distribution française suivra cette position et qu’on ne verra pas débouler des centaines de tonnes de tomates bio espagnoles, italiennes ou belges », a d’ailleurs déclaré M. Nasles, qui compte sur la « pression des consommateurs ».

Guillaume Riou, président de la Fnab, aurait préféré « une interdiction pure et simple », mais a tout de même voté pour une solution qui « va globalement dans le bon sens » : « ça va encadrer un peu les choses. On ne pourra pas faire tout et n’importe quoi », a-t-il salué.

« Toutes les familles étaient d’accord sur le cadre du sujet ; le seul truc sur lequel on butait, c’était les dates », a affirmé M. Nasles.

Selon lui, la Fnab souhaitait retenir la date du 1er juin pour commencer à commercialiser des fruits et légumes bio, tandis que le camp adverse, qui compte notamment la FNSEA et les chambres d’agriculture, souhaitait la date du 21 mars.

« C’est un mauvais compromis », a réagi auprès de l’AFP Etienne Gangneron, vice-président de la FNSEA, qui souligne que le chauffage des serres « n’est encadré nulle part ailleurs ».

« Les consommateurs ne vont pas arrêter de consommer de la tomate bio en avril », a-t-il estimé. « On importait 78% de tomate bio, on va passer à 90% », a-t-il conclu.

© AFP

Pour en savoir plus : Le gouvernement pas opposé au chauffage des serres

3 commentaires

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  • Bravo

    l’idée d’interdire l’arrosage pour la culture du maïs à partir des aquifères situé sur le terrain où il pousse peut sembler sévère mais il faut prendre conscience que l’eau contenue dans cette aquifère communique avec la rivière qui peut être nécessaire pour l’approvisionnement en eau de ceux qui sont en aval. voir

    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/LCU_fichiers/RSE-explication-nappes.pdf

    si l’on est convaincu que le réchauffement climatique est dû au gaz à effet de serre l’idée de l’ADEME de comparer le poids de la nourriture au poids de gaz carbonique qui a été généré pour assurer sa production est une façon intéressante de voir les choses.

    l’aliment en lui-même contient de l’énergie mais il faut faire attention. Quand on parle de calories alimentaires il faut multiplier ces dernières par 1000 si l’on veut d’évaluer la consommation énergétique moyenne d’un individu dans le système international d’unités.

    Cela revient à dire qu’un l’individu qui consomme en moyenne 2500 kcal par jour consomme sensiblement 1000 kWh annuellement pour se nourrir si l’on garde en mémoire ce que nous a appris l’anglais James Prescott à savoir que l’équivalent de la calories et 4,18 joules.

    pour mettre en valeur l’agriculture locale éviter des catastrophes comme celle du Triangle de Gonesse on pourrait aussi raisonner en comparant l’énergie contenue dans l’aliment lui même à celle qui à été consommée pour le transporter. Je ferais cette comparaison prochainement aux source de la Loire à l’occasion de l’exposé ayant pour titre « la rivière en colère ». Ces informations seront par la suite diffusées gratuitement sur internet voir

    http://www.infoenergie.eu/chargement/A.htm

  • Si mon texte est validée par goodplanet merci de mettre plutôt après correction

    Bravo pour l’interdiction des tomates bio en plein hiver

    l’idée d’interdire l’arrosage pour la culture du maïs à partir des aquifères situés sur le terrain où il pousse peut sembler sévère mais il faut prendre conscience que l’eau contenue dans cette aquifère communique avec la rivière qui peut être nécessaire pour l’approvisionnement en eau de ceux qui sont en aval. voir

    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/LCU_fichiers/RSE-explication-nappes.pdf

    si l’on est convaincu que le réchauffement climatique est dû au gaz à effet de serre l’idée de l’ADEME de comparer le poids de la nourriture au poids de gaz carbonique qui a été généré pour assurer sa production est une façon intéressante de voir les choses.

    l’aliment en lui-même contient de l’énergie mais il faut faire attention. Quand on parle de calories alimentaires il faut multiplier ces dernières par 1000 si l’on veut d’évaluer la consommation énergétique moyenne d’un individu dans le système international d’unités.

    Cela revient à dire qu’un l’individu qui consomme en moyenne 2500 kcal par jour consomme sensiblement 1000 kWh annuellement pour se nourrir si l’on garde en mémoire ce que nous a appris l’anglais James Prescott à savoir que l’équivalent de la calorie est 4,18 joules.

    pour mettre en valeur l’agriculture locale et éviter des catastrophes écologiques comme celle du Triangle de Gonesse on pourrait aussi raisonner en comparant l’énergie contenue dans l’aliment lui même à celle qui à été consommée pour le transporter. Je ferais cette comparaison prochainement aux source de la Loire à l’occasion de l’exposé ayant pour titre « la rivière en colère ». Ces informations seront par la suite diffusées gratuitement sur internet voir

    http://www.infoenergie.eu/chargement/A.htm

  • il va aussi falloir considérer en réponse au CETA que si la quantité d’énergie pour transporter l’aliment est très supérieure à celle contenue dans l’aliment lui-même il est préférable de consommer local. Voir

    https://www.goodplanet.info/actualite/2019/08/08/les-principaux-points-du-rapport-du-giec/

Un rapport de l'ONU demande la réaffectation de 470 milliards de dollars de subventions agricoles qui nuisent aux prix des denrées et nous éloignent des objectifs environnementaux et sociaux

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