Carcassonne (AFP) – Plusieurs familles de la vallée de l’Orbiel (Aude), à proximité d’une ancienne mine, ont exprimé leurs vives inquiétudes après la découverte de taux d’arsenic plus élevés que la moyenne concernant au moins trois enfants mais l’Agence régionale de santé (ARS) s’est voulue rassurante mercredi.
Le quotidien L’Indépendant et Médiapart avaient révélé que trois garçons de 4, 7 et 9 ans, scolarisés dans les écoles de Mas-Cabardès et Lastours, avaient des taux d’arsenic par gramme de créatinine de respectivement 12, 20 et 15 alors que le niveau habituel dans la population est à 10 microgrammes/g.
Les parents de deux garçons, contactés par l’AFP, réclament notamment que leurs enfants « soient pris en charge pour un contrôle médical », a confié le père des enfants, Denis Morel, dont la famille s’est installée dans la région en 2012. Ses enfants ont subi de nouvelles prises de sang mercredi, car « l’arsenic est en partie éliminé par l’organisme humain, mais le reste peut se fixer », a-t-il expliqué.
« Cette préoccupation de santé publique n’est pas nouvelle dans ce secteur. La vallée de l’Orbiel, historiquement, est préoccupée par les suites de l’exploitation de la mine (d’or et d’arsenic) de Salsigne, où il y a des résidus importants d’arsenic », a indiqué lors d’une conférence de presse à Carcassonne le directeur général adjoint de l’ARS Occitanie, Jean-Jacques Morfoisse.
Il s’exprimait après avoir reçu plusieurs familles, dont celles des trois enfants, vivant dans cette vallée. « Je comprends l’émotion des familles, le médecin que je suis est rassuré par rapport à la situation. Notre rôle est de diminuer les risques. Et assurer la prise en charge des familles », a-t-il insisté.
« Un test positif n’est que le témoin d’imprégnation récente à l’arsenic dans les 15 jours précédents et en aucun cas le témoin d’une exposition durable. Pour ceux dont les tests sont au-dessus des normes habituellement admises, il faudra refaire ce test dans les deux mois », a assuré le responsable de l’ARS.
La « surveillance sanitaire régulière » de la population de la vallée « a été bousculée par l’épisode d’inondations fin 2018 quand (la rivière) l’Orbiel a débordé et a déplacé le risque, géographiquement », a-t-il souligné.
« Cour de récréation »
« Un certain nombre d’études sont conduites actuellement sur les sols pour déterminer s’il y a de nouveaux secteurs impactés, quel type de polluant et en quelle quantité. On aura les réponses début septembre ».
« Sur la base de ces résultats, le cas échéant, des études d’imprégnation de la population seront effectuées. Toute la prise en charge financière de ces examens relèveront de l’assurance maladie ou de l’ARS », a-t-il rappelé.
Les terribles inondations d’octobre 2018 dans l’Aude (14 morts) n’ont fait qu’aviver les craintes des habitants, d’autant que des analyses, réalisées quelque temps après les inondations par un expert indépendant, Philippe Behra, avaient mis au jour la présence d’arsenic à des taux inquiétants.
En avril, à Lastours, où sont scolarisés deux des trois enfants, le maire Max Brail a fait réaliser des analyses dans la cour de récréation de l’école, submergée lors des inondations. « On a découvert sur sept points des taux d’arsenic, mesurés de 80 à 580 microgrammes par gramme alors que la tolérance pour les sols est de 50 microgrammes par gramme », a indiqué mercredi M. Brail à l’AFP.
« On a décidé de creuser le sol sur l’ensemble de la cour et on est descendu jusqu’à 25 cm, soit un volume de 100 tonnes » évacué, a ajouté M. Brail.
Rien ne prouve que la contamination des enfants provienne de la cour de récréation car la pollution par les précipitations d’octobre n’est que la partie émergée du problème, avait prévenu en avril M. Behra, selon lequel « le plus important, ce sont les sédiments » pollués, stockés dans le lit de la rivière et transportés vers l’aval.
La mine de Salsigne, la plus importante mine d’or d’Europe et première mine d’arsenic du monde, a été exploitée pendant près d’un siècle jusqu’en 2004. Mais elle a légué en héritage des millions de tonnes de déchets toxiques stockés sur 5 sites alentour. Certains, dénoncent des associations, ont perdu de leur étanchéité.
© AFP
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3 commentaires
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Grossmann
Voir pour info
http://www.rivieres.info/gpr/A/aude.htm
ORTIS Simone
Bonsoir, c’est une honte, il faut quand même dire que plus de 350 mineurs sont morts du cancer.
Mon compagnon a été intoxiqué en 1990 à la mine d’or de Salsigne puisqu’il y travaillait. Il a maintenant des séquelles et pas des moindres, le système nerveux et musculaire est touché.
La Sécurité Sociale ne veut rien savoir, soi-disant que sa maladie est consolidée (elle n’évolue pas). Il lui arrive de hurler la nuit, tellement la douleur musculaire est importante.
La Sécurité Sociale lui a dit qu’il retourne les voir que le jour où il serait sur un charriot roulant.
Honte à vous les gratte-papiers qui ne savaient rien de la maladie.
J’ai appelé le journal de l’indépendant, la personne que j’ai eue m’a dit qu’on me rappellerait. J’attends encore, ça fait au moins 1 mois et demi.
Une honte, Salsigne c’est l’ETAT, c’est l’omerta, il ne faut surtout pas dramatiser. Alors que le site est pollué et sera pollué pendant des millénaires, lire tous les articles de wikipédia, il y a de quoi rester sans voix.
En attendant, on lui a retirer les indemnités Sécurité Sociale et il se retrouve au R.S.A.
Elle est belle la France, et honte à nous d’être français.
ORTIS Simone
Re bonsoir,
Je vois que vous mettez vous aussi le véto. Pas grave, vous êtes comme l’ETAT, comme la SECURITE SOCIALE, il faut en dire le moins possible n’est-ce pas ?
Comme pour le sang contaminé, comme le nuage de TCHERNOBIL qui s’est arrêté à la frontière, continuez à tout minimiser jusqu’au jour où les gens se révolteront.
Ne soyez pas un jour concerné, car vous comprendrez la douleur des familles.
BIEN DOMMAGE DE NE POUVOIR SE FAIRE ENTENDRE