Européennes : Hulot, muet sur son vote, pointe des « divergences » avec Macron

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Nicolas Hulot le 22 novembre 2018 à Saint-Cloud © AFP/Archives Bertrand GUAY

Paris (AFP) – L’ancien ministre de l’Écologie Nicolas Hulot a refusé vendredi de livrer son choix pour les européennes tout en reconnaissant des « divergences » avec Emmanuel Macron et en se disant favorable à la sortie des investissements écologiques de la règle des 3% de déficit.

« J’ai choisi » mais « je n’ai pas à me substituer aux consciences des gens », a expliqué M. Hulot sur BFMTV et RMC.

« A l’instant où je le dis, je divise et je réduis l’enjeu écologique à un enjeu partisan. Si demain on veut affronter le monde dans toutes ses difficultés on le fera en rassemblant », s’est-il justifié.

M. Hulot a cependant donné quelques indications sur son bulletin de dimanche. D’abord il ne votera pas « contre l’Europe ». « Il faut avoir une grande exigence de l’Europe, il ne faut pas voir seulement ce que l’Europe ne nous a pas apporté », a-t-il dit, semblant a priori exclure La France insoumise, eurosceptique, alors qu’il avait voté pour Jean-Luc Mélenchon en 2012.

Autre critère : il faut avoir « une approche intégrale et systémique. L’écologie ce n’est pas une variable d’ajustement. C’est un changement de matrice ». Alors que le président de la République « fait partie » de ceux qui « attendent (…) qu’une croissance exponentielle reparte », M. Hulot estime lui que « la croissance est un médicament qui tue ».

« Tout le monde n’a pas forcément, et c’est là peut-être qu’il peut y avoir une divergence, compris que le libéralisme est incompatible avec les enjeux écologiques », a-t-il affirmé.

Autre « petite différence », « si on est vraiment en état d’urgence écologique, alors on s’affranchit de tous les dogmes et notamment des dogmes budgétaires », a-t-il estimé. Lui-même propose de sortir les investissements écologiques des critères de Maastricht, c’est-à-dire de la règle des 3% maximum de déficit budgétaire, « sinon on n’y arrivera pas ».

Une proposition que l’on retrouve notamment dans les programmes de Yannick Jadot (EELV), Dominique Bourg (tête de liste de Urgence Ecologie, liste soutenue par Génération Ecologie), ou Raphaël Glucksmann (PS-Place publique).

M. Hulot, qui avait été candidat à la primaire EELV en 2011 pour la présidentielle, a reconnu une « forme de crédibilité » sur ces sujets des « écologistes politiques », sans en dire plus.

Proche de l’ancien ministre, le député Matthieu Orphelin (ex-LREM) avait affirmé dimanche ne pas pouvoir « décemment voter » pour la liste de la majorité aux élections européenne.

M. Hulot a annoncé sa démission du gouvernement en août 2018, ne s’estimant pas assez soutenu dans son action.

Interrogé sur l’arrêt du projet Montagne d’or, annoncé jeudi, M. Hulot a pris « acte avec satisfaction » de cette décision, soulignant que « c’était une telle incohérence que ça nous faisait perdre toute crédibilité ».

Mais « attention, j’ai cru voir dans le Journal officiel qu’il y a eu une autorisation pour une autre exploitation de mine d’or, allons au bout de la cohérence », a-t-il mis en garde.

Selon un arrêté du ministère de l’Économie du 13 mai, « la durée de validité du permis d’exploitation » donné à la Compagnie minière de Boulanger sur la commune guyanaise de Saint-Laurent-du-Maroni est prolongée « jusqu’au 16 janvier 2023, sur une surface inchangée de 35,4 km2 ».

© AFP

2 commentaires

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  • Super cette métaphore :
    « Contre les Racines »
    de Maurizio Bettini (Philologue- anthropologue italien) !

    Non, non, non, Je n’essaye pas de me rendre intéressant…Juste donner mon avis, sachant qu’à ce stade de l’´Évolution des Sapiens, tout ce qu’on écrit sur la Toile est automatiquement retenu quelque part enregistré dans cette immense intelligence globale d’Internet. Sans doute aussi que je serai parmi ceux qui diront aux résultats des Élections du 26 mai prochain « Alea jacta est » (le sort en est jeté) et devrai-je m’incliner face au suffrage universel, figeant le sort des Européens. Mon avis ? Le seul parti (ou mouvement, je préfère) auquel je crois, qui donnerait une toute petite chance à empêcher le naufrage de nos destinées, serait celui ayant récolté le moins de voix. Je sais c’est absurde… c’est pourtant à l’image de ces embarcations qu’à coups de botte (italienne) on tente de repousser, qui coulent en Méditerranée. Oui, je fais partie de cette minorité qui se tourne vers le Sud, vers ces migrants qui ont eu le courage de s’être arrachés de leurs racines pour survivre…qui sont peut-être, à mon humble avis, cette semence bien utile à l’Europe du futur.

    Cette chanson écrite, il y a plus de trois ans, n’aurait-elle pas sa place en ce moment de réflexion pré-électorale?

    mesparaboles.blogspot.be

    Lampedusa

    Méditerranée ! Méditerranée !
    La coupe a débordé à Lampedusa

    Est-ce le prélude ou que sonne le glas
    À propos du débat entre le Nord le Sud?

    Méditerranée ! Méditerranée !
    Théâtre de conflits depuis tant d’années

    Méditerranée ! Mère de nos cultures
    Autrefois si dure Envers la négritude

    Sur les côtes du Nord des yachts de milliardaires
    S’ennuient dans les ports peu de monde à bord

    Sur les côtes du Sud des esquifs en bois rude
    S’entassent familles entières rêvant d’un mieux être

    Bateaux de fortune combien de naufrages
    Avant de faire la une et puis qu’on tourne la page

    Méditerranée ! Méditerranée !
    La coupe a débordé à Lampedusa

    Ils se veulent libres, vivre dans l’Union
    Où tous les hommes ici semblent égaux

    On aura beau faire Schengen et frontières
    Vivants ou même morts ils passeront encore

    Méditerranée ! Méditerranée !
    Comment voulez-vous que notre indifférence
    Puisse résister à cette évidence

    À Lampedusa, à Lampedusa

    • sophie

    Merci à Nicolas Hulot d’ avoir gardé son secret de vote.
    Si les sondages et autres pronostics n’ existaient pas les campagnes électorales se dérouleraient probablement mieux en obligeant à se centrer sur les contenu des programmes !