Le Botswana lève l’interdiction de chasser l’éléphant


Des éléphants dans le nord du Botswana, le 20 septembre 2018 © AFP/Archives MONIRUL BHUIYAN

Gaborone (Botswana) (AFP) – Le Botswana a levé mercredi l’interdiction de chasser l’éléphant sur son territoire, faisant valoir que la population des pachydermes avait augmenté et avait un effet négatif sur les revenus des agriculteurs.

Cette mesure devrait susciter les protestations des défenseurs de la biodiversité mais se révéle populaire auprès des électeurs ruraux, en prévision d’un scrutin présidentiel prévu en octobre.

La chasse commerciale aux animaux sauvages menacés, dont les éléphants, avait été interdite en 2014 par le président botswanais Ian Khama, fervent protecteur de l’environnement.

Mais les députés du parti au pouvoir faisaient pression pour lever l’interdiction, affirmant que les populations d’éléphants étaient devenues ingérables dans certaines régions de ce pays d’Afrique australe.

Et le nouveau président botswanais Mokgweetsi Masisi, arrivé au pouvoir l’an dernier, avait pris ses distances avec la politique de défense à tout prix de la faune sauvage initiée par son prédécesseur, ordonnant un réexamen de la mesure.

« Le Botswana a pris la décision de lever le moratoire sur la chasse », a annoncé le ministère de l’environnement dans un communiqué. Une étude a montré « que les conflits entre humains et éléphants ont augmenté en nombre et en intensité et affectent de plus en plus les moyens de subsistance » des habitants.

Le ministère a promis que la chasse reprendrait « de manière ordonnée et éthique ».

Le Botswana a de loin la plus importante population d’éléphants en Afrique, avec 135 000 individus recensés en 2015, qui se déplacent librement et dont beaucoup passent en Namibie, en Zambie et au Zimbabwe.

Certains experts estiment que leur nombre a presque triplé en trente ans, et pourrait désormais atteindre 160 000.

Le braconnage constitue la principale menace qui pèse sur les pachydermes, dont les défenses se vendent à prix d’or en Asie, notamment pour servir les besoins de la médecine traditionnelle.

Les défenseurs de la faune s’opposent catégoriquement au rétablissement de la chasse qui, selon eux, ruinerait le tourisme botswanais, un des piliers de son économie.

© AFP

Pour en savoir plus sur le sujet : Ecoexist – coexistence humains-éléphants

4 commentaires

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    • Michel CERF

    tuer de manière ordonnée et éthique , HONTE aux humains .

  • Peut-être y aurait-il un dialogue à établir entre ces géants et l’homme. On sait qu’ils ont une mémoire à tout épreuve et certainement une intelligence qui nous dépasse. À tout problème, il y a toujours une solution!

  • Ils ont beau en avoir « une », sont-ils une erreur de la Nature?; à mon humble avis, ne serait-ce pas plutôt l’homme qui se « trompe » en voulant encore plus d’ immenses champs de monoculture de par ex. palmiers, maïs, etc. (et glyphosate bien entendu) . L’idéal serait peut-être aussi d’introduire ces pachydermes dans les forêts amazoniennes.

    • sophie

    Classique et on a ce raisonnement, pardon « résonnement de cloche  » en France aussi.
    On donne le permis de tuer des espèces fragiles ( doux euphémisme) aux aficionados de chasse-loisir, prétextant une  » surpopulation » et des « dégâts considérables » pour les agriculteurs.
    Si ce n’ était si triste on se taperait le derrière par terre.

Brigitte Gothière, directrice de L214, explique pourquoi recourir à un Référendum d’Initiative Partagée pour défendre les animaux et interdire les élevages intensifs en France en 2040

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