L’océan Arctique, une « pépinière » de virus marins

virus marin

Photo prise le 7 juillet 2013 et transmise le 28 août 2013 par l'expédition scientifique Tara Oceans, où l'on voit la goëlette française Tara dans les eaux de l'Arctique © TARA EXPEDITIONS/AFP/Archives A.Deniaud

Paris (AFP) – L’océan Arctique est une véritable « pépinière » de virus marins, ont révélé des échantillons prélevés lors de l’expédition Tara Oceans, une découverte surprenante tant biodiversité foisonnante rime davantage avec tropiques qu’avec pôles, dans le monde animal et végétal.

« L’échantillonnage fait par Tara en 2013 en Arctique a permis de mettre en évidence une énorme diversité des virus », explique à l’AFP Chris Bowler, biologiste CNRS/ENS/PSL qui compare cette région polaire à « une pépinière » de virus.

« Et le changement climatique va clairement modifier cela », ajoute le chercheur coordinateur scientifique de l’expédition Tara Oceans.

La goélette avait parcouru, entre 2009 et 2013, 140.000 km sur tous les océans de la planète, pour percer les mystères de l’écosystème planctonique qui constitue 90% de la biomasse des océans et produit 50% de l’oxygène.

« De plus, les océans absorbent la moitié du dioxyde de carbone de l’atmosphère », explique Matthew Sullivan de l’université d’Ohio aux États-Unis, coauteur de l’étude qui sera publiée en couverture de la revue américaine Cell le 16 mai.

Au cours de leur périple, les chercheurs avaient prélevé 35.000 échantillons de plancton marin.

Dirigées par l’université d’Ohio, et impliquant des équipes du CEA, du CNRS, de l’EMBL, de l’ENS-PSL et de la Fondation Tara Oceans, ces nouveaux travaux ont permis de porter le nombre de populations virales océaniques connues de 16.000 à près de 200.000.

Selon Chris Bowler, les océans pourraient en contenir jusqu’à un milliard.

« Les virus sont des petites choses qu’on ne peut pas voir, mais comme ils sont présents en très grand nombre, ils sont vraiment importants », juge Matthew Sullivan.

Ces virus infectent les organismes. Chaque virus a une cible spécifique. Certains infectent les poissons, d’autres des micro-organismes du plancton (d’origine végétale, phytoplancton, ou animale, zooplancton, des bactéries), qui dérivent dans les océans au gré des courants.

« Nous percevons les virus comme quelque chose de méchant mais ils sont là pour assurer le bon fonctionnement des écosystèmes », explique Chris Bowler. « Si un organisme commence à dominer, à être trop abondant, ils permettent le retour à l’équilibre ».

Reste encore à comprendre qui infecte qui, dans quelle proportion tel ou tel virus est présent et où, quels facteurs déterminent leur abondance ou encore quel rôle ils jouent dans la séquestration du carbone de l’atmosphère par les océans…

© AFP

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  • Matthew Sullivan de l’université d’Ohio a parfaitement raison d’estimer que le gaz carbonique généré par la combustion des produits fossiles est absorbé par les océans

    Étant plus lourd que l’air il se répand à la surface des océans et se dissout dans l’eau salée avant de partir vers les couches supérieures de l’atmosphère emporté par la vapeur d’eau du fait de l’évaporation provoquée par les rayons solaires

    Ceci en affectant le climat et la température sur terre par le fait que l’énergie réfléchie par la terre du fait des gaz à effet de serre devient inférieure à l’énergie reçue du soleil par radiation

    Plus grave encore pourrait être qu’en augmentant l’acidité de l’eau de mer à la surface des océans il affecte la chaine alimentaire des especes marine vivants à la surface

    Voir à ce sujet le chapitre de mon livre sur les chaînes énergétiques

    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/LCU_fichiers/LT-chaines-energetiques.pdf