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Un monstre au paradis, le plastique menace toute vie aux Galapagos

plastique galapagos

Une bénévole ramasse une bouteille en plastique sur l'île Isabela aux Galapagos, le 17 février 2019 © AFP Rodrigo BUENDIA

Galapagos (Ecuador) (AFP) – Juste armés de gants, gardes du parc des Galapagos et bénévoles combattent un monstre créé par les humains: des tonnes de plastique que les courants marins poussent jusque dans les estomacs des animaux uniques de cet archipel de l’océan Pacifique.

A un millier de kilomètres des côtes d’Equateur, s’est engagée une guerre inégale, mais décisive pour la protection d’un éden qui a inspiré sa théorie de l’évolution à Charles Darwin, un éco-système inédit sur la planète.

Les déchets des grandes métropoles parviennent jusqu’aux îles, dégradés en micro-particules de plastique, une menace majeure pour les iguanes, les tortues, les poissons et les oiseaux qui n’existent nulle part ailleurs.

Ce micro-plastique « en arrive à pénétrer l’organisme d’espèces dont nous nous alimentons ensuite », a expliqué en outre à l’AFP la biologiste Jennifer Suarez, experte en éco-systèmes marins du Parc national des Galapagos (PNG).

Les radiations solaires et la salinité des mers détériorent bouteilles, bouchons, emballages, filets de pêche, etc. D’abord dur comme une pierre, le plastique se désintègre, au contact des rochers et par la force de l’eau, en micro-particules qu’ingère la faune.

Chaque année, sous un soleil implacable, des « commandos » de nettoyage débarquent sur les plages et les zones rocheuses pour tenter de limiter les dégâts.

Des ordures de plastique de toutes sortes se mêlent et s’accumulent face aux côtes, s’infiltrent jusque dans les fissures des couches de lave volcanique pétrifiée des Galapagos.

Gadgets sexuels, sandales, briquets, stylos, brosses à dents, bouées, mais aussi canettes en aluminium polluent les zones de repos des animaux, dont certains sont en danger d’extinction.

Dans des parties inhabitées, comme Punta Albemarle, à l’extrême nord de l’île Isabela où est parvenue l’AFP, les nettoyeurs ramassent des déchets issus d’ailleurs, parfois de l’autre côté de la planète.

L’archipel équatorien, qui compte environ 25.000 habitants, a restreint ces dernières années l’entrée du plastique sur son territoire et son usage.

« Plus de 90% des résidus que nous collectons ne proviennent pas d’activités productives aux Galapagos, mais d’Amérique du Sud, d’Amérique centrale, et même une grande quantité de déchets sont de marques asiatiques », précise Jorge Carrion, directeur du PNG.

Ces résidus viennent « probablement de flottes de pêche originaires d’Asie qui opèrent autour de la zone économique exclusive des Galapagos », ajoute-t-il, debout sur le quai du parc à Puerto Ayora, chef-lieu de l’île Santa Cruz.

Depuis 1996, des artisans pêcheurs nettoient aussi les îles les plus éloignées et depuis trois ans, les déchets collectés sont notés dans un registre.

« Cela nous sert à identifier l’origine des ordures qui arrive sur les côtes non peuplées. Il a été répertorié que la plus grande quantité de marques sont péruviennes et chinoises », précise Jennifer Suarez.

Bien qu’il n’existe encore aucune législation, l’idée est que ce recensement permette un jour de réclamer des compensations pour dégâts environnementaux.

Au cours du premier trimestre de 2019, huit tonnes de déchets ont été ramassés, 24,23 tonnes pour toute l’année 2018 et 6,47 tonnes en 2017.

Les gardes font un autre inventaire, plus affligeant, des animaux affectés, tels les cormorans, qui édifient leur nids avec des couches-culottes, ou le cadavre d’un fou à pattes rouge enfoui dans des ordures.

Indignés, les nettoyeurs trouvent des sacs de plastique marqués de morsures de tortues marine, qui les confondent avec les méduses dont elles s’alimentent.

« Nous jetons tant d’ordures à la mer et elles arrivent sur des côtes où il n’y a même pas de gens! », déplore Sharlyn Zuñiga, 24 ans, bénévole.

Cette étudiante de la région amazonienne de Pastaza a découvert aux Galapagos des plages vierges, au sable blanc jonché de déchets.

« C’est très dur! Nous ne voyons jamais que la face la plus belle des Galapagos, en photos, en cartes postales », s’indigne-t-elle.

Bien que les vagues ne cessent de déverser des résidus, les nettoyeurs s’acharnent et défendent leur tâche, qui semble sans fin sur ces îles classés au Patrimoine naturel de l’humanité par l’Unesco.

En fin de mission, d’énormes sacs de déchets de plastique sont chargés à bord d’un bateau qui met le cap sur Puerto Ayora, d’où ils seront expédiés sur le continent pour y être incinérés.

« Nous éliminons les ordures qui s’accumulent sur ces sites, évitant ainsi qu’elles continuent à se dégrader en micro-particules », ajoute la biologiste Jennifer Suarez.

« Nous devons aller plus loin que le seul ramassage des résidus. Nous devons en appeler aux consciences à l’échelle mondiale afin d’arrêter de jeter des ordures en milieu marin », estime le directeur du PNG.

© AFP

3 commentaires

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    • Claude Renaud

    Ne comptez pas sur la bonne conscience de 7,5 milliards de consommateurs. 80% des déchets
    plastique viennent de la terre, via les fleuves. Beaucoup de pays n’ont pas de déchetteries
    organisées et leurs déchets s’entassent à l’air libre, formant des montagnes où les plastiques les
    plus légers sont emportés par le vent.
    La seule solution est d’arrêter d’en fabrique en amont. Mais l’industrie pétrochimique ne l’entend
    pas de cette oreille et va continuer à en fabriquer de plus en plus.
    Il ne faut pas se leurrer, la vie marine est condamnée à mourir et l’Humanité suivra.
    Notre comportement est suicidaire, mais nous ne voulons pas l’admettre.

    • sophie

    Chez nous, la faune sauvage obligée de devenir nocturne pour tenter d’ échapper aux humains super prédateurs, se meurt en ce printemps:
    – crapauds écrasés même sur les routes secondaires en cul de sac ( ils agonisent souvent longtemps, le saviez-vous?)
    – je ne vois plus de hérissons. Ceux , écrasés, étaient de plus en plus jeunes au fur et à mesure que les années passaient.
    – pas d’ insectes alors que les fruitiers sont en pleine floraison ( dans ma région du sud)
    Quand ce ne sont pas les véhicules qui écrasent , ce sont le gentils chasseurs écolo qui tirent ou leurs pièges infâmes qui tuent à petit feu. QUOI?QUI? personne ne va vérifier! Ce matin à 7 h un coup de gros calibre pour tuer …un chevreuil? un sanglier? un blaireau? un renard? Pourtant tous veulent vivre et cherchent un partenaire en ce moment!
    N’ oublions pas les poisons des jardins, les piscines ou bacs sans possibilité d’ en sortir qui provoquent des noyades…
    Nous créons l’ ENFER partout où nous vivons et même au delà.