Climat: manif mondiale de la jeunesse pour sauver la planète

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Les lycéens et étudiants manifestent pour sensibiliser au changement climatique, le 15 mars à Wellington © AFP Marty MELVILLE

Wellington (AFP) – Des milliers de jeunes ont commencé à se mobiliser vendredi matin dans plusieurs pays d’Océanie et d’Asie pour sensibiliser les responsables politiques aux dérèglements climatiques, répondant à l’appel lancé par la Suédoise Greta Thunberg et des associations écologistes.

« Le temps est en train de fondre », et « Agir maintenant ou nager », pouvait-on lire sur certaines pancartes dans le premier défilé à Wellington, la capitale néo-zélandaise, où des centaines de lycéens et étudiants ont initié le mouvement.

Il a cependant été rapidement terni par les fusillades meurtrières dans deux mosquées à Christchurch (sud de l’archipel océanien). La police locale a demandé aux parents d’élèves de ne pas aller les chercher en centre-ville pendant le quadrillage du quartier dans la foulée de ces attaques.

Cette journée de sensibilisation était prévue « dans 1.769 endroits et 112 pays », a tweeté Greta Thunberg jeudi soir. La liste affichée sur le site internet de son mouvement, FridaysforFuture, avait ensuite dépassé 2.000 lieux, avec l’Italie, la France et l’Allemagne en tête de peloton.

Des milliers de jeunes ont embrayé vendredi à Sydney, Bangkok et Hong Kong, avec comme mots d’ordre « Il n’y a pas de planète B », « Vous êtes en train de détruire notre avenir » ou encore « Si vous n’agissez pas comme des adultes, nous le ferons ».

A Sydney, Edward Gay, 18 ans, a fait le voeu d’une « énergie 100% renouvelable », estimant que « c’est la seule manière de sauver des vies dans ce pays et partout dans le monde ».

Charles Rickwood, du même âge, a pointé également auprès de l’AFP le danger couru par la Grande Barrière de corail: « Si les tendances environnementales actuelles se poursuivent, on va avoir une hausse d’un, deux degrés dans l’océan, cela deviendra tout simplement insoutenable et nous pourrions perdre la Grande Barrière de corail ».

Greta Thunberg, qui s’est fait connaître en brandissant seule tous les vendredis depuis l’été une pancarte « grève de l’école pour le climat » devant le Parlement de Stockholm, a relayé sur Twitter des images de manifestations en Australie, au Japon, ou encore, plus modestes, aux Philippines et au Vanuatu.

La mobilisation de la Suédoise de 16 ans, qui a été proposée pour le prix Nobel de la paix 2019, était jusqu’alors suivie dans quelques pays seulement, notamment en Belgique ou en Allemagne, où les jeunes manifestent par milliers parfois, de façon hebdomadaire.

« Nous faisons grève pour dire à nos gouvernements de faire leurs devoirs et de nous montrer des preuves! », dit l’appel publié sur Facebook. A savoir des preuves que le monde prend les mesures nécessaires pour limiter le réchauffement à un maximum de +2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, comme prévu par l’Accord de Paris.

L’initiative des jeunes n’a pas été du goût de certains enseignants et politiques.

« Quitter l’école pendant des heures pour protester n’est pas quelque chose que nous devrions encourager pour les étudiants », a par exemple dit le ministre australien de l’Education, Dan Tehan, sur une radio publique. « Surtout quand il y sont encouragés par des activistes politiques verts ».

A l’inverse, les jeunes manifestants néo-zélandais avaient reçu le soutien de leur Première ministre, Jacinda Ardern. « Ne sous-estimez pas le pouvoir de votre voix », a dit la travailliste de 38 ans à des étudiants cette semaine au Parlement. « Trop souvent, nous affirmons qu’il faut être en âge de voter pour avoir une influence. Ce n’est pas le cas », a-t-elle assuré.

« Emmenez avec vous autant de gens que vous le pouvez parce que nous ne pourrons pas atteindre nos objectifs seuls », avait-elle ajouté dans un communiqué.

Plusieurs maires de l’alliance C40 des grandes villes pour le climat, comme Paris et Milan, ont apporté leur soutien aux jeunes.

Cette mobilisation des jeunes s’inscrit aussi dans un mouvement citoyen plus large pour le climat, avec des actions de désobéissance civile ou des recours en justice comme la plainte pour « inaction climatique » qui a été déposée jeudi à Paris contre l’Etat français par quatre ONG soutenues par plus de 2 millions de pétitionnaires.

© AFP

3 commentaires

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    • Jean-Pierre Bardinet

    Sachons raison garder et voyons ce que donnent les chiffres en supposant que les thèses du GIEC soient exactes, selon l’analyse de l’économiste Rémy Prud’homme.

    Le parti au pouvoir est secoué sur une question grave : D’ici 2050 la France doit-elle diviser ses rejets de CO2 par 4, par 6 ou par 8 ? Le diviseur était depuis longtemps fixé à 4, un objectif dont on voit d’ailleurs mal comment il pourrait être atteint. Mais qui ne suffit pas aux lycéens et aux écologistes. L’avenir du climat, et de l’espèce humaine, sont en balance. Qu’à cela ne tienne, portons-le diviseur à 6 ont dit les modérés du parti. Non, ont protesté quelques extrémistes, et les ONG. Il nous faut 7, ou 8. Pour éclairer ce choix stratégique crucial, et ramener la paix au sein du gouvernement, nous avons cherché à estimer ce qui est en jeu, c’est-à-dire les conséquences sur le climat.
    On le fait en s’appuyant sur les données du GIEC, qui n’est pas suspect de minimiser la gravité du problème. Le GIEC nous dit que la température du globe dépend du stock de CO2, et plus précisément qu’un doublement de ce stock causera une augmentation de 1,5 degré centigrade (dans l’immédiat, davantage un siècle plus tard). Le stock augmente chaque année de la moitié des émissions annuelles de CO2, l’autre moitié étant absorbée par les océans et la végétation. Le stock de CO2 de l’atmosphère est actuellement de 3200 milliards de tonnes. Les rejets actuels du globe sont de 33 milliards de tonnes, ceux de la France 0,33 milliards de tonnes. Ces quatre chiffres suffisent pour apprécier les enjeux.
    Il est facile de calculer que si l’ensemble du globe, y compris la France, continuait d’émettre du CO2 au niveau actuel, le stock de CO2 augmenterait d’ici 2050, et la température du globe avec lui : d’environ 0,2 degré centigrade. La contribution de la France à cette intolérable augmentation de température serait de 0,0026 degré. Mieux vaut s’exprimer en dix-millièmes de degré : 26 dix-millièmes de degré. Si la France réduisait à zéro ses rejets progressivement d’ici à 2050, la température du globe en 2050 en serait diminuée de 13 dix-millièmes de degré.
    La division par 4 de nos rejets entraînerait une moindre augmentation de température de 10 dix-millièmes de degré ; une division par 6 de 11 dix-millièmes ; et par une division par 8 de 12 dix-millièmes. L’enjeu du débat sur le diviseur est donc de 1 dix-millièmes de degré. Peut-on, sans se faire trop insulter, suggérer que cela n’est pas considérable ?
    Puisque la question passionne, c’est le mot, les lycéens, elle pourrait faire l’objet d’un joli exercice pluridisciplinaire. La professeure de sciences de la terre poserait le problème. Le professeur de mathématiques superviserait les calculs. La professeure d’économie expliquerait (soyons optimistes) pourquoi il n’est pas très utile de calculer des bénéfices en ignorant les coûts. Le/la professeur(e) de français commenterait le chapitre 8 du Quart-Livre de Rabelais qui raconte l’histoire des moutons de Panurge. Et le professeur d’histoire évoquerait les prêtres et les courtisans de Byzance discutant du sexe des anges en 1453, lorsque les troupes ottomanes faisaient le siège de la ville

    • Jean-Pierre Bardinet

    Ce qui est très étrange, c’est que l’on ne voit pas bien quelles seraient les actions que ces jeunes demandent à leurs gouvernements de mener, et il n’y a, que je sache, aucune proposition réaliste avec analyse avantages/inconvénients/coûts. Rêver d’une planète couverte d’éoliennes et de panneaux solaires n’est ni sérieux, ni rationnel. Voulez-vous que votre maison soit encerclée d’éoliennes de 150 m de haut à 500 m de chez vous ? Voulez-vous qu’une partie significative des forêts et des terres arables soient envahies d’éoliennes et de panneaux solaires ? Voulez-vous qu’il y ait sans cesse des délestages d’électricité parce que les EnR intermittentes ne produisent pas ? Voulez-vous payer une électricité deux ou trois fois plus cher que celle produite par le mix électrique traditionnel ? Voulez-vous que les éoliennes massacrent chauves-souris et oiseaux (rapaces, migrateurs) ? Voulez-vous que les citoyens soient sans cesse soumis aux nuisances de l’éolien (bruit, infrasons, effet stroboscopique) ? Voulez-vous ne plus utiliser de moteur thermique et vous déplacer à vélo ou en char à bœufs ? Voulez-vous que notre économie s’effondre à cause des surcoûts de la transition énergétique et donc qu’il y ait inflation du chômage ?

    • Claude Renaud

    Voulez-vous des températures à + 50° dans les décennies à venir ?
    Voulez-vous voir des sécheresses et des inondations catastrophiques autour de vous ?
    Voulez-vous voir la disparition de la biodiversité… les oiseaux, les papillons… et les coquelicots ?
    Voulez-vous voir la disparition de vos plages par la montée des eaux ?
    Voulez-vous voir la fin de l’Humanité ?
    Si oui, écoutez les conseils de Jean-Pierre Bardinet.

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