Macron veut aller « plus fort et plus vite » dans la transition écologique

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Emmanuel Macron arrive à Gréoux-les-Bains, le 7 mars 2019, pour un débat sur l'environnement © POOL/AFP Claude Paris

Gréoux-les-Bains (France) (AFP) – Emmanuel Macron a appelé à « aller plus fort, plus vite et plus loin » dans la transition écologique, en échangeant jeudi avec 400 personnes dans les Alpes de Haute-Provence sur l’environnement, un thème jusqu’à présent peu abordé dans le grand débat.

« Je comprends l’impatience de la jeunesse », a déclaré le chef de l’Etat en répondant à des collégiens qui lui ont exprimé leur inquiétude sur un ton direct dans la salle des fêtes de Gréoux-les-Bains.

« Qu’est-ce que vous entendez par écologie, alors qu’encore aujourd’hui des usines peuvent déverser leurs déchets dans la mer, les pesticides polluent nos sols et donc notre alimentation, que 20.000 tonnes de déchets électroniques en Europe sont envoyés au Nigeria? », lui a demandé Charlie, du collège de Saint-André des Alpes.

« Quand est-ce que vous allez réagir, puisque vous en avez le pouvoir? », a-t-il ajouté, chaleureusement applaudi par l’assistance composée d’une centaine de jeunes, de maires, d’agriculteurs et de responsables d’associations de la région du Verdon.

La transition écologique vise à « passer d’un modèle à l’autre », a répondu M. Macron. « Notre défi, c’est de le faire le plus vite possible. Je crois qu’on peut faire plus vite, plus fort, plus loin, en donnant plus de pouvoirs au local et en changeant de méthodes ».

« Puisque c’est l’argent qui nous a poussés à négliger l’écologie, pensez-vous qu’on pourra acheter une nouvelle planète avec de l’argent? », lui a aussi demandé Charlie.

Pour le Président, « le modèle du tout argent est terminé ». « Mais il faut produire. Il y aura toujours de l’argent, mais l’argent il ne faut ni le détester ni l’adorer, il faut le voir comme un moyen de faire les choses », a assuré celui qui est souvent présenté par ses opposants comme « le président des riches ».

Venus de différents collèges, les jeunes avaient reçu comme consigne de poser des questions « uniquement sur l’environnement, pas sur les gilets jaunes ou autre chose », selon Mélanie, de la petite ville d’Oraison.

Organisée une semaine avant la fin du grand débat, cette réunion est la dixième à laquelle participe le chef de l’Etat depuis qu’il a lancé, à la mi-janvier, la grande consultation censée répondre à la crise des « gilets jaunes ».

Une trentaine de manifestants ont tenté de pénétrer dans le périmètre de sécurité autour de la salle des fêtes de Gréoux-les-Bains.

Les Alpes de Haute-Provence ne sont qu' »un petit bout de France, mais qui représente le pays « avec ses beautés, ses fiertés et ses galères », a dit Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, présent en tant qu’ancien maire de Forcalquier.

Ce département « compte autant de moutons que d’habitants, environ 160.000 », résume René Massette, le président du Conseil départemental. Avec ses trois parcs naturels (Verdon, Luberon et Mercantour), « l’environnement est l’une de nos richesses pour développer le tourisme et l’agriculture », souligne l’élu.

Accusé par une partie de l’opposition de délaisser les enjeux environnementaux, Emmanuel Macron a tenu à afficher de nouvelles ambitions cette semaine. Dans sa tribune sur l’Europe, il a appelé l’Union européenne à créer une « Banque européenne du climat pour financer la transition écologique » afin d’atteindre le « 0 carbone en 2050 » et une « division par deux des pesticides en 2025 ».

Lundi, il a réuni à l’Elysée les membres du « One Planet Lab », le laboratoire d’idées lancé pour faire avancer la transition écologique.

Mais la pression a été renforcée le lendemain par l’appel lancé par son ancien ministre Nicolas Hulot, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger et 19 organisatons pour « rendre définitivement indissociables l’enjeu écologique et l’enjeu social.

Après le débat à Gréoux-les-Bains, troisième station thermale de France, Emmanuel Macron visitera le village de Sainte-Croix, sur les bords du lac du Verdon, l’un des sites les plus touristiques de Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA).

Après cette région, il restera au Président à rencontrer les élus de quatre régions dans le cadre du grand débat. Il devrait se rendre en Corse, puis en Bretagne début avril et dans les Pays de la Loire, tandis qu’il recevra à l’Elysée les élus des Hauts de France, une région qu’il avait visitée en novembre pour le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

© AFP

4 commentaires

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    • Claude Renaud

    Faire plus vite, plus fort et plus loin, n’est qu’un voeu pieux.
    Parce que si Gréoux-les-bains n’est qu’un petit bout de France, la France n’est qu’un petit bout de
    la Planète. En admettant que le Président Manuel Macron, veuille faire des efforts en terme
    d’écologie, il n’est relayé ni par les médias, qui freinent des 4 fers, ni par la population, qui est
    ignorante des problèmes climatiques. A l’instar de Nicolas Hulot, il va dire « où sont mes troupes ».
    Le réchauffement climatique est un problème qui concerne tout le monde, mais peu se sentent
    concernés.

  • Il faut espérer que qu’on pourra faire plus vite, plus fort et aller plus loin pour la transition écologique. Ceci en donnant plus de pouvoirs au local et en changeant de méthodes. Entendre E.Macron dire que la transition écologique vise à « passer d’un modèle à l’autre » est lourd de conséquence mais cela rassure dans la mesure où cela est exact. Si le but de la transition écologique est pour l’Europe de montrer l’exemple et d’atteindre un objectif aussi ambitieux que le « 0 carbone en 2050, à savoir dans une trentaine d’années, créer une « Banque européenne du climat pour financer la transition écologique est la bienvenue. Cette création ne pourra toutefois pas résoudre tous les problèmes. Nous arriverons peut-être avec beaucoup de courage à supprimer la combustion du charbon, du pétrole, du fioul, de l’essence et même du gaz à cette échéance mais je doute que l’on y parvienne dans un temps aussi court avec le kérozène et les vols internationaux.

    Concernant le financement des infrastructures, la dette a beau être selon Michel Rocard, je cite : « une construction artificielle créée par les banques avec le consentement des états pour dépouiller les peuples et en faire des esclaves à leur solde », il est clair pour moi que la phrase « le modèle du tout argent est terminé » prononcée par notre Président ne sera pas suivi dans les faits. Ceci même si l’on s’accorde à dire que le coût de l’inaction est plus élevé que celui de l’action. Les gouvernements comme les individus sont confrontés à la nécessité d’équilibrer leur budget et n’auront pas d’autre choix que de taxer le kérozène.

    Quelque soit la décision prise à ce sujet c’est lorsque l’on va « passer d’un modèle à l’autre » en remplaçant les paroles par des actes que cela va être le plus dure. Ce passage sera d’autant plus difficile que les résolutions du Conseil économique, social et environnemental (CESE) faisant suite à la publication du rapport du GIEC sont formulées en termes si généraux qu’il est difficile de comprendre la forme d’actions qui va devoir être entreprise sur le plan pratique pour assurer notre transition écologique.

    La résolution du CESE concernant la température de notre maison commune, la terre, votée à la majorité moins une voix est la constatation que nous prenons dès à présent du retard en ce qui concerne les accords de Paris et la réduction de la quantité de gaz à effet de serre émise par l’homme du fait de la combustion des produits fossiles.

    Il est difficile de comprendre pourquoi une augmentation de la température sur terre limitée à 1°C depuis l’ère industrielle provoque un dérèglement climatique aussi considérable mais les faits sont là. Ce qui est cependant plus facile à comprendre pour un mécanicien qui a des notions en ce qui concerne la fonction de transfert d’un système, qu’il s’agisse d’un logement et de sa chaufferie ou de la terre chauffée par le soleil, est le fait que si la puissance émise par la chaufferie ou le soleil reste constante, la température à l’intérieur du logement ou sur notre planète augmente progressivement dans le temps si l’isolation s’améliore. Voir

    https://www.dropbox.com/s/qa7a2ssxxvo2tsv/LT-conservation-energie.pdf?dl=0

    Vous l’avez compris : l’isolation qui s’améliore c’est en fait la quantité de gaz à effet de serre qui augmente. Vous l’avez aussi peut-être deviné : la puissance qui reste constante à l’échelle de temps humaine c’est la puissance qui nous arrive du soleil par radiation.

    Aller dans le sens des résolutions du CESE, c’est seulement supprimer les émissions de gaz à effet de serre et les risques d’aggravation du climat qui sont liées. Ce n’est pas pour homo sapiens l’assurance que ses besoins en énergie seront satisfaits dans une cinquantaine d’années lorsque nos réserves d’énergie fossile non renouvelable seront épuisées, Une période en revanche bien courte à échelle de temps humaine ! Nous allons donc devoir assurer notre transition écologique en agissant dans la pratique également pour cette raison.

    Il y a, on le voit urgence à agir de telle sorte qu’Homo sapiens puisse assurer ses besoins en énergie thermique électrique et mécanique dans une cinquantaine d’année sans faire appel ni aux combustibles fossiles ni au nucléaire. Il devra pour cela améliorer ses outils voire même en créer de nouveaux de telle sorte qu’il puisse prélever au mieux de ses intérêts les énergies dites libres à la plus forte potentialité dans de bonnes conditions de performances. Voir
    http://infoenergie.eu/riv+ener/formes-energie.htm

    Ceci en tenant compte que l’énergie grise nécessaire à la fabrication de l’outil devra être la plus faible possible. Voir https://www.dropbox.com/s/spzzy6qvt645vjd/Lexique.pdf?dl=0

    • sophie

    Evidemment oui, un thème totalement occulté, pour la simple raison que depuis 4 mois et à cause de ces gj consuméristes qui ne savent pas gérer leur budget on ne parle que de fric et encore de fric.

    La vague jaune fluo a totalement occulté la vague verte qui commençait enfin à se développer suite au départ de N.Hulot : rien ou presque dans les innombrables articles, réflexion, débats liés à ces gj au sujet de la Biodiversité, de notre rapport aux animaux, de nos saccages de nos cruautés: RIEN!

    On en parle que de nous et de notre confort , pouvoir d’ achat et autres pleurnicheries ego centrées
    Ecœurant et désespérant.

    Et finalement quand on commence à évoquer l’ écologie à Gréoux les Bains, ce n’ est pas pour citer ce magnifique projet de l’ Aspas ( sanctuaire de 500ha dédié à la faune sauvage, sans humains) …mais pour parler de massacrer plus de loups !!!…

    On n’ y arrivera pas et on mérite de disparaitre de la Terre avec tout le mal qu’on continue de faire en toute conscience et sans vergogne

  • J’ai tenté d’expliquer au travers d’un long message qu’il y avait peut-être un Macron 2 en passe de remplacer le Macron 1 qui visiblement a jusqu’ici laissé de côté pour des raisons financières le dérèglement climatique et l’épuisement de nos réserves naturelles.
    mon message n’est pas passé

    Je mets un lien en espérant qu’il va passer et su’on pourra ainsi accéder à mes convictions

    https://www.dropbox.com/s/8j5roiznenj97nd/macron2.docx?dl=0