Après Hulot, des dossiers brûlants en suspens

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Après le solaire et l'éolien terrestre, l'avenir des énergies marines est sur la table © AFP/Archives LOIC VENANCE

Paris (AFP) – Du nucléaire à la réintroduction d’ours, voici quelques dossiers brûlants que le successeur de Nicolas Hulot trouvera sur son bureau si les contours de son très large portefeuille ne sont pas modifiés.

Nucléaire

Le nucléaire sera au coeur de la feuille de route énergétique 2019-2023 et 2024-2028, attendue après l’été.

Alors que Nicolas Hulot avait annoncé en novembre que la France ne pourrait pas tenir l’objectif de ramener la part de l’atome de 75% à 50% de la production d’électricité à l’horizon 2025, nombre de questions restent en suspens, comme le nombre de réacteurs à fermer.

Le ministre démissionnaire avait promis un « échéancier » précis sur la fermeture de centrales. En jetant l’éponge, il a laissé entendre qu’il avait eu des difficultés à imposer ses vues.

Un rapport commandé par son ministère et celui de l’Economie recommande la construction de six nouveaux EPR à compter de 2025. Bruno Le Maire a préconisé jeudi d’attendre que l’EPR de Flamanville (Manche) soit achevé avant de décider d’en bâtir d’autres.

Énergies renouvelables

L’objectif est de développer les énergies renouvelables, alors que les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse en France en 2017. Après le solaire et l’éolien terrestre, l’avenir des énergies marines notamment est sur la table.

Le résultat de l’appel d’offres du parc éolien marin de Dunkerque doit être annoncé en 2018, tandis qu’un appel d’offres pour l’île d’Oléron annoncé lors du précédent quinquennat, est attendu. Dans l’éolien flottant, les acteurs attendent un premier appel d’offres commercial.

La France, mise en demeure par la Commission européenne en 2015 d’ouvrir à la concurrence ses concessions hydroélectriques, aurait proposé à Bruxelles la mise en concurrence de certaines concessions dès cette année qui limiterait la place d’EDF.

Transports

Alors que les transports sont la première source d’émissions de gaz à effet de serre en France, le projet de loi d’orientation sur les mobilités doit être présenté à l’automne.

En cours de finalisation, le texte comprend des volets sur la programmation des infrastructures, l’évolution des compétences des diverses autorités locales, les mobilités propres (qualité de l’air, circulation en ville…). La partie « recettes » risque de faire grincer des dents, si l’Etat choisit d’instaurer une vignette poids lourds ou des péages sur des routes gratuites.

Le ministère des Transports, qui dépend de celui de la Transition écologique, doit présenter en septembre un « plan vélo » visant à multiplier par trois la part du vélo d’ici 2024, avec la construction de pistes cyclables, des incitations… Les associations demandent 200 millions d’euros par an, ce que Nicolas Hulot avait qualifié de « faisable ».

Loi Alimentation

Fin en septembre de l’examen au Parlement de la loi Alimentation, pilotée par le ministère de l’Agriculture mais suivie de près par Nicolas Hulot. Certains voudront-ils reparler du taux de bio dans les cantines ? Ou du glyphosate, alors que les députés avaient rejeté un amendement, soutenu par Hulot, inscrivant la fin du pesticide d’ici trois ans ?

Constitution

Les députés ont donné en juillet leur feu vert à l’inscription de la « préservation de l’environnement » à l’article 1er de la Constitution. Mais l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendue jusqu’à la rentrée.

Biodiversité

Après la présentation en juillet d’un plan biodiversité sans grandes mesures contraignantes, certains défenseurs de l’environnement craignent que cette question retombe dans l’oubli. Se pose la question de définir l’échéance de l’objectif de zéro artificialisation nette des sols ou la mise en oeuvre de la réforme de la chasse.

– Ours –

Nicolas Hulot avait annoncé au printemps la réintroduction à l’automne de deux nouveaux ours dans les Pyrénées. Le plan ours publié en mai évoque des lâchers, sans autre précision. Les éleveurs de brebis espèrent que le futur ministre renoncera à cette opération symbolique.

Eau

La deuxième phase des Assises de l’eau se penchera sur la préservation de la ressource en eau. Un risque de querelle entre défenseurs de l’environnement et agriculteurs, en particulier sur l’irrigation.

Gaz

En juillet 2017, le Conseil d’Etat a jugé les tarifs réglementés contraires au droit européen, imposant à l’Etat de les supprimer. Le gouvernement envisage une fin à l’horizon 2023 pour tous les particuliers, mais doit préciser comment la mettre en oeuvre.

© AFP

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  • Il serait bon que notre gouvernement dissocie l’écologie et le problème mondial de l’énergie de telle sorte que l’avenir de l’ours dans les Pyrénées ne soit pas mélangé dans Goodplanet avec le problème de la transition énergétique.

    Quoiqu’il advienne dans notre organisation suite au départ de Nicolas Hulot, il me semble que le bon sens exige que l’on se préoccupe plutôt dans un premier temps de consommer moins d’énergie électrique que d’en produire plus.

    Avant de construire de nouveau EPR en France réfléchissons
    – A la priorité à donner en ce qui concerne la génération thermique : chauffage thermodynamique ou fusion nucléaire contrôlée.
    – A la remise de la nature à l’identique à l’emplacement de nos vieilles centrales nucléaires.
    – Changeons le couvercle défectueux et mettons en marche Flamanville

    L’objectif final de la fusion nucléaire de l’hydrogène est selon Bernard Bigot, Directeur général d’ITER de produire industriellement 10 fois plus d’énergie que l’on en consomme. À titre d’exemple de fournir 500 mégawatts en n’en fournissant que 50. Il n’explique pas clairement qu’elle est la forme d’énergie considérée mais on comprend que celle-ci est thermique et que l’objectif de la fusion nucléaire de l’hydrogène est de produire un plasma capable d’assurer une production industrielle et contrôlée de cette forme d’énergie.

    En observant la figure 1 donnant le coefficient de performance Idéal (COP) d’une pompe à chaleur voir
    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/source-energie/SWE.htm

    on observe que cette dernière est dès à présent capable de produire industriellement 10 fois plus d’énergie thermique que ce qu’elle consomme en énergie électrique sur le compresseur. Ceci pour Tf/Tc = 0,9 l et les températures sont exprimées en °K. Ou ce qui revient au même lorsque la température à la source froide est celle d’une PAC sur nappe libre (10 °C) et la température de la source eau chaude celle d’un plancher chauffant hydraulique standard (40 °C)
    Tf = 273 + 10 °= 283 °C
    Tc = 273 + 40° = 313 °C
    293 / 313 = 0,9

    Cela ne veut dire en aucun cas que la fusion nucléaire est inutile et peut être remplacée par le chauffage thermodynamique aquathermique. Ceci vu que la pompe à chaleur à compresseur a besoin d’électricité pour fonctionner et que pour produire de l’électricité il faut de la chaleur à haute température qui peut être fournie par la fusion nucléaire en quantité suffisante.

    Cela signifie aussi que pour chauffer l’habitat on a dès à présent avec le chauffage dynamique aquathermique besoin de 10 fois moins d’électricité ce qui devrait tout de même nous faire réfléchir sur la priorité qu’il faut donner aux investissements. Nulle doute qu’il faudra combiner les deux systèmes. Ceci d’autant que dans l’épilogue de mon livre il est mis en évidence que la géothermie profonde, fut-elle associée à la rivière et à sa nappe libre est déjà presque insuffisante pour assurer le besoin en raison de la démographie croissante.