10 ONG interpellent Macron: la démission de Hulot est « une invitation à changer de cap »

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Nicolas Hulot à l'Elysée, le 22 août 2018 © AFP/Archives Bertrand GUAY

Paris (AFP) – Dix ONG écologistes interpellent le président Emmanuel Macron sur la question de la transition écologique et lui demandent de « changer de cap » après la démission de Nicolas Hulot, dans une tribune publiée jeudi sur franceinfo.

La démission de Nicolas Hulot « est une invitation à changer de cap tout en osant rompre avec la facilité des Trente glorieuses et +cinquante+ gaspilleuses » et « invite à un sursaut », écrivent ces ONG.

Emmanuel Macron « aurait tort de mésestimer le symbole que représente cette démission surprise » qui est « le symptôme d’une immense incompréhension », conseillent-elles en observant que « la transition écologique n’est ni une promenade de santé ni un supplément d’âme pour politiciens sans imagination ».

« Face aux conservatismes qui s’expriment à tous les niveaux de l’Etat, la démission de Nicolas Hulot appelle un sursaut » et « nul doute (…) qu’Emmanuel Macron devra faire sien l’aphorisme de Pierre Mendès-France +gouverner c’est choisir », insistent les signataires.

« Face aux menaces climatiques, militaires et l’effondrement des écosystèmes, l’action n’est plus une option mais une nécessité, une urgence, une éthique », pressent ces ONG

Selon elles, « la volonté d’Emmanuel Macron de ménager la chèvre écologique et le chou productiviste n’a pas contribué à créer la condition d’une politique écologique lisible et cohérente ».

« En matière écologique, nous ne pouvons plus soutenir l’agriculture biologique et +en même temps+ le glyphosate, la sobriété énergétique et +en même temps+ le nucléaire, une redynamisation des centre-villes et +en même temps+ (le mégacomplexe) Europacity et l’artificialisation des terres agricoles, la nécessaire préservation de la biodiversité et +en même temps+ la baisse du prix du permis de chasse, la mise en oeuvre de la COP21 et +en même temps+ la multiplication des projets autoroutiers les fermes-usines et +en même temps une agriculture paysanne, le libéralisme et +en même temps+ l’écologie », énumèrent-elles.

Ces ONG sont: la Fondation pour la nature et l’Homme, Agir pour l’environnement, France nature environnement, Générations futures, les Amis de la Terre, Réseau sortir du nucléaire, Action des citoyens pour le désarmement nucléaire, Association pour la protection des animaux sauvages, Virage énergies et Société nationale de protection de la nature.

© AFP

8 commentaires

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    • Foata

    Gouvernants, le cap changera, avec ou sans vous, avec ou contre vous !
    Et même avec ou contre l’humanité in fine, et ça, ça depend grandement du moment où vous, gouvernant, reyrouverez le sens des réalités, le sens des priorités, la raison en somme.

  • Si on ne change pas maintenant le système économique, le changement, car changement il y aura, sera très violent dans quelques années.

  • Changer de cap comme le souhaitait Nicolas Hulot c’est se préoccuper dans un premier temps de consommer moins d’énergie électrique plutôt que d’en produire plus.

    Je reprends ici ce que je viens de dire ce matin sur Goodplanet vu qu’il s’agit toujours du même problème et qu’il y a urgence.

    Avant de construire de nouveau EPR en France dans l’optique de produire plus d’électricité réfléchissons
    – A la priorité à donner en ce qui concerne la génération thermique : chauffage thermodynamique ou fusion nucléaire contrôlée.
    – A la remise de la nature à l’identique à l’emplacement de nos vieilles centrales nucléaires.
    – Changeons le couvercle défectueux et mettons en marche Flamanville

    L’objectif final de la fusion nucléaire de l’hydrogène est selon Bernard Bigot, Directeur général d’ITER de produire industriellement 10 fois plus d’énergie que l’on en consomme. À titre d’exemple de fournir 500 mégawatts en n’en fournissant que 50. Il n’explique pas clairement qu’elle est la forme d’énergie considérée mais on comprend que celle-ci est thermique et que l’objectif de la fusion nucléaire de l’hydrogène est de produire un plasma capable d’assurer une production industrielle et contrôlée de cette forme d’énergie..
    En observant la figure 1 donnant le coefficient de performance Idéal (COP) d’une pompe à chaleur voir
    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/source-energie/SWE.htm

    on observe que cette dernière est dès à présent capable de produire industriellement 10 fois plus d’énergie thermique que ce qu’elle consomme en énergie électrique sur le compresseur. Ceci pour Tf/Tc = 0,9 l et les températures sont exprimées en °K. Ou ce qui revient au même lorsque la température à la source froide est celle d’une PAC sur nappe libre (10 °C) et la température de la source eau chaude celle d’un plancher chauffant hydraulique standard (40 °C)
    Tf = 273 + 10 °= 283 °C
    Tc = 273 + 40° = 313 °C
    293 / 313 = 0,9
    Cela ne veut dire en aucun cas que la fusion nucléaire est inutile et peut être remplacée par le chauffage thermodynamique aquathermique. Ceci vu que la pompe à chaleur à compresseur a besoin d’électricité pour fonctionner et que pour produire de l’électricité il faut de la chaleur à haute température qui peut être fournie par la fusion nucléaire en quantité suffisante.
    Cela signifie aussi que pour chauffer l’habitat on a dès à présent avec le chauffage dynamique aquathermique besoin de 10 fois moins d’électricité ce qui devrait tout de même nous faire réfléchir sur la priorité qu’il faut donner dans aux investissements! vu que la technique à ce niveau est au point alors qu’elle est loin de l’être avec la fusion nucléaire. Nulle doute cependant qu’il faudra combiner les deux systèmes. Ceci d’autant que dans l’épilogue de mon livre il est mis en évidence que la géothermie profonde, fut-elle associée à la rivière et à sa nappe libre est déjà presque insuffisante pour assurer le besoin en raison de la démographie croissante.

  • excuse je voulais dire

    Ceci vu que la pompe à chaleur à compresseur a besoin d’électricité pour fonctionner et que pour produire de l’électricité il faut de la chaleur à haute température qui POURRA être fournie par la fusion nucléaire en quantité suffisante.

    • bernard lecreux

    L’Ecologie, est une question d’Intelligence et de volonté de chacun d’entre nous.

    • nce

    Comme disait: « St. Ex »
    « Il faut savoir pour vouloir et vouloir pour pouvoir. »
    En matière, d’apport de connaissance, dans ce domaine, GoodPlanet est parfaitement à la hauteur. Très sincèrement.

    • bernard lecreux

    Comme disait, « St Ex »
    Il faut savoir pour vouloir et vouloir pour pouvoir.
    Et très sincèrement, en matière d’apport de connaissance, GOODPLANET, est tout a fait à la hauteur.

    • Thibaut Fabrice

    Le plus important dans le départ de Nicolas Hulot c’est bien un cri de DETRESSE pour nos enfants qui vont subir les conséquences de la dégradation climatique, c’est cela qu’il faut retenir, nos enfants et symboliquement notre PROPRE présence ici-bas alors qu’il reste 4 milliards d’années pour que toute vie se développe ici-bas (!!!!). Et que peut-on faire contre le cavalier seul imposé au citoyen par la donnée capitaliste, prier, attendre notre dernière heure alors que pourtant il y a un marché énorme pour l’énergie renouvelable à saisir? Je ne vois que la donnée verte qui puisse assimiler le surplus de CO dans l’air, oui, planter, planter ou replanter et végétaliser les bâtiments et les habitations en espérant que le mouvement suive à échelle mondiale, la Chine a mobilisé récemment 60 mille hommes pour replanter son sol et assainir l’air, c’est possible, je ne vois que ce seul moyen tout simple pour espérer freiner les dégâts que les 3,5 degrés de réchauffement de l’air qui sont officiellement acquis (dixit la dernière Cop à Bonn). Ce que n’a pas dit Nicolas c’est qu’avec ces degrés en surplus les glaces du Pôle Sud et du Groenland fondent à fond et qu’un potentiel de 60 à 80 mètres cube d’eau se trouve potentiellement au-dessus de nos têtes!!! A-t-il voulu ne pas nous effrayer, il aurait pu (et même du) utiliser ces termes pour secouer les consciences. Courage à tout le monde, voilà un beau projet pour un parti politique qui pourrait s’appeler « Survie » et courage aussi au météorologiste qui va devenir le baromètre de la dégradation, gêné comme pas possible lorsqu’il devra annoncer parfois l’impensable avec un sourire jaune (« Bin merde quoi c’est pas ma faute! »).