Le changement climatique risque de transformer la Terre en « étuve »

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La pollution au-dessus de Santiago, au Chili, le 9 juillet 2018 © AFP/Archives CLAUDIO REYES

Tampa (Etats-Unis) (AFP) – La transition vers une économie verte est plus que jamais urgente pour la Terre, la pollution due aux énergies fossiles risquant de pousser la planète Bleue dans un état durable et dangereux « d’étuve », ont alerté lundi des chercheurs internationaux.

Si les calottes polaires continuent de fondre, les forêts d’être décimées et les émissions de gaz à effet de serre de battre chaque année des records, la Terre va franchir un point de rupture.

Un basculement qui pourrait intervenir « dans quelques décennies seulement », ont prévenu des scientifiques dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Passer ce seuil signifie, selon eux, « une température de 4 à 5 degrés Celsius plus élevée qu’à la période préindustrielle et un niveau de la mer 10 à 60 mètres plus haut qu’aujourd’hui. »

« Une Terre étuve est probablement incontrôlable et dangereuse pour beaucoup », selon les conclusions de scientifiques de l’université de Copenhague, de l’Université nationale australienne et de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique en Allemagne.

Les rivières déborderaient, les ouragans feraient des ravages sur les côtes et les récifs de corail disparaîtraient – le tout avant la fin de ce siècle, voire plus tôt.

Les températures moyennes mondiales dépasseraient celles de toute période interglaciaire – ces cycles séparant deux glaciations – depuis 1,2 million d’années.

La fonte des calottes polaires provoquerait à elle seule une hausse très importante du niveau des océans, engloutissant des régions côtières où habitent des centaines de millions de personnes.

« Des endroits sur Terre deviendront inhabitables si la +Terre étuve+ devient une réalité », met en garde Johan Rockström, directeur du Stockholm Resilience Centre.

Les chercheurs suggèrent que le point de rupture pourrait être atteint lorsque la température de la Terre sera supérieure de 2 degrés à celle de l’ère préindustrielle. Elle l’est déjà d’un degré et continue d’augmenter à un rythme de 0,17 degré par décennie.

« Un réchauffement de 2 degrés pourrait activer d’importants éléments de rupture, augmentant ainsi encore davantage la température ce qui pourrait activer d’autres éléments de rupture par un effet domino qui pourrait entraîner la Terre vers des températures encore plus élevées », prévient le rapport.

Les experts s’inquiètent également de phénomènes comme les feux de forêts qui se multiplieraient à mesure que la planète se réchauffe et s’assèche.

Cette étude a exploité de précédents travaux scientifiques sur les points de rupture de la Terre.

Les scientifiques ont également examiné des périodes lointaines, comme l’ère du Pliocène il y a cinq millions d’années quand le niveau de CO2 dans l’atmosphère était de 400 parties par million (ppm), comme aujourd’hui.

Durant la période du Crétacé –l’ère des dinosaures– il y a quelque 100 millions d’années, le CO2 a même atteint 1.000 ppm en grande partie à cause de l’activité volcanique.

Déterminer qu’une hausse de 2 degrés est un point de non-retour « est nouveau », selon Martin Siegert, co-directeur du Grantham Research Institute on Climate Change de Londres, qui n’était pas impliqué dans l’étude.

Il est nécessaire de changer immédiatement de mode de vie pour protéger la Terre, ont averti les chercheurs, expliquant que les énergies fossiles devaient être remplacées par des sources à faibles, voire sans, émissions de CO2.

Ils ont notamment préconisé une meilleure gestion des sols, de meilleures pratiques agricoles, la protection des terres et des côtes ou encore le développement de techniques de capture du CO2, planter des arbres et arrêter la déforestation.

Mais, même en cas d’arrêt des émissions de gaz à effet de serre, la tendance actuelle de réchauffement pourrait déclencher d’autres processus du système terrestre –appelés rétroactions–, faisant davantage monter les températures.

Parmi ces processus: fonte du pergélisol, déforestation, absence de couverture neigeuse dans l’hémisphère nord, de banquise et de calottes polaires.

© AFP

8 commentaires

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    • Martial

    hé bien ça fait peur , quand on vois que les politiciens privilégies uniquement la croissance

  • Et pendant ce temps-là, le plus souvent on n’arrête pas le chauffage pour garder une réserve d’eau chaude à notre disposition (pour quoi faire quand il s’agit des bâtiments publics, écoles, mairies, etc. ?). Encore mieux pour tous ceux qui disposent d’un bouclage pour réduire le temps d’attente pour l’eau chaude, on n’a pas prévu d’installer un interrupteur sur le circulateur (l’énergie est si bon marché !!!), alors on laisse tourner en boucle dans les murs une eau à 60 °C et on augmente la capacité du climatiseur pour compenser l’apport de chaleur. On chauffe les murs et on refroidit la pièce en même temps, un gaspillage de 10 à 20 KWh par jour qu’il est très facile de mesurer et qui n’apporte rien au confort, bien au contraire. N’oublions pas que les centrales électriques consomment plus de 10 litres d’eau pour produire 1 KWh, pendant les canicules et nous aurions bien besoin de toute cette eau pour d’autres usages.

  • Martial a vu juste, il est même probable que nous n’allons pas avoir le choix: il va falloir mettre la croissance de côté.

    Nous avons semble-t-il mis trop de temps pour prendre conscience de l’urgence qu’il y a de passer à l’action en ce qui concerne la transition énergétique. C’est du moins ce qui ressort de ces deux articles de Good Planet qui montrent que l’augmentation de la température en fonction du temps pourrait bien être une fonction proche de la fonction exponentielle

    De ce fait l’urgence qu’il y a à agir est bien là et nous ne pourrons pas faire autrement que de dissocier la construction neuve de l’existant. Nous n’avons pas en effet les moyens financiers de tout démolir et de tout reconstruire aux nouvelles normes. D’ailleurs comment ferions-nous pour loger le citoyen pendant la période transitoire. Quoiqu’en dise l’intéressant manuel d’Alain Maugard concernant « Le bâtiment Responsable ou Augmenté »
    (voir https://www.dropbox.com/s/w9p0nhnyex6whm1/batiment-responsable-batiment-augmente-maugard.pdf?dl=0

    l’urgence va être dans un premier temps de s’attaquer à la part carbone dégagée par l’exploitation des bâtiments existants plutôt que par l’énergie grise consommée pour la construction des bâtiments neufs. Ceci pour la simple raison que le bâtiment existant est le poste potentiellement le plus important qui nous permettra de diminuer rapidement nos besoins en d’énergie non renouvelable d’origine fossile grâce au soleil (Les photons de Mr Maugard).
    Pour la méthode voir le livre suivant qui explique comment procéder dans la pratique pour y parvenir

    https://www.dropbox.com/s/0rs74luswzj9ap9/Epub42P.pdf?dl=0

    Cela ne signifie pas qu’il ne faudra pas porter nos efforts sur cette énergie grise de la construction neuve mais il y a un temps pour chaque chose.
    Dans un premier temps il va falloir penser à l’individu et à son devenir immédiat

    • Le problème est bien ceui-ci : Isoler les bâtiments existants. Les gens bien aisés n’ont pas de soucis, mais la majorité de la population ayant des revenus faibles n’ont pas les moyens financiers pour isoler davantage les maisons Le drame est là.
      Ce problème se répercute sur la nourriture qu’ils achètent moins cher pour une médiocre qualité donc une production qui ne respecte que « médiocrement » les techniques propres.
      – Qui sont les gens qui peuvent se payer un vêtement fabriqué en France ? Bien peu.
      – Qui peut se payer une bagnole « propre » (ce qui fondamentalement n’existe pas) Toujours les même, ceux qui accumulent le fric.
      – Qui peut payer un logement près de son travail … encore un Pb de fric
      – qui habite loin à la campagne sans transport en commun efficace … ceux qui ne peuvent pas se payer une voiture « propre »…. etc…
      ——> OUI, le VRAI problème est bien là !

      • WAVRE Rolin

      Attention au simplisme : critiquer les responsables politiques qui se soucient (aussi) de croissance est un peu simple. Notre société repose actuellement sur la croissance, y renoncer implique des conséquences très importantes. Et ces mêmes politiciens seraient amèrement critiqués (probablement en partie par les mêmes) pour leur incapacité à fournir du travail et des moyens d’existence à des millions de gens.

    • chabian

    Et outre l’arrêt de notre contribution au réchauffement, il faut aussi se préparer à la montée des eaux. Je suggère que tous les français abandonnent les côtes maritimes et n’habitent que des régions à 50 mêtres d’altitude ou plus. Tout en accueillant la moitié des hollandais qui devront abandonner les « pays bas ».
    On a bien pu décider de betonner les côtes de la méditerranée dans les années 60/70 : on décidera donc bien un programme en sens inverse ?

    • Malvine

    Bousculer le piédestal des certitudes de ceux qui s’auto-proclament supérieurs et donc nous gouvernent. L’heure est grave quand pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, notre patrimoine commun, La Terre, est entre les mains de quelques redoutables brutes. Lequel des Dieux des saintes écritures (dictées par Dieu, disent ceux qui ensuite les ont écrites) nous a promis hell on earth ? Cette menace avait comme origine une affaire d’appétit que l’on découvre aujourd’hui vorace. Vous ne libérerez pas à temps 7 milliards d’individus des laborieux édifices de la « croissance ». Nous voici fixé quant à notre incapacité d’évoluer vers la perfection de nature humaine. Et, pour ce qui concerne notre supériorité technique, nous voilà au sommet de cette montagne (que décrivait un célèbre scientifique, Oppenheimer (?), au delà duquel il y a un autre monde.

  • Dany a raison sur la nécessité d’isoler les bâtiments existants. Le problème est que cela ne pourra pas se faire dans de bonne condition ce qui est infiniment regrettable vu que l’isolation de la majorité des bâtiments en place est le plus souvent déplorable voir inexistante.

    Cela ne pourra pas se faire dans de bonne condition comme l’explique Dany non seulement par le fait que la population a des revenus insuffisants pour financer l’isolation des immeubles et des maisons existantes mais aussi par le fait qu’il sera le plus souvent techniquement difficile d’obtenir une diminution des déperditions significative dans l’existant.

    Pour donner suite aux propos de Malvine il y a aussi une situation très grave dans une transition énergétique bien conduite que le citoyen appelle de ses voeux. Elle réside dans le fait que ce sont les citoyens et non ceux qui les gouvernent qui sont en train de percevoir que notre avantage est d’agir sur la génération en priorité à l’isolation.

    En cela on peut parler de drame vu qu’il faudra bien que ce soit cette chronologie qui soit en definitive retenue pour débloquer le système actuel disons le à l’agonie.

    Cette chronologie va devenir essentielle si l’on souhaite enfin obtenir enfin une certaine efficacité en termes de réduction de gaz à effet de serre et d’économie de consommation en ce qui concerne nos énergies fossiles non renouvelables.

    C’est dans cette forme d’action à savoir la modification de nos chaînes énergétiques actuelles associée à cette nouvelle chronologie que se situe notre devenir énergétique.

    Cela ne signifie pas qu’il ne faut rien faire sur l’isolation vu qu’il devrait être tout de même
    possible la plupart du temps d’isoler à « minima » les bâtiments existants pour réduire les frais. Ceci d’autant que ce faisant on améliore les performances de la nouvelle forme de génération thermique telle qu’elle est décrite dans le livre
    https://www.dropbox.com/s/8qx239tfez1wdhu/Epub.pdf?dl=0

    si l’élévation de la temperature fonction du temps est exponentier comme l’est le PIB Mr Chabian n’à pas tort de faire du catastrophisme

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