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Nucléaire: encore un an de retard pour l’EPR de Flamanville

epr flammanville

Photo du 2 février 2018 de l'EPR de Flamanville © AFP/Archives CHARLY TRIBALLEAU

Paris (AFP) – Le réacteur nucléaire EPR de Flamanville aura un an de retard supplémentaire et coûtera encore plus cher que prévu à la suite de problèmes de soudures, ce qui se traduira par un sursis pour Fessenheim.

« Le chargement du combustible est désormais prévu au quatrième trimestre 2019 », alors qu’il était jusqu’alors officiellement attendu fin 2018, indique EDF dans un communiqué publié mercredi.

Le couplage au réseau électrique du réacteur est ensuite attendu au premier trimestre de 2020 pour une pleine puissance (1.650 MW) au deuxième trimestre. Le projet aura ainsi cumulé huit ans de retard.

« L’objectif de coût de construction est porté de 10,5 à 10,9 milliards d’euros », ajoute l’électricien. C’est plus de trois fois le budget initial.

A la suite des nouveaux retards de Flamanville, le gouvernement a aussitôt confirmé qu’il entendait repousser d’autant la fermeture programmée de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), la plus vieille du pays.

Cette fermeture « est liée au démarrage de l’EPR de Flamanville. Le retard d’un an du chargement du combustible de l’EPR de Flamanville (…) décale donc l’arrêt de la centrale de Fessenheim », selon le ministère de la Transition écologique.

« Il revient à l’exploitant d’en détailler les échéances précises » et « ce délai d’un an sera mis à profit pour mettre en œuvre le projet de territoire », indique le gouvernement.

Le secrétaire d’Etat à la Transition écologique Sébastien Lecornu a aussi annoncé sur Twitter qu’il se rendrait à Fessenheim « au début de l’automne pour rencontrer les acteurs du territoire et présider la prochaine réunion du comité de pilotage ».

« Le gouvernement nous met en danger en refusant la fermeture de la centrale de Fessenheim » qu’il faut fermer « sans attendre », a réagi le parti Europe Écologie Les Verts.

Concernant Flamanville, les retards annoncés mercredi font suite aux « écarts de qualité » annoncés par EDF en avril sur des soudures du réacteur en construction. Ces soudures se situent au niveau des tuyauteries du circuit secondaire principal, qui relient le générateur de vapeur et la turbine qui produit l’électricité.

Le groupe indique avoir désormais contrôlé 148 des 150 soudures. Parmi elles, 33 « présentent des écarts de qualité et vont faire l’objet d’une réparation » tandis que 20 autres vont être refaites car elles ne respectent pas les exigences « de haute qualité » définies par EDF.

Dix autres soudures nécessiteront une « justification spécifique » auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). EDF estime ne pas avoir besoin de les refaire.

L’ASN a demandé mercredi « qu’EDF mette notamment en place une organisation et une surveillance permettant d’éviter la répétition des écarts constatés ».

Les ONG Greenpeace et Réseau Sortir du nucléaire (RSN) avaient récemment porté plainte contre EDF et Framatome, estimant que les défauts de soudures constituaient un délit.

Les réparations doivent durer jusqu’à l’été 2019.

« La réalisation d’une soudure refaite entièrement nécessite environ huit semaines de travail », a expliqué Laurent Thieffry, directeur du projet Flamanville 3, lors d’une conférence téléphonique.

« Au total ce sont plus de 200 personnes, que ce soit d’EDF, Framatome ou ses sous-traitants, dont une trentaine de soudeurs, qui seront mobilisés sur ces opérations », selon lui.

Les nouveaux retards et surcoûts de Flamanville s’ajoutent à une longue liste de déboires pour ce chantier qui avait débuté en 2007.

Des anomalies avaient aussi été découvertes sur la composition de l’acier du couvercle et du fond de la cuve. L’ASN exige que le couvercle soit remplacé avant la fin 2024.

Ce nouvel épisode dans la saga Flamanville intervient alors que la France réfléchit à son avenir énergétique dans le cadre de la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Le pays veut réduire sa dépendance à l’atome mais les modalités doivent encore être précisées. Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot avait critiqué en juin une « dérive » de la filière nucléaire.

A ce jour, un seul réacteur EPR fonctionne dans le monde: celui de Taishan en Chine, dont le chantier avait pourtant débuté après celui de Flamanville.

© AFP

2 commentaires

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  • Quand la republique en marche comprendra-t-elle que pour avancer le problème actuel n’est pas de construire plus d’habitation ou de produire plus d’énergie mais de rénover l’habitat et de consommer moins.

    Nous vivons actuellement à ce sujet avec l’effet joule dans un monde à l’arret et déréglé qui ne l’a malheureusement pas encore compris

    Pourtant on sait que
     » L’absence de concurrence est une plaie pour celui qui attend et une niche pour celui qui entreprend ».

    Partant de ce corollaire il serait tout de même temps, vu le marché que représente la rénovation thermique du bâtiment EXISTANT, que les organismes de formation ainsi que les constructeurs (ceux qui entreprennent) réalisent que leur intérêt est de s’adapter aux besoins de l’habitat et ceci qu’il s’agisse du chauffage collectif ou individuel (ceux qui attendent)

    Le besoin vu autant du coté de l’état que du citoyen est de faire en sorte que l’énergie thermique rendue dans les pièces de vie soit obtenue en consommant 4 fois moins d’énergie dite finale. Ceci en prélevant les 3/4 de notre besoin thermique dans le proche environnement de nos habitations.

    Il semble important que des organismes de formation ayant pour mission de former des frigoristes climaticiens en allant de l’artisanat au diplôme d’ingénieur comprennent et expliquent que cela est possible.

    Ceci grâce au chauffage thermodynamique et au cycle fermé compression> condensation >détente> évaporation d’un fluide caloporteur.

    Il leur suffit pour cela d’isoler le fluide caloporteur de la pompe à chaleur et d’expliquer qu’en raison du principe de conservation de l’énergie, l’énergie reçue par
    ce fluide lors de ce cycle à savoir principalement l’énergie prélevée dans l’environnement EN LE REFROIDISSANT, majorée de l’énergie qu’il a fallu fournir pour le comprimer, est égale à l’énergie qu’il émet lors de la condensation du fait de son enthalpie.

    A l’heure du rechauffement climatique il semble tout de même intéressant de satisfaire nos besoins chauffage en refroidissant notre environnement. Ceci d’autant qu’on le fait ainsi sans émettre de gaz à effet de serre ou de gaz brulés ce qui semble tout de même intéressant pour limiter la pollution atmosphérique.

    Une fois compris ce principe, il suffit aux ingénieurs formés par ces organismes de chiffrer les équipements en travaillant en partenariat avec les constructeurs et de communiquer aux artisans des consignes claires dans les DOE de telle sorte qu’ils sachent ce qu’il faut faire pour satisfaire les besoins de l’utilisateur

    • Patrice DESCLAUD

    N’y-a-t-il plus personne de raisonnable dans les prétendus décideurs à la tête de la nation ? Lancé en 2007, prévu en 2011 et rien jusqu’en 2019 au mieux !? Aucun EPR français n’a jamais marché et les coûts sont prohibitifs et les industriels ne démontrent aucune maîtrise de cette filière. On ne sait pas faire une cuve ou un couvercle respectant les contraintes, on ne sait pas faire de soudures correctes. Cette filière est trop complexe pour être réellement maîtrisable, reproductible et exploitable ! Avoue-on le avec humilité.
    Combien de milliards encore pour l’admettre ? Ce fleuron français reste une fiction. On nous dit (comme un chantage) qu’on n’arrêtera pas Fessenheim : combien d’années encore; ça finira par nous sauter à la figure ! Qui sera responsable et assumera un tel accident ? Le Président Macron ?
    Et, entre dire ou clamer comme nombre d’élus : « j’assume » et agir, réparer, indemniser, que se passe-t-il généralement ? Rien, on pleure, on enterre, on commémore et on oublie qu’on s’est bêtement entêté aux frais de contribuable !
    On recherche un vrai décideur raisonnable et de bon sens.
    Cordialement,