Un drone et un avion miniature de Greenpeace s’écrasent dans une centrale nucléaire

drone centrale nucleaire

La centrale nucléaire du Bugey à Saint-Vulbas dans l'Ain, le 8 avril 2016 © AFP/Archives PHILIPPE DESMAZES

Lyon (AFP) – Un drone en forme de Superman et un avion miniature pilotés par des militants de Greenpeace ont été projetés mardi matin contre un bâtiment d’une centrale nucléaire proche de Lyon, des actions « sans impact » sur la sûreté des installations selon EDF.

A deux jours de la remise d’un rapport parlementaire sur la sécurité et la sûreté nucléaire, l’ONG a voulu à nouveau attirer l’attention sur la « vulnérabilité » des piscines d’entreposage de combustible usé avec une action « hautement symbolique » à la centrale du Bugey, à Saint-Vulbas (Ain).

Photos et vidéos à l’appui, Greenpeace affirme avoir fait entrer « dans la zone interdite de survol » un drone, suivi peu après par un avion radiocommandé. Les militants les ont volontairement fait s’écraser contre le mur de la piscine d’entreposage de combustible usé, accolée au réacteur 2.

Un 2e drone a également pénétré dans l’enceinte pour filmer la scène.

« Mardi 3 juillet, à 06H27, les équipes de la centrale nucléaire du Bugey (Ain) ont détecté la présence de deux drones survolant le site. Un des deux drones a été intercepté au sol par les forces de gendarmerie. La présence de ces drones n’a eu aucun impact sur la sûreté des installations », a indiqué EDF à l’AFP.

La présence de l’avion radiocommandé a été confirmée par les autorités qui rapportent le « survol d’un drone ayant largué une maquette d’avion et une figurine en mousse (le drone Superman, ndlr) sur le site le 3 juillet ».

« Cette action n’a eu aucune conséquence sur la sûreté de l’installation, n’a pas fait de dégâts sur les dispositifs de sécurité », ajoute le ministère de la Transition écologique.

« Le bâtiment combustible est un bâtiment important pour la sûreté, dimensionné notamment contre les agressions externes naturelles ou accidentelles, ce qui lui assure une robustesse élevée. Le survol de drone ne constitue pas une menace vis-à-vis de la sûreté », assure encore EDF, sans rien confirmer de plus.

Il s’agit d’une infraction au regard du code de la défense et une plainte a été déposée, entraînant l’ouverture d’une enquête, ajoute-t-on chez le producteur d’électricité.

Cette action intervient après des intrusions de militants de Greenpeace dans les centrales de Cattenom (Moselle) en octobre et Cruas (Ardèche) en novembre, qui avaient le même objectif de dénonciation de failles dans la sécurité des piscines de combustible. Poursuivis, les militants ont été condamnés pour ces actions, certains écopant pour la première fois de la prison ferme.

Les survols de centrales par des drones font partie des sujets évoqués par la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, dont le rapport très attendu sera présenté jeudi.

En 2014 et 2015, des drones avaient survolé plusieurs sites nucléaires français, dont la centrale du Bugey, située à environ 25 km de Lyon, des actions non expliquées à l’époque. Greenpeace avait démenti toute implication.

© AFP

Un commentaire

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  • EDF fait condamner Greenpeace et ses militant !!!
    Alors que ces gens ne sont pas responsable des intrusions … Je m’explique.
    S’il y a intrusion, c’est bien par défaillance de la sécurité. Donc c’est bien les services de sécurité qui devraient être condamnés pour ne pas assumer sa tâche correctement.
    — c’est bien le monde à l’envers.
    La gestion du nucléaire est défaillante mais ni l’état ni EDF ni Areva n’accepte ce verdict.
    Merci GREENPEACE de révéler ces erreurs.
    c’est comme un condamné qui s’échappe de la prison, est-ce sa faute ? …. NON, c’est en raison des défaillances de l’administration qui n’est pas capable de gérer les détentions. passoire à drogue, passoires à téléphone, passoire à tout ce qu’on veut !!
    Bref, Il faut changer le mot prison en passoire, et tant qu’on y est, les centrales nucléaires aussi.