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En Argentine, vote historique en faveur du droit à l’avortement

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Des manifestants pro-avortement ont passé la nuit du 13 au 14 juin 2018 devant l'Assemblée natinale à Buenos Aires dans l'espoir que les députés approuvent le projet légalisant l'interruption volontaire de grossesse. © AFP EITAN ABRAMOVICH

Buenos Aires (AFP) – Le droit à l’avortement se profile à l’horizon en Argentine, pays du pape François: les députés ont adopté jeudi en première lecture un projet de loi légalisant l’IVG, malgré la résistance de l’Eglise, fortement mobilisée pour mettre en échec le projet de loi.

Le texte a été approuvé avec une courte majorité. Le « oui » au projet de loi a recueilli 129 voix, contre 125 au « non ». Le projet de loi doit encore être approuvé par le Sénat, réputé plus conservateur, pour que l’avortement soit légalisé.

Le projet de loi prévoit un droit à l’IVG durant les 14 premières semaines de grossesse.

Le vote est historique en Argentine, où l’Eglise a mis toutes ses forces dans la bataille pour mettre en échec le projet de loi. Les évêques se sont mobilisés pour tenter de convaincre les parlementaires de ne pas voter la loi.

A l’annonce des résultats du vote des députés, des larmes de bonheur, une clameur, des cris de joie ont retenti sur la place du Congrès de Buenos Aires.

Micaela Gonzalez, étudiante de 19 ans, enveloppée dans une couverture, a passé la nuit devant le parlement. « Cela fait des années qu’on lutte pour ce droit, ce vote montre que ça vaut la peine de continuer la lutte. Aujourd’hui, nous les femmes, nous sommes un petit peu plus libres, nous serons moins nombreuses à mourir », a confié la jeune femme, les larmes aux yeux.

Aujourd’hui, les Argentines ne peuvent avorter légalement qu’en cas de viol ou de danger pour la santé de la femme enceinte.

« C’est une victoire », a réagi Irène Rivas, 62 ans, elle aussi présente devant le Congrès.

« L’Eglise doit chercher à influencer ceux qui partagent ses convictions, pas au-delà. En matière de politique publique, c’est l’intérêt commun qui prévaut », a-t-elle ajouté.

Le texte a été adopté jeudi matin, au terme de plus de 22 heures de discussions, où les divisions entre partis se sont effacées pour laisser la place à un débat passionné.

« C’est le temps du droit des femmes », a célébré la députée de Proposition républicaine (PRO, membre de la coalition gouvernementale Cambiemos) Silvia Lospennato.

Pour la députée du Front pour la victoire (FPV, opposition) Mayra Mendoza, l’avortement était « une dette de la démocratie ».

« C’est absurde et injuste d’approuver une loi qui autorise à tuer des êtres humains qui doivent être respectés, dès leur conception », a dénoncé Luis Pastori, député de l’Union civique radicale (UCR, Cambiemos).

Un autre député de Cambiemos Sebastián Bragagnolo rejette la loi en affirmant que « la femme n’a pas droit à l’avortement, elle a droit à la santé. L’enfant à naître est biologiquement et scientifiquement un être humain ».

Des milliers de personnes avaient bravé le froid et passé la nuit de mercredi à jeudi devant le parlement, les uns, avec un foulard vert, pleins d’espoir de vivre un jour historique. Les opposants au texte priaient pour que le « non » l’emporte.

La lutte pour le droit à l’avortement a pris un nouvel élan ces dernières années, portée par le mouvement féministe #NiUnaMenos (pas une de moins), mobilisé contre les violences faites aux femmes.

Le mois dernier, la légalisation de l’avortement en Irlande – un autre pays à forte tradition catholique – avait donné encore plus d’espoir aux militantes argentines.

Paradoxalement, l’Argentine est le premier pays d’Amérique latine à avoir légalisé en 2010 le mariage gay et une loi avant-gardiste permet aux travestis de changer de sexe à l’état civil, sans opération de changement de sexe.

Dans bien des pays, le mariage gay est venu des décennies après la légalisation de l’avortement.

Légalisé en 1967 au Royaume-Uni, en 1975 en France, l’avortement est encore largement illégal en Amérique latine, sauf à Cuba (depuis 1965), en Uruguay (2012) et dans la ville de Mexico.

© AFP

5 commentaires

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    • Claude Courty

    80 milliards d’êtres humains seraient nés sur notre planète. Sur ce total de 80 milliards nés depuis le Paléolithique, 1 sur 5 a vécu au cours des deux derniers siècles et près de 1 sur 10 sera encore en vie en 2025 !
    https://www.science-et-vie.com/questions-reponses/au-total-combien-detres-humains-sont-nes-sur-terre-4942

    Avec la prolifération humaine qui continue obstinément et dont les églises sont les premières responsables, il est facile de prédire que nous aurons bientôt le choix entre sauver des vies et sauver l’espèce ; et pour cela, de naître moins nombreux et mourir moins âgés.
    La dénatalité est le seul moyen d’y parvenir

    https://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.fr/
    https://pyramidologiesociale.blogspot.fr/
    et/ou lire « Précis de pyramidologie sociale »

      • Francis

      La transition démographique a eu lieu en France au 19ème siècle et n’a aucun rapport avec l’avortement ni avec les églises. La prolifération humaine fait plutôt partie de la stratégie de conquête du monde par les mosquées.
      Je ne comprends pas que toutes les dimensions de la protection de la vie, même intra-utérine, ne soient pas l’objet de l’attention de la Fondation GP.

    • Francis

    Claude, rappelez vous cette citation de l’ancien président algérien Boumédienne: « Nous allons conquérir le monde en utilisant le ventre de nos femmes ! « 

      • Claude Courty

      Profession de foi largement reprise par quelques autres leaders musulmans, dont Erdogan ; mais ne pas oublier le « Croissez et multipliez » d’un certain Jésus, dont la Chrétienté a fait un dogme absurde en regard des 280 000 terriens supplémentaires qui déferlent chaque jour sur la planète (soit près de 100 millions par an), alors que celle-ci se meurt de pollution et d’épuisement de ses ressources non renouvelables.

      Inéluctables inégalités sociales ?
      https://docs.google.com/document/d/1Y8jaJijp2q1O7rS4s3rgGvCXR5_dT40wTs6DoYkjlok/edit

    • Francis

    La citation « croissez et multipliez » ne vient pas du Christ mais du livre de la genèse (ce livre reprend les traditions sumériennes datant de plusieurs milliers d’années avant notre ère), ça n’a jamais été un dogme du christianisme. Contrairement à l’islam sunnite, le christianisme est suffisamment souple pour s’adapter aux contraintes de notre époque tout en respectant ses fondamentaux. Les écrits des papes sont là pour le prouver.
    Quant aux inégalités sociales, elles sont inséparables de la nature humaine. Il y aura toujours des gens plus capables que d’ autres de s’enrichir. C’est l’injustice sociale qui n’est pas acceptable mais ils ne faut pas les confondre.