Les agents de l’ONF en grève contre l' »industrialisation » de la forêt publique


La forêt domaniale du Vieil-Armand sur le territoire de la commune de Wattwiller (département du Haut-Rhin), dans les Vosges, le 24 octobre 2013 © AFP/Archives PATRICK HERTZOG

Paris (AFP) – Les agents de l’ONF étaient en grève jeudi et devaient manifester dans plusieurs villes pour protester contre une privatisation rampante, selon eux, de l’office et l' »industrialisation » de la forêt publique française, selon des sources syndicales.

« On est en grève et en manifestation aujourd’hui pour alerter les citoyens sur deux points: la privatisation de la gestion de la forêt publique et l’industrialisation de la forêt, usine à bois », a résumé pour l’AFP Philippe Canal, secrétaire général du Snupfen-Solidaires, au nom d’une large intersyndicale (Snupfen-Solidaires, EFA-CGC, CGT, Unsa, FO).

Les agents, de statuts privé et public, devaient manifester à Toulouse, Nancy, Macon, Avignon et Le Mans dès le milieu de matinée.

L’intersyndicale accuse la direction de prétexter, « comme à la SNCF, d’un déficit creusé par des décisions gouvernementales » pour remettre en cause le statut d’établissement public de l’ONF et de « tenter de faire passer en force une convention collective qui revoit à la baisse les rémunérations de nombreux salariés ».

« L’orientation est clairement prise de remplacer les fonctionnaires par des salariés de droit privé », a par ailleurs estimé M. Canal, pour qui les fonctionnaires, qui représentent aujourd’hui 6.000 personnels sur 10.000, pourraient rapidement devenir minoritaires.

Les organisations syndicales représentant 90% des fonctionnaires de l’ONF ont démissionné de ses instances en septembre 2017 pour dénoncer un « climat social délétère », ainsi que le contrat d’objectifs et de performances (COP) signé avec l’État pour la période 2016/2020, qu’elles jugent « irréaliste ».

« Depuis septembre 2017, on demande l’ouverture de négociations à nos ministères de tutelle qui s’y refusent », a déploré M. Canal.

Contactée par l’AFP, la direction de l’ONF n’était pas joignable dans l’immédiat.

« C’est extrêmement difficile de comprendre que dans un office où aucun emploi n’est supprimé, aucun site n’est fermé, on soit à ce point de crispation », avait déclaré Christian Dubreuil, directeur général de l’ONF, devant la commission des Affaires économiques du Sénat le 21 mars dernier.

Il avait alors dû faire face à un feu nourri de questions sur les tensions sociales au sein de l’établissement.

© AFP

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