Pesticides: la France « championne des dérogations », critique un eurodéputé


Le député européen socialiste Eric Andrieu, le 3 mars 2014 à Paris © AFP/Archives LIONEL BONAVENTURE

Paris (AFP) – La France dépasse les autres Etats de l’Union européenne en matière de dérogations aux restrictions d’usage des pesticides, a critiqué  lundi le député européen Eric Andrieu, président de la commission parlementaire spéciale sur la procédure d’autorisation des pesticides dans l’Union.

« Avec 58 demandes, contre une moyenne de moins de 10 dans l’UE, la France est championne des dérogations » accordées en Europe, a twitté l’élu socialiste, se basant sur des chiffres européens de 2016, les derniers disponibles, communiqués selon lui par la Commission européenne.

De passage à Paris, M. Andrieu a rencontré le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, avec qui il a notamment évoqué les travaux de la commission parlementaire qu’il préside ainsi que la réforme de la PAC.

« J’ai aussi voulu l’informer du niveau de dérogation sur les pesticides (en France). Il faut que la France soit vigilante pour que les dérogations ne soient pas la règle mais l’exception », a-t-il expliqué à l’AFP. « La France doit donner l’exemple, pas seulement en parole ».

La réglementation européenne permet des dérogations à des interdictions de produits phytosanitaires, pour une période maximum de 120 jours.

L’Espagne, désormais premier consommateur de pesticides en Europe, était à 30 dérogations en 2016, l’Allemagne à 25, selon le tableau présenté par M. Andrieu.

« La diversité agricole (française) explique mais ne justifie pas » un tel niveau, selon lui.

Le député préside la commission spéciale « PEST » créée par le Parlement européen en janvier à la suite de la saga de la réautorisation du glyphosate. Forte de 30 membres, cette « commission spéciale sur la procédure d’autorisation des pesticides » dans l’Union doit déterminer notamment s’il y a eu des failles dans le processus ayant conduit à réautoriser pour cinq ans le célèbre herbicide. Son rapport est attendu en décembre.

Elle doit notamment entendre ce mardi à Bruxelles les représentants de l’industrie chimique.

© AFP

3 commentaires

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    • DESCLAUD Patrice

    On ne dit pas là (chiffres) le nombre de dérogations de la France ? Pudeur de la championne ? Clientélisme en réponse au lobbying habituel du domaine ! On proroge toujours jusqu’à atteindre des limites gravissimes qui coûtent (médicalement, écologiquement, socialement …) à la collectivité ! Que ce soit les pesticides, les OGM, les nitrates, la qualité de l’eau, les extractions minières, le nombre de parlementaires, le verrou de Bercy …etc. on est toujours dans l’acceptation des « caprices », au détriment de la collectivité pour la défense d’intérêts privés. Qui se dit représentant du peuple, qui vote en final les lois et décrets ? Qui a craché sur le référendum de Madrid en 2005 dans l’irrespect complet de la volonté démocratique du peuple ?

  • Photographe amateur (amatore !) de la nature, je constate dans ma région de polycultures la disparition progressive des insectes et par voix de conséquence des oiseaux. Se balader à pied ou à vélo au printemps devient très pénible voire dangereux) à cause des odeurs et particules de produits divers se terminant par « cide » épandus sur les terres cultivables.
    C’est un constat indéniable…

    • Martial

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