Réforme constitutionnelle: des ONG dénoncent un manque d’ambition sur l’environnement

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Pascal Canfin, Directeur général de WWF à Paris, le 18 juin 2015 © AFP/Archives THOMAS SAMSON

Paris (AFP) – Des associations ont regretté mercredi le choix gouvernemental de ne pas introduire la lutte contre le réchauffement dans l’article premier de la Constitution et l’absence de référence à la biodiversité, y voyant un manque d’ambition sur l’environnement.

Le Premier ministre a annoncé, lors de la présentation des grandes lignes de la réforme des institutions promise par Emmanuel Macron, que « le projet de loi constitutionnel inscrira l’impératif de lutte contre le changement climatique à l’article 34, qui définit le domaine de la loi ».

Édouard Philippe a aussi fait savoir que le Conseil économique social et environnemental (Cese) « deviendra une chambre de la société civile ».

Pour la Fondation pour la nature et l’homme (FNH) créée par Nicolas Hulot, le compte n’y est pas. Le texte présenté « n’est pas à la hauteur des enjeux du XXIe siècle », regrette l’ONG, qui parle de « green washing constitutionnel » et appelle les parlementaires à amender le texte.

La FNH « regrette vivement le choix du président de la République de n’inscrire dans la Constitution que le climat, sans ajouter la protection de la biodiversité, et en le plaçant dans l’article 34 et non dans l’article 1er « qui pose les principes fondateurs de la République, selon le communiqué. Elle déplore aussi que le Cese ne devienne pas une « véritable +chambre du futur+ » chargée d’examiner l’impact sur le long terme des décisions politiques.

« On est déçus », a indiqué de son côté Pascal Canfin, directeur général du WWF France, à l’AFP. Inscrire la lutte contre le changement climatique est « un symbole, mais on craint fortement que ce soit un symbole que ne change rien ».

« On attend des députés qu’ils prennent la balle au bond et qu’ils se saisissent du fait que le gouvernement ait introduit le climat dans l’article 34 pour le mettre dans un autre article, l’article 1er ou un article de la Charte de l’environnement », a-t-il poursuivi.

L’association « Notre affaire à tous » pour le droit environnemental parle d' »une occasion manquée pour mettre la France à l’heure du climat ».

© AFP

2 commentaires

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    • Claude Renaud

    Les députés comme les sénateurs, sont des gens qui vivent dans l’opulence et n’ont pas envie
    de voter des lois contraignantes qui les obligeraient à montrer l’exemple. Par exemple : réduire
    sa consommation, ne plus rouler en grosse berline ou en voiture de sport, voyager moins, c’est-
    à-dire moins prendre l’avion ou plus du tout. Donc, un avenir inenvisageable pour ces gens-là.
    Les lois pour réduire drastiquement l’impact sur le Climat ne sont pas pour demain.
    Là, j’ai cité les politiques, mais ça vaut pour tous les nantis de la Planète.
    Le CO2 a encore de beaux jours devant lui.

    • Patrice DESCLAUD

    Le changement climatique est avéré et se « voit » à tous les niveaux désormais et, suffisamment pour que le profane en perçoive la gravité dans son quotidien. La perte de biodiversité ne se ressent que pour ceux qui la cherchent, l’observent, la comptent, dont sous les océans (par exemple), mais insuffisamment encore (hélas) pour en mesurer chaque jour l’ampleur et la gravité voire irréversibilité pour de nombreuses espèces. Et donc le béotien au quotidien voir au mieux que les petits oiseaux sont en diminution.
    N’est-ce pas de la sorte que nos dirigeants (souvent parisiens et technocrates de bureaux et assemblées : « hors sol ») réagissent pour ce qui est de la constitution et de préoccupations majeures pour la planète ? Coup de cœur de vitrine comparable « aux achats d’impulsion » ?
    Cordialement,
    Patrice

Tony Rinaudo, l’agronome « faiseur de forêts » qui a restauré plus de 5 millions d’hectares de végétation en Afrique grâce à la régénération naturelle assistée : « une des premières choses que nous avons demandée aux gens était de croire dans la valeur des arbres »

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