L’ours polaire ne trouve plus assez de phoques pour se rassasier

ours polaire

Deux ours polaires au zoo de Berlin le 8 janvier 2010 © AFP JOHN MACDOUGALL

Miami (AFP) – Les ours polaires ne trouvent plus assez de phoques pour se rassasier et le problème va aller en s’empirant avec le changement climatique d’après une étude jeudi montrant que le métabolisme du roi de la banquise est plus élevé qu’estimé.

« Nous avons découvert que les ours polaires ont en réalité des besoins énergétiques beaucoup plus élevés que prévu », a expliqué Anthony Pagano, le principal auteur de cette étude publiée dans la revue Science.

« Ils ont besoin d’attraper beaucoup de phoques » pour satisfaire un métabolisme 1,6 fois plus important que celui avancé par de précédentes estimations, selon ce scientifique de l’université de Santa Cruz en Californie.

Les biologistes ont suivi neuf femelles en Arctique dans la mer de Beaufort, équipant les plantigrades de caméras-colliers et comparant leur urine et prise de sang à plusieurs jours d’intervalle.

L’étude s’est déroulée « au début de la période allant d’avril à juillet lorsque les ours polaires chassent le plus activement et emmagasinent la graisse dont ils ont besoin pour subsister toute l’année », a expliqué M. Pagano qui travaille également pour l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis (USGS).

Et malgré cela, cinq spécimens ont perdu de la masse corporelle en l’espace de 8 à 11 jours. « Quatre ours ont perdu 10% ou plus de leur masse corporelle », précise le rapport.

De précédentes hypothèses avaient induit les scientifiques en erreur sur le métabolisme de ces énormes mammifères.

Des chercheurs pensaient ainsi que leur technique de chasse, qui consiste essentiellement à attendre la proie, les conduisait à dépenser peu d’énergie pour se nourrir. Ou encore qu’ils pouvaient ralentir leur métabolisme lorsqu’ils n’attrapaient pas assez de phoques.

L’Arctique se réchauffe deux fois plus rapidement que le reste de la planète et la fonte des glaces contraint les ours à parcourir de plus grandes distances pour trouver les jeunes phoques qui sont leur nourriture de prédilection.

« La glace à travers l’Arctique diminue de 14% par décennie, ce qui va probablement réduire l’accès des ours à leurs proies », détaille l’étude.

La population d’ours polaires a diminué d’environ 40% au cours de la décennie écoulée, selon l’USGS. Mais « nous disposons désormais de la technologie pour étudier leurs déplacements sur la glace, leurs activités et leurs besoins énergétiques, et nous pouvons ainsi mieux comprendre les implications des changements que nous observons sur la glace », rassure Anthony Pagano.

© AFP

3 commentaires

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  • 40% en déclin au cours de la décennie écoulée ne représente pas une analyse objective sur tout le territoire de l’Arctique. Sur la question des ours blanc, il y a confusion vu la santé des populations. Les ours sont en effet été affectés par la fonte des glaces, mais ils ont été marqué de manière précoce d’une image symbolique, soit l’icône du réchauffement climatique. Ceci capitalisait sur des predictions générales qui ne prenaient pas en compte les variables géographique des sous-populations. Il existe approximativement 26,000 individus s’étalant autour de l’ocean Arctique et des cinq pays qui l’entoure, une population qui est stable depuis environ une dizaine d’années. Celle-ci de divise en 19 sous-populations; 3 sont en déclins, 6 sont stables, 1 est en croissance; quand au reste, il n’existe pas suffisamment de données pour les évaluer.

    Le movement migratoire de certaines sous-populations suggère un adaptation d’ individus à des conditions changeantes. En effet, certains territoires se trouvent démunis, alors que d’autres témoignent de croissance qui en stresse néanmoins les calories locales, et par extension la balance de l’écosystème.

    • Claude Courty

    Si ça pouvait effrayer les touristes au point de foutre la paix à ces malheureux plantigrades !

    • Nathalie

    Encore une fois, l’humain et ses activités destructrices est la source du problème. Le virus fera tout disparaitre avant de disparaitre à son tour. Dommage qu’un autre virus moins visible n’arrive à l’exterminer avant que toutes les autres espèces, bien moins nuisibles, ne disparaissent à tout jamais. La terre était vivable, l’humain en a fait un enfer, partout et tout le temps. Quelle vermine….

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