Le nouveau plan loup soumis à une consultation publique

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Le nouveau plan loup soumis à une consultation publique © AFP/Archives RAYMOND ROIG

Paris (AFP) – Le nouveau plan loup 2018-2023 est soumis depuis lundi à la consultation publique sur Internet, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot qualifiant à cette occasion d' »enjeu majeur » la « cohabitation avec la grande faune sauvage ».

[Pour prendre part à la consulter, suivez-ce lien]

Présenté avec le ministère de l’Agriculture, ce quatrième plan national sur le loup, dénoncé par les représentants des éleveurs lors de la concertation fin 2017, a été mis en ligne sur le site du ministère de l’Écologie.

Le public a jusqu’au 29 janvier pour déposer des observations.

« Le gouvernement se fixe un double objectif : le premier c’est assurer la viabilité, pour l’instant incertaine, de l’espèce sur notre territoire. C’est un objectif non négociable », a dit Nicolas Hulot dans une vidéo sur Twitter.

« Le nombre actuel – 360 loups, bientôt sans doute 400 – est encore insuffisant, et nous visons au moins 500 avant la fin du quinquennat, conformément à nos engagements pour la biodiversité », a-t-il souligné.

« Le deuxième objectif, à parité avec le premier, est la protection des éleveurs et troupeaux », a-t-il ajouté, évoquant une « priorité absolue » dans « le renforcement des mesures de protection ».

Le plan prévoit, par exemple, des aides à la protection (gardiennage, chiens, parcs, analyses de vulnérabilité…), la création d’un observatoire des mesures de protection et d’un accompagnement technique, la mise en place d’une filière de qualité pour les chiens de protection…

S’agissant du nombre de « prélèvements » (abattages) de loups autorisés chaque année, il se base sur les préconisations scientifiques: qu’ils ne dépassent pas 10% de la population.

« Cela signifie limiter les prélèvements de loups à 40 individus en 2018. Ce n’est pas idéal mais c’est un chiffre stable alors que la population croît de 10% », a souligné M. Hulot.

« La situation biologique de l’espèce permet des prélèvements d’individus afin de prévenir les dommages importants aux troupeaux. Cette possibilité doit être utilisée dans un cadre raisonné », note le plan, qui appelle à mieux évaluer l’efficacité de ces interventions.

Concernant l’indemnisation des éleveurs victimes d’attaques (3,2 millions d’euros ont été accordés en 2016, soit +60 % depuis 2013), elle sera désormais soumise à la mise en place préalable de mesures de protection, autre motif de mécontentement des éleveurs.

Ce « principe doit être appliqué de manière progressive et adaptée » à chaque cas, souligne le plan.

Espèce protégée, le loup, disparu depuis les années 1930, est revenu par l’Italie à partir de 1992. Notamment présent dans les Alpes, il a tué près de 10.000 brebis en 2016.

« On ne peut exiger des pays africains qu’ils protègent leurs lions si nous-mêmes en France on n’est pas capable de cohabiter avec le loup et l’ours. (…) C’est un défi de civilisation que propose de relever ce plan », selon Nicolas Hulot.

© AFP

4 commentaires

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    • BRUNA

    Une étude scientifique a démontré que là où le loup vivait la faune et la flore renaissaient ! nous devons en tenir compte à l’heure où l être humain détruit d’une façon éhontée la planète ! que des espèces par leur seule existence puisse permettre cette harmonie nous donnent une sérieuse leçon que nous ne savons écouter ! ceci est la responsabilité des politiciens qui doivent tout mettre en oeuvre pour protéger les espèces vivantes dans de bonnes conditions ! il ne suffit pas de réintroduire le loup pour aller l’abattre quelques temps après sous le poids de lobby ou autre raison insensée ! c’est d’une déplorable inconséquence !!! Messieurs les politiciens prenez donc des mesures « humaines » et tenez vous y !! c’est de votre devoir ! la terre ne nous appartient pas et nous devons la laisser à nos descendants au mieux possible ce qui, à l’heure, est dramatiquement loin d’être le cas !!

      • Bibi

      Ok avec bruna et une question subsidiaire sur .. « S’agissant du nombre de « prélèvements » (abattages) de loups autorisés chaque année, il se base sur les préconisations scientifiques: qu’ils ne dépassent pas 10% de la population…  » .;

      alors, étude scientifique ou une réserve pour chasseurs news age !! ??

  • L’homme est homo-abruticus …. Les lobbies de toutes sortes conduisent à des exactions qui, souvent, sont irréversibles. Nous ne sommes, nous-mêmes, que des animaux. Soit-disant dôtés d’une intelligence car nous disons tout et son contraire par le biais de la parole. On ferait bien de tourner 7 fois notre langue avant de sortir des inepties et tirer des coups de fusil sur ce qui contrarie notre petit confort ou autres sociétés de chasse. Qui sommes nous pour éradiquer une espèce? La dernière image d’un film (Wolfen) montre bien cette intelligence de cette superbe louve blanche face à la débilité d’un sénateur. On devrait prendre des lessons de cet animal qui reste fidèle à sa troupe et sa compagne (ou compagnon). Il ne chasse que pour nourrir sa meute. Et, souvent, s’en prend au plus faible qui, malade, ne peut plus suivre la troupe.

    • DESCLAUD Patrice

    L’équilibre de la biodiversité et des biotopes, c’est à l’image de la planète : tout déséquilibre provoqué par l’homme fini par se traduire et se payer « autrement » et contre l’homme !
    Si on veut assumer la diversité en tentant de la réguler, il faut la payer ! Donc il faut indemniser les bergers des pertes réellement issues de l’appétit des loups afin que cela ne devienne pas non plus une source de revenus indus. Et si les citoyens veulent des loups, ils doivent participer aussi à ces indemnisations (mais étayées très sérieusement).
    On ne peut pas se contenter d’incantations écologiques ou environnementales, il faut assumer les budget correspondants.

Un rapport de l'ONU demande la réaffectation de 470 milliards de dollars de subventions agricoles qui nuisent aux prix des denrées et nous éloignent des objectifs environnementaux et sociaux

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