Enfouir les déchets nucléaires: solution « la moins mauvaise » selon Hulot

Paris (AFP) – Enfouir des déchets nucléaires radioactifs comme le prévoit le projet Cigéo à Bure (Meuse) n’est « pas une solution entièrement satisfaisante » mais c’est la « moins mauvaise », a déclaré jeudi le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, des propos immédiatement dénoncés par les associations antinucléaires.

L’industrie nucléaire, « pas aussi vertueuse qu’on voudrait nous le dire », « nous laisse un tragique héritage de déchets à très haute intensité de radioactivité et de durée de vie très longue », et « que cela me déplaise ou pas, ils sont là, donc il va bien falloir qu’on s’en occupe », a déclaré le ministre au sénat lors d’une séance de questions au gouvernement.

« C’est une question de choix de société, une question éthique et morale, que celle de laisser des déchets enfouis, ou gérés autrement, à des générations futures dont nous ignorons tout », a-t-il noté, rappelant que la France avait « fait le choix de l’enfouissement en site géologique profond ».

« Pour être très sincère avec vous, cette solution n’est pas entièrement satisfaisante, mais disons que c’est la moins mauvaise. Et pour vous dire le fond de ma pensée, je pense qu’il n’y a pas malheureusement de solution miracle à un problème aussi complexe », a estimé le ministre.

Nicolas Hulot « déclare sa préférence pour l’enfouissement et Cigéo », « s’enlise dans le bourbier nucléaire et renie ses engagements », a réagi la coordination d’associations lorraines anti-Cigéo, Burestop dans un communiqué.

« Après avoir différé à 2035, la réduction à 50% de la production électronucléaire (le ministre) déclare sa préférence pour l’enfouissement et Cigéo », a souligné Burestop pour qui le ministre « n’est plus à une compromission près, au nom d’un principe de réalité totalement absurde ».

Le projet Cigéo, régulièrement contesté devant les tribunaux et sur le terrain, vise à enfouir à 500 mètres sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français.

En juillet, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) avait annoncé que la construction de Cigéo ne débuterait pas avant 2022, pour un lancement de la phase pilote autour de 2025. Le dépôt de la demande de construction a en effet été reporté de mi-2018 à mi-2019 et l’instruction de cette demande exigera environ trois ans.

Nicolas Hulot a assuré que le processus ne se ferait pas dans la « brutalité » mais dans le « dialogue », notamment avec les collectivités locales. Et dans cette optique, « le gouvernement nommera un garant des procédures de concertation ».

Alors qu’il s’est retrouvé cette semaine sous le feu des critiques des écologistes à propos d’un autre dossier nucléaire, après avoir annoncé le report à après 2025 de l’objectif de ramener à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité, le ministre a appelé à en « finir avec les passions sur ce sujet ».

« On ne peut pas laisser les passions, et pas plus l’irrationnel, guider nos choix énergétiques surtout lorsqu’ils sont aussi déterminants que la question du nucléaire », a-t-il déclaré.

« La filière électronucléaire, Etat dans l’Etat, doit être sauvée coûte que coûte. Et peu importe que la population et les générations à venir en fassent les frais », a souligné Burestop.

© AFP

7 commentaires

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    • Claude Courty

    Si la moins mauvaise des solutions consiste à enfouir nos déchets, comme la poussière est poussée sous le tapis par la ménagère sans conscience, la meilleure solution est à coup sur de moins en faire, en étant tout simplement moins nombreux à les produire.
    il est tout de même curieux qu’aucun de nos grands esprits écologiques ne semble y penser.

    Pas d’avenir pour la planète Terre et ses habitants, sans dénatalité humaine. Or, pendant que 100 millions d’êtres humains supplémentaires naissent chaque année, la plupart des experts continuent, dans un conformisme affligeant, de proposer des théories qui n’en tiennent aucun compte.
    Qui peut prétendre raisonnablement traiter de sciences humaines et de l’environnement en omettant – voire en refusant – de considérer et a fortiori de traiter le problème factuel de population humaine comme le préalable incontournable à toute spéculation d’ordre sociologique, économique et écologique, et sa solution comme hautement prioritaire.

    Le Précis de pyramidologie sociale explique pourquoi :
    https://www.amazon.fr/Pr%C3%A9cis-Pyramidologie-sociale-pr%C3%A9occupe-peuplent/dp/1549526200/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1508946401&sr=8-1&keywords=Pr%C3%A9cis+de+pyramidologie+sociale

    • Le Bras Véronique

    Il y a du monde c’est vrai mais il y a de la place ! Toutes ces contrées désertiques que nous pourrions cultiver en reboisant petit à petit. Certes il vaut mieux s’armer de courage et de patience mais les solutions durables et équitables existent. Prouvons aux lobbies de tous poils notre détermination. aura

    • Robert BIGEAT

    La solution idéale, mais non réalisable à notre époque, serait de les envoyer dans l’espace, sur plusieurs orbite autour su Soleil, non susceptibles de croiser un jour celle de la Terre.
    Comme ce n’est pas réalisable à notre époque, compte tenu de l’actuelle et insuffisante technologie disponible, mais pourrait le devenir d’ici un ou deux siècles, il convient de les enfouir, mais à plus de 2 ou 3000 mètres de profondeur et dans certaines zones géologiques favorables, les 500 mètres du trou grotesque envisagé à Bure sont complètement ridicules insuffisants et risibles. De la sorte on pourra les ressortir quand on saura enfin les envoyer définitivement hors de la planète dans des conditions de coûts et de sécurité, suffisantes.

    • Mona Marcadet

    Nos parents ont connu « un siècle de progrès technologique » et nous en subissons les conséquences.
    Si seulement, ou acceptions de moins consommer, nous pourrions ralentir le processus de destruction de notre belle planète.
    Il est un peu tard semble-t-il.
    Certains pays incitent à une natalité plus élevée. Nous continuerons donc dans le mauvais sens.
    Les centrales nucléaires seront construites là où il y aura les lobbies prometteurs d’une meilleure qualité de vie. En Afrique par exemple, où l’élevage intensif va être réalisé par des financiers français. L’Éthiopie est en plein essor pour ce genre d’élevage. Les « fermes » sont prévues pour plus de 6000 bovins. Et cela pour la demande croissante de pays tels que la Chine dont la population va exploser.
    La planète est grande certes, mais nous la réduisons de jour en jour par son exploitation. La nature nous permet de vivre, ne la détruissons plus, sous peine de ne plus pouvoir vivre bien longtemps.
    Est-il encore possible d’y croire..?
    L’avenir proche nous le dira par les décisions de TOUS les gouvernements.

  • Claude, Véronique et Robet ont raison de ne pas s’endormir comme la grenouille d’AL Goore.

    Grâce à la fonction exponentielle on sait en effet maintenant que si nous continuons à ce rythme la croissance deviendra un PB majeur. Voir
    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/energie-sans-riviere/Lutins-croissance.htm

    Mais nous n’en sommes heureusement pas encore là. Il n’est en effet pas trop tard pour résoudre en bonne partie notre problème de l’énergie. Pour cela il est nécessaire de prendre conscience que :

    – Le chauffage de l’habitat EXISTANT représente la plus grande part de l’énergie finale que nos consommons.Ceci sous forme électrique avec l’effet joule ou avec la combustion.

    – Nous avons la possibilité de diviser l’énergie finale que nous consommons par le COP des pompes à chaleur aquathermiques pour assurer cette fonction. Ceci en GÉNÉRALISANT cette chaîne énergétique.

    Il est possible comme le prouve le livre « La chaleur renouvelable et la rivière ».

    Ceci en s’orientant vers l’eau en tant que véhicule thermique.

    La région parisienne commence timidement à le comprendre.mais pour ne pas avoir à « demolir Paris » tout en généralisant le procédé il.va falloir qu’elle s’appui plus sur l’eau froide de surface que sur l’eau chaude geothermale profonde

    • francis

    Pour moi, il y a 2 problemes
    1 – Celui des dechets deja existants, pour eux je ne vois pas de moins mauvaise solution que celle proposee
    2 – Celui de la politique pour le futur, pour ca je ne suis pas assez competent pour prendre position

  • […] er im November diese Jahres das Endlagerprojekt in Bure als „geringstes Übel“ bezeichnete (https://www.goodplanet.info/actualite/2017/11/10/enfouir-dechets-nucleaires-solution-mauvaise-selon-… ) und dadurch erneute Kritik auf sich vereinigte. […]

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