Gironde: non-lieu pour l’épandage de pesticides près d’une école

Bordeaux (AFP) – Un non-lieu a été prononcé envers deux châteaux viticoles qui avaient épandu en 2014 des pesticides près d’une école dans le nord de la Gironde où des élèves avaient été pris de malaises et de nausées, a-t-on appris jeudi auprès des parties civiles qui ont décidé de faire appel.

« On est extrêmement déçus par cette décision de justice, déçus pour l’environnement, pour les victimes, les enfants et l’institutrice, ainsi que les riverains qui affrontent ce problème de pesticides en Gironde », a déclaré à l’AFP Daniel Delestre, président de la Fédération des sociétés pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le Sud-Ouest (Sepanso).

« Ce n’est pas ce non-lieu qui va faire avancer les choses en termes de sécurité et de santé des riverains et des salariés » dans les vignes, a ajouté ce représentant d’une des parties civiles, qui a décidé d’interjeter appel.

Concernant l’intoxication des enfants aux pesticides, il est « permis de le soupçonner » mais « aucun élément objectif ne permet de l’assurer », selon l’ordonnance citée dans le journal Sud Ouest. Le parquet de Libourne n’a pas l’intention de faire appel, a-t-il précisé.

Pour l’association Générations futures, les élèves et l’enseignante présentaient des symptômes typiques d’une intoxication aux pesticides. « On nous dit que ce n’est pas ça mais on ne nous dit pas quoi. Les enfants ont été malades et nous ne savons pas pourquoi », a souligné Nadine Lauverjat, coordinatrice de cette association de défense de l’environnement.

Pour l’avocat de la Sepanso, soit il y a eu un épandage alors que la vitesse du vent était supérieure à 3 sur l’échelle de Beaufort, ce qui est interdit, soit l’épandage a dépassé la parcelle. « Dans l’ordonnance du juge d’instruction, il y a des analyses Météo-France qui disent qu’effectivement il y avait ce jour-là un vent sur le département », s’étonne Me François Ruffié.

« Cela mérite qu’il y ait un débat contradictoire devant le tribunal. Cette histoire a changé les discours, maintenant il faudrait changer les pratiques », a-t-il conclu.

Les domaines d’appellation Côtes de Bourg, Château Escalette et Château Castel La Rose, avaient été mis en examen pour « usage inapproprié de produits phytopharmaceutiques ».

En mai 2014, une vingtaine d’enfants et une enseignante d’une école primaire de Villeneuve-de-Blaye avaient été pris de malaises, ou s’étaient plaints de picotements aux yeux, de maux de gorge, à la suite de l’épandage de fongicides sur des vignes proches. Ils avaient été confinés dans les locaux scolaires.

Deux domaines, l’un certifié bio, l’autre conventionnel, avaient traité ce jour-là leurs parcelles avec des produits autorisés, qui comportaient des mises en garde sur un risque de nocivité.

© AFP

2 commentaires

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    • DEDOU 15

    Je pense qu’il y a une réalité à l’intoxication aux pesticides, les pouvoirs officiels concernés devraient se pencher sérieusement sur ce problème. En tout état de cause, ces produits chimiques devraient être interdits à la fabrication, à la vente. L’amiante est désormais interdite en France, pourquoi pas les pesticides, lesquels touchent les professionnels de l’agriculture, les personnes proches, les animaux, le sol et l’eau.

    • DUBAU

    Dans cette affaire, ce qui est navrant de la part d’un tribunal, c’est de mettre hors de cause ces produits de traitement sans pour autant dire de quoi ces enfants ont été intoxiqués. Il pourrait bien s’agir d’autre chose, cela peut s’admettre. Dans cette hypothèse on a délibérément abandonné toute recherche dans l’origine de cette intoxication. Toutes ces personnes contaminées pouvait décéder par négligence d’investigations médicales. Qui dans cette hypothèse doit être poursuivi en justice?

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