Inquiétudes sur la sûreté de l’usine Areva de la Hague

Beaumont-Hague (France) (AFP) – Les syndicats CGT-FO-Unsa-CFDT et des élus locaux ont déploré jeudi une « diminution » selon eux de la sûreté de l’importante usine d’Areva à Beaumont-Hague (Manche), dégradation liée à la « situation financière grave » du groupe.

La commission locale d’information (CLI) du site, qui regroupe le plus de matière radioactive en Europe, a adopté une motion demandant à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) une « vigilance accrue » face à la « diminution de la sûreté des installations ».

La motion a été adoptée à la majorité des 30 à 40 membres présents de la CLI, qui regroupe élus locaux, syndicalistes et associations environnementales.

Cette motion fait suite à un « message d’alerte » communiqué par le CHSCT (Comité d’hygiène et sécurité) en novembre, lors d’une réunion non publique de la CLI. « La direction, au travers d’une course effrénée aux économies, met à mal le système de défense en profondeur » du site face au risque « d’accident nucléaire », selon le message du CHSCT dont l’AFP a eu une copie.

« Les formations sont faites à la va-vite par manque d’effectifs (…) La totalité des médecins tirent la sonnette d’alarme à propos de la santé mentale des salariés du site », égrène le texte.

« La situation du site est plus qu’alarmante en termes de sous-effectifs », a ajouté Patrick Méhaut (CGT) durant la CLI de jeudi.

« Imaginez-vous dans un aéroport. On vous propose d’embarquer sur un vol avec un copilote sans licence parce que, depuis deux ans, il pilote des hélicoptères et, avec un réacteur trois dont la maintenance annuelle est dépassée de 15 jours, qui embarquerait? Les salariés Areva le font tous les jours », a ajouté Sébastien Legouix de la CFDT.

Dans le secteur clé de la production d’énergie, « les démissions n’en finissent plus », a ajouté Olivier Lafitte (Unsa). Ce secteur en cours d’externalisation à Dalkia, filiale d’EDF, est notamment responsable du refroidissement des piscines où attendent d’être traités les combustibles irradiés dans les centrales nucléaires françaises.

L’ASN n’a « pour l’instant pas fait de constat alarmant » mais « on a prévu des inspections sur le sujet », a indiqué jeudi durant la CLI Hélène Héron, chef de la division normande.

Le directeur adjoint de l’usine, René Charbonnier, a lui indiqué que « la sûreté est la priorité » d’Areva et que le groupe continuait à recruter. En 2015, la direction avait annoncé la suppression progressive de 500 postes, sans licenciements.

Près de 5.000 personnes travaillent sur le site, dont 2.900 pour Areva NC.

© AFP

3 commentaires

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    • Robert BIGEAT

    L’Empire du nucléaire en France, craque de partout, EDF s’enfonce dans les dettes, Areva est à la rue, et maintenant le personnel du nucléaire lui-même, conscient du malaise et de l’absurdité de sa tâche, démissionne, (les démissions n’en finissent plus), car il trouve ailleurs dans l’industrie, de meilleures conditions de travail et de rémunérations et doute surtout, de la pertinence, de l’utilité, de son travail.
    L’option nucléaire fut une immense erreur, économique, financière, technique et humaine, et il est urgent d’officialiser cette vérité de base, qui a atteint le paroxysme de l’absurde en France malheureusement. Par delà sa mort, et le nucléaire laissé en héritage, De Gaulle poursuit ainsi, avec pour seule perspective maintenant, une catastrophe nucléaire majeure en France même, son « oeuvre », car tel était son but secret, de destruction du pays des Rois de France.

    • Rozé

    Inquiétant ! La preuve que la recherche du profit seule ne suffit pas à assurer la sécurité comme on aime à nous le faire croire. Le risque d’un accident nucléaire grave s’accroît car une technologie obsolète et dangereuse ne motive guère les carriéristes. Et la bêtise d’un lobby et d’un gouvernement qui s’obstine à maintenir trop longtemps ces réacteurs dépassés ne fait qu’augmenter la probabilité de l’accident grave. Y aura t il un tribunal capable de condamner lourdement tous ceux qui ont de près ou de loin persisté dans l’erreur ? Que deviendra notre beau pays et ses constructions ainsi que nos modestes demeures si survient l’accident grave ?
    Il faut être résolument optimiste pour se poser ces questions de bon sens et rester quand même dans ce pays de plus en plus dangereux … surtout pour nos descendants !

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