Ile de Sein: des habitants déposent un recours en urgence contre EDF

Brest (AFP) – Des habitants de l’île de Sein (Finistère), regroupés autour du projet Ile de Sein Energies (IDSE) qui vise à approvisionner l’île uniquement en énergies renouvelables, ont déposé jeudi un recours en urgence devant le tribunal administratif de Rennes contre le monopole d’EDF, ont-ils annoncé à l’AFP.

« EDF bloque notre initiative en s’appuyant sur le monopole que lui donne l’Etat pour la gestion du réseau de distribution de l’électricité » dans les zones non interconnectées au réseau continental, a expliqué à l’AFP Patrick Saultier, à la tête de la société IDSE, créé en 2013 par une soixantaine de personnes, dont une quarantaine de Sénans sur les 120 résidant à l’année sur l’île de 56 hectares.

Le recours a été déposé à l’encontre du Syndicat départemental d’électricité et de gaz du Finistère (SDEF), l’autorité propriétaire des réseaux qui a attribué, jusqu’en 2023, la concession du service public de l’électricité à EDF et au distributeur de courant Enedis dans le département.

« Le monopole d’EDF n’est pas conforme au droit européen », a expliqué Anne Le Tallec, avocate d’IDSE, qui a déjà déposé une requête au fond début mars, auprès du même tribunal.

« Le juge va devoir prendre une décision en 15 jours sur le bien-fondé de la demande d’IDSE de pouvoir obtenir la concession du service public de distribution de l’électricité sur l’île », a indiqué Me Le Tallec, qui a notamment fait valoir « l’urgence climatique » dans sa requête dont l’AFP a obtenu une copie.

« D’autres recours seront déposés à Bruxelles et en France contre l’Etat », a souligné Patrick Saultier.

L’électricité consommée sur l’île de Sein, petit confetti posé à fleur d’eau et donc particulièrement sensible au changement climatique et à la montée du niveau des océans, est produite via des groupes électrogènes diesel qui consomment chaque année plus de 420.000 litres de fioul, un coût de plus de 450.000 euros, selon IDSE qui estime que cette consommation conduit a rejeter plus de 1.200 tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

Mais le projet d’IDSE divise les habitants de l’île, entre les pros et les antis, dont le maire Dominique Salvert, qui préfère travailler avec EDF.

© AFP

 

4 commentaires

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    • MOREAU

    Bravo aux Sénans qui ont déjà dans le passé résistés à la dictature nazie en répondant à l’appel du Général ! Que fait Ségolène ? Elle qui se gargarise avec la COP21, devrait être un atout majeur dans cet épisode !

    • Robert BIGEAT

    Le monopole d’EDF est une aberration économique, qui n’a que trop duré. C’est un anachronisme. Il faut savoir vivre avec son temps et avec la technique de l’heure, qui, au cas particulier, renouvelables meilleur marché et sans dangers, ni déchets, renvoie EDF et son nucléaire à la poubelle de l’histoire des technologies du passé.

    • Rozé

    Les commanditaires d’EDF (à ne pas confondre avec ses salariés), n’aiment guère la relocalisation de la production d’électricité. Or c’est là une des caractéristiques majeure des énergies renouvelables qui permet entre autres de réduire la distance entre production et consommation.
    J’espère qu’il existe encore une justice indépendante dans ce pays et que les habitants de l’ile de Sein vont gagner leur procès !

    • bob66

    C’est une honte de brûler 420.000 litres de fioul alors que des solutions avec des EnR sont possibles.
    Scandaleux que EDF, ENEDIS, le MAIRE et la moitié des iliens bloquent les solutions écologiques.
    Ségolène avant de partir, faites votre travail avec courage.

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