L’UE divisée sur une définition des perturbateurs endocriniens

Bruxelles (AFP) – La Commission européenne a renoncé mardi à organiser un vote de représentants des États membres de l’UE sur une définition commune des perturbateurs endocriniens, faute de soutien suffisant aux critères qu’elle propose, jugés trop laxistes par certains pays.

« Il n’y pas eu de vote et pour le moment il n’y pas de date prévue pour de nouveaux débats », a indiqué à l’AFP un porte-parole de la Commission européenne à l’issue d’une réunion à Bruxelles d’experts mandatés par les États membres.

Après plusieurs rencontres similaires, ces derniers devaient une nouvelle fois débattre du texte, mis sur la table en juin 2016 par la Commission, proposant des critères de définition des perturbateurs endocriniens, substances chimiques nocives présentes dans de nombreux produits de la vie courante.

Mais plusieurs États membres, à l’image de la France, contestent la définition jugée trop étroite de l’exécutif européen pour encadrer l’utilisation de ces substances dans les pesticides et les biocides, mais aussi dans des produits comme des désinfectants pour les mains.

La Commission, qui a apporté des modifications à sa proposition initiale, « reste engagée à remplir ses obligations d’identifier les perturbateurs endocriniens », a-t-elle précisé mardi, promettant de continuer « à oeuvrer en pleine transparence » dans ce dossier.

La ministre française de l’Environnement, Ségolène Royal, a regretté dans un communiqué que « la définition modifiée par la Commission ne soit toujours pas acceptable », l’invitant à « continuer à travailler pour déboucher sur une décision enfin crédible ».

Elle a notamment reproché à la Commission de ne prendre en compte que les perturbateurs « avérés » et de ne pas « tenir compte de la plausibilité des effets sur la santé de ces substances ».

« Il faut plus que de simples modifications cosmétiques », a réagi Pelle Moos, expert auprès du Bureau européen des consommateurs (Beuc), plaidant pour que la définition des perturbateurs endocriniens englobe aussi les produits suspects, « seule manière de vraiment protéger les consommateurs ».

La Commission européenne avait proposé en juin 2016 ses critères de définition, plus de deux ans après la date initialement promise, suggérant qu’un perturbateur endocrinien soit défini comme une substance qui a des effets indésirables sur la santé humaine et qui agit sur le système hormonal, avec un lien prouvé entre les deux.

Ces critères « fondés sur la science », « feront du système réglementaire de l’UE le premier dans le monde à définir ces critères scientifiques sur le plan législatif », avait alors plaidé le président de la Commission, Jean-Claude Juncker.

© AFP

2 commentaires

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    • Dupont

    Réparer les dégâts sera plus difficile, long et coûteux que de supprimer les PE !

  • Il eût été utopique de mesurer ces effets en amont selon un principe de précaution. Bien sûr, pas par Bayer ou Monsanto,. Mais, nous aurions eu un aperçu des dégâts. Car, s’en défaire après? Devrait s’avérer compliqué, voire impossible. Sauf ? A changer des habitudes. En effet, à vouloir une supra-production hyper-intensive, on se noie dans la synthèse de produits pas toujours recommandables. Certains agriculteurs avisés ont mesuré l’impact sur leur ressource, d’une production de qualité en s’éloignant des marchés de masse. Privilégiant, ainsi les circuits courts de panier-client. Le produit s’avère un peu plus cher, mais garanti un revenu au paysan. Qui, à son tour, améliore ses sols en n’ayant plus de produits destinés à améliorer sa production. Tout le monde s’en trouve gagnant.

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