Jour du Dépassement, tous les articles sur le sujet. Si tout le monde vivait comme vous, combien de planètes faudrait-il ?

Extension de Roland-Garros: balle de match pour la Fédération

Paris (AFP) – Balle de match pour la Fédération française de tennis, « écoeurement » des opposants: le Tribunal administratif a rejeté jeudi tous les recours des opposants au projet d’extension de Roland-Garros, donnant son feu vert pour les travaux et leur livraison comme prévu entre 2018 et 2020.

Le feuilleton juridique qui dure depuis des années touche à sa fin et la FFT est en passe de remporter son match, même si les opposants ont encore des possibilités de recours devant la Cour administrative d’appel. Ceux-ci ne seront toutefois pas suspensifs pour les travaux, a précisé la FFT à l’AFP.

« Le Tribunal administratif de Paris rejette, par cinq jugements en date du 2 février 2017, les requêtes de plusieurs associations qui lui demandaient l’annulation de deux permis de construire accordés par la maire de Paris, le 9 juin 2015, à la Fédération française de tennis pour la restructuration du stade de Roland-Garros », détaille l’arrêté sur le fond du dossier, tombé en début de soirée.

Il autorise ainsi « la construction d’un court de tennis sur une parcelle dans le Jardin des serres d’Auteuil », et « la reconstruction du court central Philippe-Chatrier afin d’augmenter le nombre de places et de le doter d’un toit rétractable ».

Résultat: la livraison des travaux devrait avoir lieu comme prévu entre 2018 et 2020, avec une édition 2019 de Roland-Garros doté de son nouveau court semi-enterré de 5.000 places sur une parcelle des Serres d’Auteuil et d’un court Philippe-Chatrier muni d’un toit rétractable.

« C’est une surprise », a expliqué à l’AFP Agnès Popelin, de France Nature Environnement opposé au projet, se basant sur les conclusions du rapporteur public le 19 janvier. Ce dernier avait recommandé l’annulation du permis de construire dans les Serres d’Auteuil, et l’octroi des permis de construire sur le « triangle historique » du stade de la Porte d’Auteuil.

– Projet lancé en 2011 –

La décision du Tribunal administratif intervient alors qu’au civil, le Tribunal de grande instance avait déjà rendu un verdict en faveur du projet de la FFT le 10 novembre en déclarant irrecevable l’ensemble des revendications des opposants.

« C’est une grande victoire pour le tennis et les élus de la fédération », s’est félicité de son côté Jérémy Botton, directeur général de la FFT à l’AFP.

Le projet avait été lancé en 2011 par la Fédération, qui avait privilégié une extension sur son site historique de la Porte d’Auteuil à un déménagement sur un nouveau site.

« En écartant la cinquantaine de moyens d’illégalité soulevés, le Tribunal consacre la légalité des permis de construire de ce projet crucial pour l’avenir du tournoi de Roland-Garros et le tennis français. La Fédération Française de Tennis se félicite que le droit et la raison l’emportent enfin », a indiqué l’instance dans un communiqué intitulé « Jeu, set et match pour la FFT! ».

Cette décision « met fin, je l’espère, à un long feuilleton judiciaire, qui n’a eu de cesse de confirmer la pertinence de ce projet d’aménagement », a salué de son côté la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, dans un communiqué.

Le nouveau Roland-Garros « nous assure de maintenir durablement ce tournoi du Grand Chelem à Paris », ajoute la maire qui voit également là un « excellent signal adressé à l’international » à la veille de la remise du troisième volet de la candidature de Paris aux jeux Olympiques 2024.

« C’est un écœurement », a en revanche rétorqué Agnès Popelin. « On sacrifie une fois de plus pour des raisons pseudo-économiques, le fleuron des jardins botaniques de Paris, pour servir le tennis quinze jours par an », a-t-elle regretté en ajoutant : « Je vois mal comment Paris 2024 peut se prétendre écologique ».

Le site de Roland-Garros fait partie intégrante du projet de candidature de Paris à l’organisation des JO. Vendredi marque le coup d’envoi de la campagne internationale pour l’élection de la ville hôte. Paris est en concurrence avec Los Angeles et Budapest, et le verdict du Comité international olympique sera rendu le 13 septembre à Lima.

© AFP

3 commentaires

Ecrire un commentaire

    • c

    C’était le pot de terre contre le pot de fer !!
    Et la FFT en a rien à foutre des jardins botaniques , ce qui soit dit en passant donnaient un peu d’oxygène à la capitale !

    • DESCLAUD

    Oui, c’est écœurant et on a l’impression que chaque fois que l’économique mercantile s’oppose à l’environnement (surtout dans les domaines de la promotion immobilière), c’est la nature qui y perd. Oui, les enjeux financiers entre des serres et des tournois forts chers ne sont pas du même ordre. Mais ne peut-on pas mettre ces stades et cours de jeux en périphérie, voir même à la campagne pour relancer des économies plus rurales, limiter le CO2 et l’automobile sur Paris !
    C’est ça l’aménagement du territoire et la politique de construction de logements ?
    Parfois on se demande si (selon la bonne formule de nos politiciens corrompus), on peut faire confiance en la justice de son pays.
    Patrice.

    • Claude Renaud

    Dans les combats, fric contre bon sens populaire, c’est toujours le fric qui l’emporte. Ça, c’est une
    constante. Monsieur de le Fontaine en avait déjà fait l’observation il y a 350 ans. « Selon que vous serez
    puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » Et ça n’est pas près de changer. Et qu’on ne vienne pas nous parler de pollution, de Climat ou de réchauffement climatique,
    puisque toutes nos actions contribuent à la dégradation de notre environnement. Contre le profit, nous
    serons toujours perdants, mais continuons à mettre des bâtons dans les roues à tous ces projets
    inutiles et dispendieux, comme Notre-Dame-des-Landes, EuropaCity ou le J.O. de 2024.
    Nous allons droit dans le mur, mais au lieu de freiner, nous accélérons. Attachez vos ceintures!!!!