Nucléaire: nouveaux défauts sur les évaporateurs de la Hague

Notre-Dame-des-Landes

Le 9 juillet 2016 à Notre-Dame-des-Landes un occupant de la Zad la "zone à défendre" rebaptisée ainsi par les opposants. © AFP/Archives JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Beaumont-Hague (France) (AFP) – De nouveaux défauts sont apparus sur les évaporateurs de l’usine Areva de la Hague lors de tests sur des cuves « extrêmement irradiantes », déjà sous haute surveillance en raison d’une corrosion plus rapide que prévu, a-t-on appris jeudi auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Ces évaporateurs sont des cuves qui servent à retraiter les déchets nucléaires.

Un des six évaporateurs est « à ce jour à l’arrêt » car « le mode de réparation (…) reste à définir », a précisé Hélène Héron, directrice de l’antenne caennaise de l’ASN, lors d’une commission locale d’information sur l’usine de retraitement de déchets nucléaires réunissant industriels, syndicats, Autorité de sûreté nucléaire (ASN), élus locaux et associations écologistes.

Lors de tests menés sur les six évaporateurs de l’usine, deux « faibles fuites » d’eau sont en effet apparues sur deux évaporateurs différents alors que la pression avait été poussée sur ces appareils, a précisé Mme Héron. Les évaporateurs étaient alors en maintenance et ne contenaient « pas de produits de fission », a-t-elle précisé à l’AFP.

Ces fuites ont été signalées l’automne dernier par Areva à l’ASN.

Une des fuites été réparée depuis sur un évaporateur mais n’a pas pu l’être sur l’autre car elle se situe « sur une zone plus difficilement accessible », a expliqué Mme Héron.

Ces tests étaient menés dans le cadre de la surveillance particulière des évaporateurs mise en place en 2016 face à une « corrosion plus rapide ». Mais il n’y a pas de lien entre cette corrosion et les fuites, selon l’ASN.

Durant l’arrêt de maintenance, Areva a relevé des épaisseurs de parois des cuves de 7,4 mm à 12,5 mm.

Lors de leurs mises en service entre 1989 et 1994, l’épaisseur de ces parois était de 14 mm, selon l’ASN.

Areva avait jusqu’à fin 2016 pour proposer à l’ASN un système qui permette de surveiller ces parois sur une surface beaucoup plus importante qu’aujourd’hui. Mais ses propositions n’ont pour l’instant pas convaincu l’ASN, a indiqué jeudi le gendarme du nucléaire.

Les six évaporateurs, « extrêmement irradiants » selon l’ASN, ne sont pas accessibles à l’homme.

L’industriel en difficulté financière promet six nouveaux évaporateurs pour 2021. Mais l’ASN n’a pas encore donné son feu vert aux nouveaux appareils.

© AFP

3 commentaires

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    • Robert BIGEAT

    Et après les générateurs de vapeurs neufs et à problèmes, dont l’ASN nous en entretient régulièrement, et en plus un accident à Paluel le 31 mars 2016, lors d’un premier changement d’un tel générateur mais plus gros puisque sur un 1300 MW, plus puissants que les 900 MW où l’opération est bien maîtrisée, pourrait bien avoir stoppé ce « réactueur », un des 4 du site de Paluel, pour l’éternité, la réparation, longue, complexe et onéreuse, justifiant largement d’arrêt définitif, donc après les générateurs de vapeur, voici venir les évaporateurs en zones fortement radioactives… Qui c’est déjà qui nous affirmait que le nucléaire, c’était fiable et pas cher ? Sans doute la même équipe d’optimistes indécrottables, issue de l’école des Mines, dont un éminent spécialiste auto-proclamé, nous affirma un beau jour de 1986 obscurci quand même par le nuage des Tchernobyl alors à l’horizon bleue des Vosges, qu’il s’arrêtait à la frontière.

    • Didier PUEL

    Le coût du Nucléaire : Mensonge d’Etat

  • Arrêtons de demander à l’électricité nucléaire de financer les énergies renouvelables.

    Dans un monde où l’argent est roi le meilleur sera de toute évidence celui qui a le prix de revient du kWh le plus bas. Il est plus que probable qu’avec le coût du démantèlement des vieux réacteurs, celui du stockage des déchets majoré de celui du gros entretien tel que celui-ci le nucléaire a du souci à se faire.
    Une épaisseur des cuves divisée par deux en 28 ans du fait de la corrosion de l’eau de mer c’est le constat qu’il aurait fallu prévoir celles-ci en inoxydable ce qui aurait encore augmenté les prix!

    Balendard janvier 2017

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