Ségolène Royal inaugure la première route solaire au monde

route solaire

Des panneaux photovoltaïques à l'occasion du lancement des travaux de la première route solaire à Tourouvre (nord ouest), le 24 octobre 2016 © AFP/Archives CHARLY TRIBALLEAU

Tourouvre (France) (AFP) – La ministre de l’Environnement Ségolène Royal a inauguré jeudi dans un village normand le raccordement au réseau électrique de la première route solaire au monde et annoncé un déploiement national de cette technologie, a constaté un photographe de l’AFP.

Après avoir inauguré le projet en juillet puis lancé les travaux en octobre, la ministre a inauguré jeudi matin le premier kilomètre en fonctionnement du prototype de revêtement routier photovoltaïque.

A partir de jeudi, les 2.000 automobilistes qui empruntent en moyenne chaque jour la RD5 pour sortir de Tourouvre rouleront pendant un kilomètre sur des panneaux solaires collés sur la chaussée.

Ces 2.800 m2 de dalles aux allures de carrelage plastifié doivent permettre de produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants, selon la direction de Wattway, le projet co-inventé par Colas et le CEA Tech. Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre.

« Ce nouvel usage de l’énergie solaire permet de profiter des grandes surfaces d’infrastructures routières, déjà utilisées aussi bien par les transports, voitures, vélos, piétons, pour produire de l’électricité sans mobiliser de foncier supplémentaire », se félicite le ministère dans un communiqué.

Confiante dans cette technologie, Mme Royal a annoncé un « plan de déploiement national des routes solaires ».

Ce plan se traduira par le lancement d’un « appel d’offres innovation pour encourager le développement de technologies solaires innovantes ».

« La Commission de régulation de l’Énergie (CRE) sera saisie dès janvier prochain d’un projet de cahier des charges pour la réalisation d’installations solaires innovantes », précise le ministère.

Cet appel d’offres fixera par ailleurs « les objectifs de production d’énergie solaire à partir de ces innovations ».

« Un plan d’expérimentation de route solaire sera mené par l’Etat sur le réseau routier national en 2017 ». Cette « première étape d’un programme de déploiement sur les 4 années à venir » se concrétisera par des aménagements nouveaux, notamment en Bretagne et dans le grand port de Marseille.

« C’est un prototype qui commence à intéresser au niveau international », a observé la ministre, interrogée au téléphone par l’AFP, relevant que les Chinois, les Africains, et notamment les Marocains, ont marqué leur intérêt en visitant le stand dédié à cette technologie lors de la COP22 en novembre à Marrakech.

« C’est une idée de génie, on utilise un espace qui sert à autre chose et qui ne va pas consommer des terres agricoles dans les pays très peuplés », a-t-elle plaidé.

© AFP

4 commentaires

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    • Francine

    Si cette expérience était concluante elle pourrait donner bien du travail à des milliers de demandeurs d’emploi et « recycler » bien des jobs et entreprises polluantes

      • dany

      5 Millions d’€uros le km …
      Construite quasi entièrement sous chapiteau car ne supportant pas la pluie pendant la construction.
      Couvre l’éclairage public d’une ville de 5 000 habitants (alors que l’éclairage public devrait être très limités la nuit, sans avoir à construire de « Wattway ») 6X plus cher qu’une centrale photovoltaïque traditionnelle qui ne doit pas forcément être installé sur des terres agricoles (anciennes friches industrielles, terrils et autres lieux non constructibles et non cultivables).
      En tout cas ceci a fait l’affaire des travaux publics Colas (filiale de Bouygues).
      Quelle durabilité ? Usure prématurée, traces de pneus, poussières, crasses qui limitent l’éfficacité etc…
      Il faut travailler aux économies réelles d’énergies. Limiter les consommations est la solution réelle.

      • Si l’on en croit le journal le Monde du jeudi 22 décembre 2016 notre ministre de l’environnement aurait annoncé au sujet de ce prototype de route voltaïque une production journalière de 17 963 kWh par m² alors qu’il s’agissait vraisemblablement de la production annuelle. En l’état actuel de la technique, le voltaïque on le sait, ne peut guère fournir annuellement en France plus de 100 kWh par m² surtout lorsque la surface est horizontale. La valeur promise correspond en fait à une production journalière de 50 kWh par m². Les mauvaises langues diront qu’il s’agit d’une tromperie volontaire d’un fournisseur profitant de l’inexpérience de son interlocutrice pour remporter le marché. Elle signifie en fait probablement que le fournisseur à été mal compris. Il a pris par honnêteté professionnelle une sécurité de deux pour être certain de tenir ses engagements. Ceci d’une façon comparable aux chiffres annoncés par Balendard dans son livre sur la chaleur renouvelable pour le COP pratique du chauffage thermodynamique par rapport au COP théorique.
        Quoiqu’il en soit l’auteur attire l’attention du lecteur sur l’importance des chiffres dès lors qu’il s’agit du respect d’un contrat de performance dans le contexte d’un montage financier mettant en jeu l’économie réalisée sur la consommation d’énergie primaire .
        Il souhaite aussi dissiper le doute qui pourrait s’installer dans l’esprit du lecteur sur la capacité du voltaïque d’assurer nos besoins en électricité. Il suffit pour cela de comparer 2 chiffres:
        – celui de la déperdition annuelle par m² habitable
        de 50 kWh d’un logement respectant la RT2012
        – avec celui de la production annuelle par m² d’un panneau solaire voltaïque de 100 kWh.
        Deux chiffres indiquées sur la même base de temps: une année
        Quoiqu’il en soit Dany à raison, notre avenir est plutôt dans le « consommer moins » que dans le « produire plus ».

        Voir à ce sujet http://www.infoenergie.eu

        Bonne 2017 Balendard

    • Labrère Nicolas

    Pour un point de vue alternatif, lire: https://reporterre.net/Route-solaire-Segolene-Royal-a-tout-faux

Un fabricant de voitures à hydrogène mise sur la "révolution verte" britannique

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