Rénovation énergétique: l’UFC dénonce de « piètres performances »

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Des panneaux solaires installés sur le toit d'une maison à Loos-en-Gohelle (nord de la France) le 25 novembre 2016 © AFP/Archives PHILIPPE HUGUEN

Paris (AFP) – Les prestations des artisans RGE, label obligatoire pour bénéficier d’aides publiques, ne sont pas d’une qualité suffisante pour que les consommateurs puissent réaliser des travaux de rénovation énergétique « en toute confiance », a dénoncé mercredi l’association UFC-Que Choisir.

La qualification RGE (« reconnu garant de l’environnement ») est indispensable pour bénéficier d’aides publiques au financement des travaux de rénovation énergétique, telles que l’éco-prêt à taux zéro et le crédit d’impôt développement durable (CIDD).

Or aujourd’hui les professionnels RGE « sont toujours incapables d’avoir une approche globale du bâti et de faire des préconisations cohérentes », juge mercredi l’association de consommateurs, au vu de sa deuxième étude de terrain, réalisée sur dix maisons mal isolées dans dix départements différents, auprès de 42 professionnels, en août/septembre 2016.

Dans le cadre de l’étude, rares ont été les artisans RGE « capables d’effectuer un diagnostic pertinent: 9% contre 3% dans notre étude de 2014 et de proposer une solution à la fois sur l’enveloppe du bâti et sur la production de chaleur cohérente », dit l’association de consommateurs.

Car pour faire une rénovation énergétique efficace, même si l’on fractionne les travaux, il faut réfléchir afin d’agir sur 3 postes: l’isolation, la ventilation et la production de chaleur.

Or « très souvent les professionnels se cantonnent à analyser la partie du bâtiment qui concerne la ou les compétences qu’ils maitrisent », ce qui « rend difficile voire impossible » cette approche globale.

En cause, selon l’UFC, « une formation inadaptée », trop courte (trois jours) et trop théorique, qui rend « illusoire la maîtrise de la thermique des bâtiments », dans un métier où « la formation pratique sur le terrain est essentielle », et un contrôle insuffisant des qualifications des professionnels.

Car sur les 4 ans de certification, un seul contrôle est réalisé par l’organisme certificateur, ce qui est « insuffisant pour garantir la qualité du RGE », dit l’UFC, pour qui des contrôles renforcés doivent surtout permettre d’adapter les formations.

« Ni les professionnels RGE spécialisés, ni ceux bénéficiant des mentions spécifiquement créées pour répondre aux problématiques de la rénovation globale +Eco-artisan+, +Pros de la performance+ et +offre globale+ ne se montrent à la hauteur », selon l’UFC.

Car leurs préconisations de rénovation énergétique – « du grand n’importe quoi », dit l’UFC, ne permettent de baisser, en moyenne, que « de 27% la consommation d’énergie alors que la loi Transition énergétique pour la croissance verte fixe un objectif de 75% pour l’ensemble du bâti résidentiel d’ici 2050 ».

« Le consommateur aimerait bien savoir comment déceler le professionnel vertueux mais franchement, autant chercher une aiguille dans une botte de foin », a estimé lors d’une conférence de presse téléphonique le président de l’UFC-Que Choisir Alain Bazot.

En outre les professionnels testés pratiquent des prix « excessivement élevés et injustifiés, jusqu’à 185% supérieurs aux prix constatés sur une opération comparable optimisée. Et la majorité ne donne qu’une information « minimale et générique » sur les aides accessibles aux consommateurs.

Au final, de tels surcoûts ne permettent pas aux consommateurs de rentabiliser les opérations de rénovation énergétique, et peuvent rendre « financièrement inaccessibles les travaux de rénovation, même avec les dispositifs d’aides ».

Et ces prix excessifs « trop largement subventionnés », font « peser un surcoût sur les finances publiques », souligne l’UFC, pour qui « clairement, la qualification RGE ne répond pas à l’objectif de montée en compétence que se sont fixés les pouvoirs publics et la profession ».

Pour s’attaquer à ces difficultés, l’association de consommateurs préconise de « promouvoir une nouvelle filière d’experts indépendants, capables de coordonner les travaux et d’accompagner les consommateurs tout au long de leur démarche de rénovation énergétique ».

Elle souhaite aussi que soit « instaurée une obligation de résultat », que les consommateurs pourront invoquer dès lors que les allégations de performance énergétique faites par les professionnels n’auraient pas été atteintes.

Elle veut aussi que les banques soient responsabilisées dans le cadre d’un « crédit affecté », afin qu’elles vérifient la prestation réalisée, ainsi que la solvabilité et les capacités du professionnel partenaire.

© AFP

3 commentaires

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  • Pour assurer une transition énergétique du chauffage de l’habitat valable et ceci qu’il s’agisse du collectif avec les immeubles ou de l’individuel avec la maison de Mr tout le monde, il faudrait selon les Lutins thermiques créer à l’exemple de l’Allemagne une école de quelque 5000 professeurs.
    Ceci vu les graves problèmes de cette filière dénoncés par UFC que choisir
    Voir :
    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/LCU_fichiers/WA-UNPI.htm
    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/LCU_fichiers/UFC-RGE.htm

    Cet organisme géré selon la loi de 1901 propose d’ailleurs également cette orientation qui semble relever du bon sens. Les professeurs de cette école seraient habilités après obtention d’un véritable diplôme de reconnaissance RGE obtenu par concours, valider des contrats de performances associés à leur montage financier en liaison avec des aides fiscales éventuelles. Ceci en suivant chaque dossier jusqu’à la vérification du respect des performances fixés au contrat.

    Cela revient à faire en quelque sorte une reconduction de ce que la France a réalisé à plus petite échelle au Sénégal a l’origine de la création de l’association Morgane avec la création d’une école formant des professeurs capables d’éduquer des enseignants. Ceci selon une méthode qui soit centrée sur les besoins thermiques de l’adulte au lieu d’être centrée sur l’enfant comme l’est la pédagogie Freinet. Une vision de l’enseignement qui ne soit pas centrée comme l’école traditionnelle sur la matière à enseigner et sur les programmes qui la définisse en la hiérarchisaient, mais au contraire en modifiant fondamentalement notre façon d’enseigner. Ceci en l’orientant tout simplement sur les besoins d’un confort thermique équivalent, voire amélioré, à moindre coût pour chacun d’entre nous. Ceci naturellement dans le domaine de la génération et de l’isolation thermique, de la ventilation ainsi que de la domotique.
    Reste à composer le conseil d’experts qui serait capable d’assurer la formation de ces professeurs. Un regroupement d’enseignants assurant la formation des élèves ingénieurs de moyen niveau tels que les Arts et Métiers ou l’INSA seraient selon les lutins thermiques suffisant. Une formation d’une année supplémentaire à l’issue de l’obtention du diplôme d’ingénieur semble suffisante.
    Il s’agit d’aller à l’essentiel.

    Un Lutin thermique

    • dany

    Mauvaises performances doublées d’une véritable arnaque des entreprises qui font les installations.
    le coût pour le particulier est exhorbitant, une arnaque aux contribuables qui paient les impôts à l’état qui lui, accode des aides énormes, mais tout ça
    —-> au grand bénéfice des installateurs et revendeurs de panneaux fabriqués en Chine par de la main-d’oeuvre sous-payée.

    Des énergies alternatives, OUI !!! mais pas prendre les gens pour des C…

  • Dany a malheureusement raison.
    On reprend d’une main ce que l’on a donné de l’autre. Les associations en charge de distribuer les labels du genre RGE, labels qui conditionnent l’octroi de l’aide fiscale pour un acheteur tel que vous ou moi ne le font qu’après avoir reçu des subsides qui ressemblent parrous à de véritables pot de vin.
    Cela est en partie la raison pour laquelle les prix grimpent particulièrement pour les doubles vitrage. Plus grave la non délivrance du label peut dans certains cas priver l’acheteur de produits moins chers et de meilleur qualité

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